Sélection

Le mois de la poésie : éloge de la liberté

26 février 2026
Par Pauline Licata
Le mois de la poésie : éloge de la liberté

En mars, un vent de liberté souffle sur le mois de la poésie. Si l’on pense immédiatement aux épiphores de Paul Éluard, d’autres paroles entendent prôner l’espoir, l’évasion ou encore l’indépendance. Animés d’un élan vital, poètes d’hier et aujourd’hui chantent la même envie : confier leurs traumatismes, ne serait-ce que le temps d’une rime, et rêver d’un monde meilleur grâce à l’art et au pouvoir des mots, ultimes remparts lorsque tout s’effondre.

Ciel de nuit blessé par balles/Le temps est une mère – Ocean Vuong (Gallimard)

Peut-être avez-vous connu Ocean Vuong avec Un bref instant de splendeur, une lettre dédiée à sa mère analphabète disparue, née d’un soldat américain et d’une paysanne vietnamienne lors de la guerre du Vietnam. Dans Ciel de nuit blessé par balles suivi de Le temps est une mère, il s’agit de retrouver, avec un plaisir tout particulier, l’écrivain revenant sur son parcours avec son style si singulier. Entre son enfance et ses parents, la guerre et la mort, l’exil et le déracinement, l’amour et l’homosexualité, ce recueil de poésie oscille entre douceur et brutalité afin de célébrer le pouvoir de la langue, ces mots qui sauvent et ces sentiments qui transportent. Autant de textes riches et lyriques à découvrir de ce pas !

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Poèmes à l’usage d’un monde en flammes, 21 voix pour raconter l’époque (Castor Astral)

Que peut la poésie ? C’est à cette question cruciale qu’ont tenté de répondre 21 poètes et poétesses dans Poèmes à l’usage d’un monde en flammes. Une anthologie dans laquelle les voix contemporaines dialoguent et résonnent, interrogent notre époque changeante, les combats à mener et la force du collectif. La grande diversité d’écriture nous surprend, nous dérange parfois, mais surtout nous pousse à réfléchir. Une pluralité d’identités et d’engagements prouvant que la poésie, de tout temps et encore plus de nos jours, est éminemment politique, et que l’art permet de résister, toujours !

Fais du feu – Rodney Saint-Éloi (Mémoire d’encrier)

Avec Rodney Saint-Éloi, écrivain haïtien, le brasier continue. Dans un monde où l’humanité semble s’éteindre et le sens partir en fumée, le poète crie « Fais du feu » et intime de renouer avec des choses simples pour continuer d’exister. Véritable hymne à l’amour, à la vie et à la révolte, ce recueil d’une centaine de pages souhaite changer le présent et fait espérer un futur meilleur, avec une seule rengaine en tête, celle de faire du feu pour résister.

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Prière aux vivants pour leur pardonner d’être vivants – Charlotte Delbo (Minuit)

À son retour des camps de concentration en 1945, Charlotte Delbo écrit. Elle écrit pour raconter ce qu’elle a vu et vécu, pour tous ceux et celles qui ne le peuvent plus. Animée d’un engagement littéraire et moral inébranlable, elle publie de nombreux textes entre 1946 et 1971, Prière aux vivants pour leur pardonner d’être vivants est l’un des premiers. Ici accompagné d’une notice sur l’histoire de cette résistante, déportée à Auschwitz puis à Ravensbrück, ce poème magnifie le pouvoir du langage face à la barbarie.

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L’Espérance – Lessia Oukraïnka (Circé)

Alors qu’elle n’a que neuf ans, Lessia Oukraïnka rédige son premier poème intitulé L’Espérance après que sa tante a été envoyée en Sibérie par le régime tsariste. De son vrai nom Laryssa Kossatch-Kvitka, le pseudonyme choisi dès ses débuts incarne la volonté d’indépendance de l’Ukraine – encore tristement opprimée un siècle et demi plus tard. S’imposant comme l’un des symboles de l’identité nationale et poétique de son pays, Lessia n’a cessé de lutter pour la liberté de son peuple, mais aussi celle des femmes, tout en se battant, à titre plus personnel, contre la tuberculose qui la rongeait.

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L’Amour, l’exil, la liberté – La révolte des poètes d’Afghanistan (Pocket)

Même dans la noirceur, reste l’espoir. Celui qui anime les poétesses et poètes afghans à la suite de la chute de Kaboul en août 2021, tombée aux mains des talibans. L’Amour, l’exil, la liberté – La révolte des poètes d’Afghanistan constitue un cri de rage en opposition aux totalitarismes, aussi multiples qu’ils soient. La présente anthologie est composée par 22 jeunes artistes, quasiment tous exilés, et majoritairement féminins. À la lecture de ces textes forts et percutants, impossible de ne pas ressentir la référence aux traditions afghanes de poèmes chantés révélant ainsi toute la douleur d’un pays connaissant bien des heures sombres.

