Décryptage

James Dean, « Hunger Games » et talent brut : Joseph Zada, la nouvelle sensation d’Hollywood

15 octobre 2026

Par Emma Bégom

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©Amazon Content

Si son nom ne vous dit peut-être encore rien, le visage de Joseph Zada est partout. Dans la série « A l’est d’Éden » sur Netflix, dans « Nous les menteurs » sur Prime Video et bientôt dans « Hunger Games : Lever de soleil sur la moisson » au cinéma. L’acteur de 21 ans a un agenda qui ferait pâlir d’envie la moitié d’Hollywood. Zada n’a pas encore fini de vous surprendre.

Introduction

Avec ses cheveux d’un blond presque irréel, Joseph Zada est le genre de profil devant lequel on s’arrête net. Mais au-delà de ce look qui détonne, le jeune Australien avance avec une assurance tranquille et un instinct brut. Pourtant, se retrouver sous le feu des projecteurs n’avait rien d’une évidence pour lui. Avant d’affoler Hollywood, il a fallu un vrai déclic et un parcours pour le moins… inattendu.

De Sydney aux plateaux TV, une family business assumée

Commençons par le début. Joseph Zada ne s’appelle pas vraiment Joseph Zada. Son vrai nom de famille, c’est Cumpston, celui que son frère aîné Hal utilise encore. À 18 ans, il décide de changer pour adopter le nom de sa grand-mère, dont la lignée remonte à un arrière-grand-père afghan arrivé en Australie pendant la Première Guerre mondiale. Kahn Zada, chamelier, a construit la première mosquée d’Australie. « J’ai ressenti une étrange connexion spirituelle avec lui, et maintenant j’ai l’impression qui me guident comme mes étoiles chanceuses », explique l’acteur à Interview magazine. Un changement d’identité qui ressemble davantage à un ancrage qu’à un rebranding.

Côté famille, autant dire que le cinéma, ici, c’est génétique. Son père Jeremy est réalisateur et acteur, sa mère Jessica Brentnall productrice, son frère Hal a joué dans The Walking Dead et Nine Perfect Strangers et son autre frère River a déjà fait ses premières apparitions à l’écran. « C’est un peu ce à quoi on passait tout notre temps. Chaque soir, on mettait un film », raconte Joseph à The Hollywood Reporter. « Stand by Me passait sans arrêt, River Phoenix est l’un de mes acteurs préférés. Ponyo, je crois que je l’ai regardé cent fois.« 

Sauf que lui, au départ, voulait être footballeur. Fan de l’équipe anglaise d’Arsenal, il traînait ses baskets plutôt qu’il ne courait après des rôles. C’est son père qui a tout changé, en lui jetant des scènes de Roméo et Juliette sur son lit un matin. Condition non négociable pour continuer à sécher les cours : participer à une production théâtrale du coin. « J’y suis entrée en me débattant et en hurlant », se rappelle-il avec The Hollywood Reporter. Mais dès le premier lever de rideau, il est devenu accro.

Depuis, il n’a plus vraiment arrêté. Des petits rôles dans des productions australiennes, un renvoi de son école privée et un abandon définitif un mois avant le diplôme. Sa mère était dans la réunion quand le proviseur lui a posé un ultimatum. Il a regardé sa mère. Elle a dit oui. Ils sont partis.

Marcher dans les pas de James Dean et Woody Harrelson

La vraie accélération commence avec Nous les menteurs, l’adaptation du roman d’E. Lockhart diffusée sur Prime Video en 2025. Joseph y incarne Johnny Sinclair, cousin charismatique et arrogant d’une famille richissime qui passe ses étés sur une île privée. Un personnage qui aurait pu n’être qu’un beau gosse de service, mais que Zada choisit de jouer autrement.

« Il aurait pu être très facilement considéré comme un connard ou prétentieux, sans aucune empathie », confie-t-il à sa co-star de Nous les Menteurs, Esther McGregor, dans Behind The Blinds. « Mais j’ai vu une porte d’entrée. Il est contrarié. Il essaie de comprendre ce qui le contrarie.« 

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Sur le plateau de Nous les Menteurs, quelque chose se passe. L’équipe s’arrête de travailler pour le regarder jouer. La co-créatrice de la série, Julie Plec, dira même à Page Six avoir reçu des textos de ses collaborateurs : « Qui est ce gamin ? Il est spécial. »

 Mamie Gummer, qui joue sa mère à l’écran, est tellement impressionnée qu’elle appelle directement son amie, la réalisatrice Zoe Kazan, qui cherche justement l’acteur principal pour son adaptation d’A l’est d’Eden sur Netflix. 

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Dans la série de Kazan, Joseph hérite d’un rôle chargé d’histoire : Cal Trask, le personnage qui a propulsé James Dean au panthéon du cinéma en 1955. La réalisatrice lui donne une seule consigne à respecter dès le premier rappel : ne pas regarder le film original réalisé par son grand-père Elia Kazan, avant la fin du tournage. Joseph Zada tient promesse. « J’ai attendu environ huit mois« , insiste-t-il auprès de Interview Magazine.

Et quand il a enfin vu James Dean à l’écran ? « J’ai dit : « Oh, merde ». Une performance « incroyable », comme il le confesse à The Hollywood Reporter, mais une histoire suffisamment différente pour tracer son propre chemin.

Entre les deux tournages, il décroche un troisième rôle de taille et celui-là, c’est une autre galaxie. Le préquel Hunger Games : Lever de soleil sur la moisson retrace l’histoire du jeune Haymitch Abernathy, vingt-quatre ans avant les événements du premier film, au moment des 50ème Hunger Games. Le rôle tenu par l’excellent Woody Harrelson dans le premier volet en 2012.

Pour l’audition, pas de scénario fourni, pas de dialogue imposé, il faut inventer. Zada passe deux semaines à écrire quatre scènes, rentre à Sydney, convoque son père et son frère, loue un drone, trouve des costumes. Il donne tout.

Pendant deux mois, il regarde tout ce que Harrelson a fait. Il capte sa voix, sa démarche, sa cadence. