Si vous avez un compte X ou Letterboxd, vous n’avez pas pu passer à côté de cette affiche avec une femme blonde aux yeux bleus et au sourire presque effrayant. Il s’agit d’Elizabeth Holmes dans le film documentaire « You Can See Everything », signé Nathan Fielder et Lance Oppenheim, qui retrace les 34 jours de cette arnaqueuse avant son entrée en prison. Un film événement qui pulvérise déjà tous les records aux États-Unis et sortira en France le 30 décembre 2026.
Introduction
Un documentaire de trois heures sur Elizabeth Holmes, une escroc de la Silicon Valley. Sur le papier, ça n’a pas l’air d’être le film de l’année. Et pourtant. Depuis sa sortie aux États-Unis le 16 octobre dernier, You Can See Everything de Nathan Fielder et Lance Oppenheim est devenu un phénomène 15 millions de dollars lors de son premier week-end sur moins de 900 écrans, des files d’attente interminables, un score de 98% sur Rotten Tomatoes et un record absolu sur Letterboxd. Avant sa sortie en France le 30 décembre 2026, voilà tout ce que vous devez savoir sur ce film qui crée l’événement.
C’est qui Elizabeth Holmes ?
Si ce nom ne vous dit rien, voici le résumé rapide. En 2003, cette jeune Américaine fonde Theranos, une start-up médicale qui prétend révolutionner les analyses sanguines. Des centaines de tests réalisables à partir d’une seule goutte de sang. Le concept est présenté comme une avancée historique, Holmes se retrouve en couverture de Forbes en 2014 et les investisseurs s’arrachent les parts de la société.
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Sauf que ça ne fonctionne pas. En 2015, une enquête du Wall Street Journal révèle que la technologie miracle n’existe pas et que Theranos utilise en réalité des machines achetées chez des concurrents. L’escroquerie dépasse les 700 millions de dollars. La société fait faillite en 2018 et en 2022, Elizabeth Holmes est condamnée à plus de onze ans de prison pour fraude. En 2023, elle entre derrière les barreaux. C’est exactement là que commence le documentaire.
C’est quoi ce film ?
Trente-quatre jours. C’est le temps qu’il reste à Elizabeth Holmes avant d’aller en prison quand elle décide pour une raison que le film ne cessera jamais vraiment d’éclaircir d’inviter une équipe de tournage chez elle pour documenter son quotidien. L’idée de départ est de montrer qui elle est vraiment, prouver son innocence au tribunal de l’opinion publique, peut-être préparer un retour en grâce.
C’était sans compter sur le réalisateur choisi pour cette mission, qui a décidé de faire complètement l’inverse de ce qu’elle espérait. Nathan Fielder, auteur de la série The Rehearsal sur HBO, connu pour son humour absurde et son art du malaise poussé jusqu’à l’extrême. Autant dire que le choix est pour le moins surprenant pour quelqu’un qui veut redorer son blason.
Pendant 34 jours, Fielder filme Holmes avec son compagnon Billy Evans et leurs deux jeunes enfants dans leur maison de San Diego. Il pose des questions inconfortables, ne lâche rien et observe. Puis Holmes entre en prison et c’est là que le film bascule vers quelque chose que personne n’avait anticipé.
Incapable de la filmer derrière les barreaux, Fielder recrute Amanda Seyfried qui avait remporté un Emmy pour avoir incarné Holmes dans la série The Dropout pour rejouer certains moments qu’il n’a pas pu capturer. Ce qui commence comme une solution pratique se transforme en quelque chose de profondément troublant et fascinant, où les frontières entre réalité et fiction deviennent impossibles à tracer.
Pourquoi tout le monde en parle ?
Parce que ce film est tout simplement inclassable. Ce n’est pas un documentaire à thèse qui vous dit quoi penser. Ce n’est pas un récapitulatif de l’affaire Theranos. Pour ça, il y a la mini-série The Dropout. C’est quelque chose de beaucoup plus étrange et plus ambitieux. Une réflexion sur ce que signifie filmer quelqu’un, sur ce qu’un documentaire peut prétendre montrer, sur la nature même de la vérité.
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Fielder, expert en manipulation et en mise en scène depuis ses débuts, rencontre ici une adversaire potentiellement à sa hauteur. Holmes affirme n’avoir jamais menti de sa vie. Son compagnon Billy Evans que le film s’évertue à rendre de plus en plus insupportable au fil des minutes, avant de vous faire douter de votre propre jugement répète que sa compagne a été mal comprise. Et vous, spectateur, vous ne savez jamais vraiment ce que vous voyez.
Les critiques sont unanimes. The Guardian parle d’un « un chef-d’œuvre moderne de tromperie ». Variety le compare à Pulp Fiction pour sa capacité à « ne faire rien de moins que réinventer ce qu’un film peut être ». Forbes estime qu’il est « très possible que You Can See Everything soit le premier documentaire jamais nommé pour la catégorie Meilleur Film aux Oscars ». Sur Letterboxd, il affiche un 4,6 sur 5 qui en fait l’une des œuvres les mieux notées de toute l’histoire du site.
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Et le public suit. A24 le studio derrière le film, déjà à l’origine de phénomènes comme Marty Supreme, Everything Everywhere All at Once ou encore Backrooms a réussi un coup marketing remarquable en gardant le projet secret pendant des années, en le dévoilant par surprise au Festival de Telluride début septembre et en laissant les réseaux sociaux faire le reste. Les mèmes ont déferlé. Les théories aussi. Et les salles ont affiché complet.
Faut-il le voir ?
Trois heures, c’est long. Mais d’après tous ceux qui l’ont vu, on ne voit pas le temps passer. A24 a même publié des conseils sur le moment idéal pour faire une pause pipi, ce qui en dit long sur l’expérience collective que le film est en train de créer.
Ce qui est sûr, c’est que You Can See Everything ne ressemble à rien de ce qu’on a vu ces dernières années. C’est un film qui vous met mal à l’aise, qui vous fait rire, qui vous perturbe et qui vous laisse avec beaucoup plus de questions qu’il n’en répond. Un peu comme Elizabeth Holmes elle-même, en fait.
FAQ : les questions que vous vous posez
Quelle est la différence entre le documentaire You Can See Everything et la série The Dropout ?
The Dropout est une mini-série dramatique de 2022 où Amanda Seyfried incarne Elizabeth Holmes, rôle qui lui a valu un Emmy Award. You Can See Everything filme la vraie Holmes dans un dispositif documentaire assumé par Nathan Fielder, qui brouille volontairement la frontière entre réel et mise en scène. Seyfried y apparaît aussi, rejouant certaines scènes avec Christopher Abbott dans le rôle de Billy Evans.
Quelle est la durée exacte du film You Can See Everything ?
You Can See Everything affiche une durée d’environ trois heures, soit 2h54 précisément. Ce format long permet aux réalisateurs de déployer leur récit sur plusieurs années, entre 2023 et 2025. Certains spectateurs redoutent cette durée, mais la plupart des critiques assurent que le rythme empêche tout ennui.
You Can See Everything sortira-t-il en France ?
Le film sortira en France le 30 décembre 2026.