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Cinq ouvrages de photographies à ne pas manquer à la rentrée

05 septembre 2023
Par Apolline Coëffet
"L'Éclaireur" vous propose une sélection de livres de photos.
"L'Éclaireur" vous propose une sélection de livres de photos. ©Amina 'ently/Shutterstock

Les livres photos peuvent être l’occasion de découvrir de nouveaux univers. À cet effet, L’Éclaireur a sélectionné quelques ouvrages à ne pas manquer en cette rentrée. Certains prolongeront votre été quand d’autres vous plongeront dans d’autres réalités.

1 Metropolitan Melancholia

Il faudra attendre octobre avant que ne paraisse Metropolitan Melancholia, le premier ouvrage personnel de Sarah van Rij et David van der Leeuw. Partenaires à la vie comme dans la création, le couple y présente des images inédites, prises au cours de ces trois dernières années dans les rues de New York. Plus qu’un simple livre sur la métropole, celui-ci propose une étude visuelle des populations évoluant au cœur de la cité moderne. En son sein, les couches d’histoires, personnelles et collectives, se superposent dans un tumulte complexe. Des milliers d’existences s’entremêlent dans la solitude des foules, cette beauté ignorée que cristallise avec une grande poésie la lentille aguerrie du duo. 

2 Ukraine, Fragments

Dans un ouvrage collectif, Guillaume Binet, Zen Lefort, Laurence Geai, Chloé Sharrock, Adrienne Surprenant et Michel Slomka retracent une année de conflit en Ukraine, depuis le début de l’invasion russe, survenue le 24 février 2022. Sur place pour l’essentiel, les six photographes de l’agence MYOP ont couvert différents moments de la guerre. Au fil des pages, les civils côtoient l’armée, les scènes plus joyeuses se heurtent avec fracas à la violence de la réalité. Cet enchaînement d’images ou de fragments, suivant la chronologie des évènements, traduit toute la complexité du conflit.

Tous les acteurs de la chaîne du livre ayant participé à la conception d’Ukraine, Fragments ont accepté de travailler gracieusement. L’intégralité des bénéfices sera reversée à NGO YES, une association qui fournit du soutien alimentaire et logistique aux populations restées en Ukraine.

3 Casa Susanna. L’histoire du premier réseau transgenre américain, 1959-1968

Cet été, les Rencontres d’Arles ont consacré une importante exposition à la Casa Susanna. Derrière ce nom se cache le récit d’une émancipation, restée secrète jusqu’à la découverte de 340 photographies aux puces de New York, en 2004. Les instantanés d’amateurs qui composent ce fonds d’archives ont révélé l’existence d’un vaste réseau clandestin de travestis, comme ils se désignaient alors, entre les États-Unis et le Canada.

Discrets, ces pères de famille accomplis au vu des normes sociétales de l’époque allaient se réfugier dans la propriété des Catskill de la célèbre Susanna. Là-bas, iels pouvaient vivre librement, sans avoir peur du regard de l’autre. Témoignant d’un mouvement pionnier dans l’histoire transgenre américaine, ces clichés ont fait l’objet d’un documentaire, mais également d’un bel ouvrage sorti cet été.

4 Histoires inachevées

« Ce que je photographie est en relation avec les personnes qui ne sont pas au centre mais au-dehors, toujours soumises au pouvoir », explique Paz Errázuriz en note liminaire. Bientôt célébré à la Maison de l’Amérique latine, son grand œuvre est également au cœur d’Histoires inachevées, un ouvrage à paraître ce mois-ci. Des images inédites, issues de ses archives, s’entremêlent ici à des séries plus confidentielles, esquissant les contours des marges de la société chilienne.

Dès les années 1970, la photographe évoque les diktats sociaux qui régissent sa terre natale. Dans des espaces clos, elle tire le portrait monochrome de lutteurs, transgenres, prostituées, tueurs d’abattoirs, aveugles, alcooliques, mendiants, malades mentaux… Menée par la volonté de mettre à mal les conventions, elle interroge ainsi la condition humaine en donnant de la visibilité à celles et ceux qui s’extirpent des schémas traditionnels. 

5 Being There

Née de la rencontre de Lee Shulman et d’Omar Victor Diop, la série Being There fait se rencontrer les univers distincts ces deux artistes. À travers la reconstitution des archétypes des Trente Glorieuses, Omar Victor Diop, spécialiste de l’autoportrait, s’immisce dans les images de The Project Anonymous alors que leur travail commun s’articule autour d’une re-création en studio et le remontage des images capturées par Lee Shulman.

Présenté à Paris Photo, Being There fait également l’objet d’un projet de livre photo aux éditions Textuel. D’après la préface de ce bel ouvrage, il rend à la fois compte de l’ordinaire et de l’extraordinaire qui « permet de commenter et questionner l’histoire ». Shulman et Diop composent ici des scénario de fiction pour « réécrire l’histoire et raconter le passé ».

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Article rédigé par
Apolline Coëffet
Apolline Coëffet
Journaliste