Décryptage

Après le manga, l’anime et le film, Spy x Family poursuit sa success story en jeu vidéo

27 juin 2024
Par Valérie Précigout (Romendil)
Le jeu vidéo “Spy x Anya: Operation Memories” est à découvrir le 28 juin sur PC, PS5, PS4 et Switch.
Le jeu vidéo “Spy x Anya: Operation Memories” est à découvrir le 28 juin sur PC, PS5, PS4 et Switch. ©Bandai Namco

C’est une première pour Spy x Family. Devant la popularité galopante du manga et de la série animée, la licence tente le pari du jeu vidéo. Et qui mieux que l’adorable gamine télépathe pour nous entraîner dans cette anomalie vidéoludique ?

Le récent succès du film Spy x Family Code: White lui serait-il monté à la tête ? Une chose est sûre, l’intrépide Anya ne compte pas stopper là sa folle ascension. Bien loin des préoccupations combatives propres aux séries les plus incontournables du moment, la famille Forger se plaît à détourner les codes du récit d’espionnage pour nous faire rire aux larmes.

Le manga, la série animée et le long-métrage n’ont qu’un seul mot d’ordre : tutoyer les limites de l’absurde sous des dehors faussement enfantins. En toute logique, la franchise figure depuis plusieurs années dans le top 10 des mangas les plus vendus au Japon.

Le jeu des faux-semblants

Anya Forger est orpheline, mais elle a hérité des meilleurs parents du monde. Voilà une famille bricolée de toutes pièces pour des raisons qui nous dépassent, et c’est précisément ce qui rend leurs interactions aussi jubilatoires. L’auteur du manga, Tatsuya Endô, avait-il déjà tout en tête au moment de dresser les profils de ce trio si singulier pour que la magie opère d’emblée ? Le père est un espion d’élite, la mère, une tueuse à gages légendaire, quant à la petite fille, elle est douée de télépathie, ce qui la rend à la fois redoutable et hautement imprévisible.

©Bandai Namco

Le twist, c’est que tout le monde ignore de quoi sont réellement capables les uns et les autres, chacun pensant être le seul à dissimuler un inavouable secret… Tout le monde sauf Anya, bien sûr, qui ne se gêne pas pour lire dans les esprits. Et la voilà qui imagine les plans les plus délirants pour tenter de sauver les apparences d’une famille dont la crédibilité ne tient qu’à un fil.

Spy x Family transposé en jeu vidéo

Anya était donc, à l’évidence, le personnage le plus à même de servir de point de départ à la création d’un jeu vidéo. Au point d’en détourner le titre. L’imprévisibilité de la série se retrouve dans le concept même du jeu Spy x Anya: Operation Memories qui investit un créneau sur lequel personne ne l’attendait. Et lorsque vient le moment de le définir en le rattachant à un genre particulier, l’éditeur botte en touche et se rabat sur un « Exciting Outing Adventure » pour le moins énigmatique. Comme si la petite fille elle-même s’était chargée de la communication autour de ce titre érigé à sa gloire.

Le studio de développement japonais Groove Box Japan sait que la réputation de la franchise repose entièrement sur les non-dits entre les personnages et l’absurdité des situations. Tout est question de malentendus et de quiproquos. Alors, la note d’intention qui semble orchestrer toute la direction du titre est surtout de coller au plus près à la tonalité décalée de la série.

Un manga inadaptable ?

Décliner une licence manga en jeu vidéo ne fait généralement pas débat. Si la plupart des sagas se prêtent à des duels acharnés en arènes, d’autres ont investi des créneaux plus originaux comme celui des enquêtes policières (Détective Conan) ou de la musique classique (Nodame Cantabile).

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Il existe évidemment bien d’autres cas intéressants, mais, quand on pense à Spy x Family, il est très difficile de trouver un genre qui fasse consensus. Alors les développeurs ont opté pour un gloubiboulga d’idées sous forme de mini-jeux qui s’inspirent de la personnalité de chacun des membres de la famille.

Farandole de mensonges

Il semble évident que le principal prérequis est de bien connaître les protagonistes du manga pour comprendre à quoi font référence les différentes scènes du jeu. Le père, Loid Forger, est un agent secret capable de changer de visage et de personnalité pour se fondre dans son environnement.

Sous son nom de code Twilight, il fait partie de l’élite du renseignement et prend sa mission très à cœur, sans forcément réaliser l’attachement qui s’opère naturellement entre les membres de cette famille factice.

Dans le rôle de l’épouse parfaite, la tueuse Yor Forger doit contenir ses instincts de combattante hors pair capable d’assassiner ses cibles avec un sang-froid sidérant. Son seul point faible réside dans sa crainte de ne pas se montrer à la hauteur aux yeux de son mari ou d’être démasquée. Tous deux doivent à tout prix préserver secrète leur identité véritable, ce qui se montre évidemment propice aux situations les plus drôles et inattendues.

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Nous n’irons pas jusqu’à dire que c’est peut-être bien Anya qui tire les ficelles dans l’ombre, mais le fait de connaître les réelles préoccupations de chacun lui donne un avantage certain. Sauf qu’à cause de son jeune âge, la télépathe déforme complètement les enjeux sans même s’en rendre compte… Avec des conséquences forcément désopilantes.

Alors, pour mieux nous faire comprendre les dessous de cette famille unique en son genre, le jeu vidéo nous parachute aux côtés de la petite fille. Sa mission : prendre des photos aux côtés de ses proches pour se créer un album souvenir vraiment inoubliable.

Tranche de vie partagée

Sous couvert de partager une tranche de vie du quotidien de la famille Forger, le joueur doit donc profiter de dix sorties à thème pour remplir son journal photo. Un prétexte aussi à mettre en scène de manière ludique la complicité entre Anya et son chien Bond.

Ayant échappé de peu à son sort de cobaye de laboratoire, le gros toutou est capable de prévoir l’avenir, alliant ainsi ses talents avec ceux de la gamine pour former un duo d’exception. L’alchimie est encore plus savoureuse lorsqu’on sait que les parents ignorent tout.

©Bandai Namco

Du point de vue de la petite fille, un simple devoir d’école revêt fatalement des allures de mission à haut risque. D’où la présence de 15 mini-jeux truffés de références aux scènes les plus cocasses du manga et de la série animée. Anya exerce sa souplesse en faisant du kung-fu avec Yor, qui ne peut s’empêcher de préparer des plats douteux que seul son frère est capable de manger. Pas grave, elle se rattrapera plus tard en gobant le plus de cacahuètes possible en un minimum de temps.

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À la maison comme en classe, la fillette doit saisir la moindre occasion de remplir son album photos. Des dizaines de tenues et d’accessoires différents sont déployés pour nous aider à personnaliser nos clichés. Et tant que personne ne démasque les dons de télépathie d’Anya, la triche reste parfaitement autorisée pour remporter les duels de cartes. Plusieurs épreuves sportives sont également incluses. Il est même possible de contrôler ponctuellement d’autres personnages emblématiques de la série dans des séquences dédiées.

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Avec son approche festive, cette déclinaison de Spy x Family en jeu vidéo ne manque pas d’idées pour tenter de restituer l’esprit du matériau d’origine. On ne sait pas si le public sera au rendez-vous, mais peut-être que certains pourraient avoir des regrets concernant le fait que les parties en local soient limitées à deux joueurs. D’autant que toutes les épreuves ne sont pas systématiquement jouables à plusieurs et qu’il n’y a pas non plus de fonctionnalités online. Espérons que cela ne soit que le début d’adaptations plus ambitieuses à venir.

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