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Medal of Honor : la liste de tous les jeux de la licence

25 janvier 2023
Par Louis Duval
Medal of Honor : la liste de tous les jeux de la licence
©Electronic Arts

Arrivé en 1999 sur PlayStation, Medal of Honor a révolutionné le mode des FPS en parlant de conflits historiques. Suivi par les mastodontes Call of Duty et Battlefield, Medal of Honor est aujourd’hui une série du passé.

L’histoire vidéoludique de Medal of Honor en Europe

La crétion de la licence

En 1999, Electronic Arts commercialise un nouveau FPS sur la PlayStation. Si à cette époque les jeux de tir à la mode étaient Doom, Quake ou encore Half Life, cette nouvelle licence apporte avec elle une nouvelle vision des FPS : les FPS historiques. En effet, la nouvelle licence nommée Medal of Honor est basée sur la Seconde Guerre mondiale, et reprendra les batailles les plus connues comme le débarquement.

Cependant, bien que l’inspiration soit celle de la Seconde Guerre mondiale, le conflit y est très romancé comme lors d’un film. D’ailleurs, le scénario du début du jeu de 1999 s’inspire fortement d’un film à succès sorti un an plus tôt : Il faut sauver le soldat Ryan. Réalisé par Steven Spielberg, le long-métrage multi-récompensé est produit par DreamWorks SGK, société qui détient (avec Microsoft Games) le studio DreamWorks Interactive, le développeur de Medal of Honor. Il est donc tout naturel que l’histoire de Medal of Honor soit tirée du film Il faut sauver le soldat Ryan. Et c’est justement Steven Spielberg qui est scénariste du jeu.

Mais ce qui fera le succès de la série en plus de son originalité de parler de l’histoire et de son lien étroit avec le film et Steven Spielberg, c’est que Medal of Honor était le seul bon FPS sur la PlayStation. Les autres FPS à succès de l’époque se trouvaient uniquement sur PC, et Medal of Honor a su capitaliser sur ce trou dans le marché.

Il ne faut toutefois pas se mentir, le jeu avait de nombreux problèmes. Certes les premiers niveaux étaient beaux et réussis, mais plus on avançait dans le jeu, plus les graphismes et l’attention portée aux détails diminuaient. En plus de cela, Medal of Honor ne possédait aucun point de sauvegarde au sein des niveaux et avait un gros problème quant à l’intelligence artificielle. Alors évidemment, au début des années 2000, l’expérience de jeu pouvait souvent être entachée et des joueurs pouvaient être déçus.

Malgré tout, le jeu n’en reste pas moins excellent et a reçu dès sa sortie de très bonnes critiques accompagnées de nombreux éloges. Son succès était tel qu’en 2000, Electronic Arts désireux d’avoir une licence de jeu de tirs, a décidé de racheter DreamWorks Interactive afin de proposer dans son catalogue la série des Medal of Honor. Si tout se déroulait bien dans les premières années, cela va très vite se compliquer à la suite de décisions stratégiques au niveau du développement des jeux.

Pour le développement des premiers jeux Medal of Honor, deux studios travaillaient ensemble avant le rachat de DreamWorks Interactive par EA : DreamWorks Interactive s’occupait des jeux principaux destinés aux consoles et 2015, Inc se chargeait du portage des jeux sur PC. Tout se déroulait à merveille, les jeux consoles apportaient de grandes nouveautés quand les jeux PC se vendaient comme des petits pains. Toutefois, après le rachat par EA, l’éditeur, qui possédait de nombreuses équipes de développeurs à travers le monde, a internalisé le portage des jeux, et a logiquement retiré les projets des mains de 2015, Inc.

Call of Duty 1

Tout aurait pu se terminer là, mais c’est sans compter sur un autre éditeur américain, voulant lui aussi se lancer dans le domaine des FPS historiques en voyant le succès de Medal of Honor et surtout le potentiel immense du genre. En entendant parler du changement de développeurs, et donc de la frustration de 2015, Inc, Activision a débauché un grand nombre de personnes travaillant dans le studio à l’origine des jeux PC de Medal of Honor dans le but de créer une toute nouvelle licence. Pour cela, Activision crée en 2002 le studio Infinity Ward. L’éditeur décide de confier la responsabilité au studio de créer un « Medal of Honor Killer » (tueur de Medal of Honor), ce qui sera fait au fil du temps avec la licence Call of Duty.