Anthologie (1992-2005) – Mahmoud Darwich (Actes Sud)

Quand certains optent pour la violence et les armes, d’autres, dans le but de défendre leur terre et leurs compatriotes, préfèrent la beauté des termes. C’est notamment le cas de Mahmoud Darwich, grand poète palestinien et figure centrale de la littérature arabe contemporaine. Cette Anthologie permet de retrouver les textes majeurs de l’écrivain, parmi son œuvre colossale et tout autant importante, en regroupant des extraits issus de pas moins de 7 recueils différents (Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude ?, Murale, Comme des fleurs d’amandier ou plus loin…). Un magnifique ouvrage bilingue, idéal pour un lectorat curieux de se familiariser à l’arabe comme aux textes de Darwich éternellement épiques et tragiques, mêlant le personnel et l’universel.

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La nuit n’est jamais complète – Aurélien Vandal (Vuibert)

Mahmoud Darwich est d’ailleurs l’un des huit poètes convoqués par Aurélien Vandal, créateur du compte @laparoleauxpoetes sur Instagram, dans La nuit n’est jamais complète. La voix de l’écrivain palestinien ainsi que celles de Paul Éluard, Claude Cahun, Aimé Césaire, Madeleine Riffaud, Robert Desnos, Vladimir Maïakovski et de Sophia de Mello Breyner Andresen se sont sans cesse haussées contre les politiques autoritaires et totalitaires, la colonisation, les guerres, l’exil et l’oubli. Une compilation du travail de ces « veilleurs » attentifs à ce que l’obscurité ne triomphe pas. Car Hölderlin, deux siècles en amont, avait déjà raison : « À quoi bon les poètes en temps de détresse ? »

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Quand tu verras ma mère, invite-la à danser – Joan Baez (Points)

Quoi de mieux pour connaître davantage l’icône qu’est Joan Baez qu’un recueil de poèmes permettant de voir le monde à travers ses yeux ? Au cœur de Quand tu verras ma mère, invite-la à danser, la reine du folk à l’engagement social plus que marqué, relate, en vers et en prose, ses souvenirs d’enfance, ses instants d’émerveillement ou encore rend hommage à ceux qu’elle a côtoyé, notamment Bob Dylan. Avec un tel bijou empreint de sensibilité, les émotions nous gagnent forcément, d’autant plus avec l’édition bilingue offrant la possibilité de cerner au plus près les propos de la musicienne.

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L’Érotisme de vivre – Alice Mendelson et Catherine Ringer (Points)

On continue de vanter L’Érotisme de vivre grâce à Alice Mendelson. Cette femme de lettres et résistante française décédée au printemps 2025 a laissé derrière elle une infinité d’écrits. Nombre d’entre eux, savamment sélectionnés par Catherine Ringer, sont rassemblés en un recueil fougueux et éclatant. 150 pages de déclaration d’amour audacieuse à l’existence ne demandant qu’à être lues, ressenties, avec ce goût de la vie et des autres aux bords des lèvres, cette fièvre voluptueuse et espiègle, ce désir féminin hors du commun. Ayant l’habitude depuis 2021 de réciter les textes de la poétesse, la chanteuse des Rita Mitsuko sait les élever par la voix comme avec le cœur.

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Ça ira – Pauline Bilisari (Robert Laffont)

Au lycée, incomprise et tourmentée, Pauline Bilisari saisit sa plume pour ne pas sombrer. Elle note toutes ses pensées, même les plus noires, dans un carnet. Un exutoire qui, sans le savoir, sera le terreau de sa carrière littéraire. Si en 2021, son premier élan poétique fleurit en autoédition, cinq ans plus tard, elle propose une édition augmentée de 50 poèmes, reliée et illustrée. Comme les coquelicots de la couverture et du jaspage, les mots de Pauline évoquent la fragilité de la vie et son renouveau, la douleur et la consolation. Disparaître, regretter, comprendre, renaître et cicatriser : un cycle douloureux, mais nécessaire pour parvenir à s’apaiser car Ça ira, tout finit par passer.

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L’orphelinat des métaphores – William Bornancin (Robert Laffont)

Après avoir découvert ses belles paroles sur TikTok depuis l’ère du confinement, le jeune journaliste William Bornancin sort enfin son premier livre. Hors de l’écran certes, mais toujours le même talent sur papier pour conter des histoires. Anecdotes du quotidien, actualité, souvenirs nostalgiques, amitiés : chaque sujet est traité justement. Avec un ton frais et beaucoup d’auto-dérision, les fragments qu’il imagine font mouche et nous touche. Surtout pour les amoureux des mots, présents sur les réseaux sociaux, mais aussi ceux qui tiendront L’orphelinat des métaphores entre leurs mains.

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Article rédigé par
Pauline Licata
Pauline Licata
Conseillère Fnac.com
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