Un concurrent trop puissant

Comme évoqué dans la partie précédente, en 2003 sort le premier vrai concurrent à Medal of Honor : Call of Duty. C’est à ce moment que la série de Medal of Honor commence à perdre en popularité, même si ce n’est que tout doucement.

Alors que fin 2002 sort le quatrième jeu Medal of Honor (sans compter les DLC), toujours sur la Seconde Guerre mondiale avec les mêmes problèmes que le premier opus : linéarité des niveaux, graphismes qui baissent en qualité après les premiers niveaux, et surtout un gros souci sur l’intelligence artificielle ; Call of Duty propose beaucoup mieux dès son premier jeu. On peut par exemple noter des environnements plus jolis et une intelligence articifielle beaucoup plus réaliste. Mais ce qui fait la grande force de Call of Duty, ce sont ses différents points de vue dans un même conflit. Dans le jeu sorti en 2003 on incarne par exemple un parachutiste américain lors du débarquement, un soldat russe pendant la bataille de Stalingrad ou encore un commando anglais. Cela permet de diversifier les points de vue, les environnements, et aussi le gameplay avec des missions en campagne, en ville ou d’infiltration.

Les deux licences vont continuer à cohabiter sur les consoles pendant quelques années encore. Cependant, tandis qu’Activision améliore chaque opus de Call of Duty, Electronic Arts se précipite et veut sortir un maximum de jeu pour espérer rester en position de leader. Cela se fait au détriment de la qualité puisque Electronic Arts n’arrive toujours pas à corriger le gros souci sur l’IA.

C’est à partir de 2007 que Call of Duty va prendre une longueur d’avance sur Medal of Honor. Jusque-là, les deux licences prenaient comme modèle la Seconde Guerre mondiale. Mais Call of Duty a décidé de créer ses propres conflits, avec des guerres fictives (inspirées tout de même des conflits du Moyen Orient de l’époque). Heureusement pour Activision, malheureusement pour Elecronic Arts, le public adore ce changement et Call of Duty 4 : Modern Warfare se vend à plus de 15 millions d’exemplaires en un an.

Après cet échec, Electronic Arts mettra en pause la licence jusque 2010, où ressortira en remaster de Medal of Honor : En Première Ligne à l’occasion de la sortie d’un nouveau jeu, cette fois-ci centré sur la Guerre d’Afghanistan. Malgré ce renouveau, le jeu s’accompagne de nombreuses critiques. En effet, en 2010, le conflit est loin d’être terminé. Cela pose notamment problème avec une mission où les joueurs incarnent un taliban. Des associations et des politiques du monde entier ont alors pris la parole en appelant au boycott du jeu. En plus de cela, le jeu n’est techniquement pas bon, ce qui fait que seulement 2 millions d’exemplaires se vendront la première année, malgré un record de précommande pour la série.

En 2012 sort la suite du jeu de 2010, qui sera un échec encore plus grand pour la licence, principalement en termes de ventes, l’image de la licence ayant été trop affectée en 2010 à cause des nombreuses polémiques. Un dernier jeu verra le jour en 2020, un jeu de réalité virtuel où l’on repart entre 39 et 45. Même si le jeu s’est bien vendu pour un jeu VR, la réalité virtuelle a du mal à se faire une place dans l’univers des jeux vidéo ce qui fait que le jeu sera encore une fois un échec.

Depuis, Medal of Honor n’a donné aucun signe de vie. On peut penser qu’Electronic Arts a décidé de tirer un trait sur la licence. Il ne faut pas oublier qu’une autre licence de FPS, Battlefield, est aussi dans les mains de l’éditeur, et donc qu’EA a décidé de garder la seule licence qui a réussi à perdurer au fil du temps.

La liste des jeux Medal of Honor en Europe

LÉGENDE : Consoles fabriquées par SonyMicrosoftNintendo, autres.

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Article rédigé par
Louis Duval
Louis Duval
Conseiller fnac.com en jeux vidéo
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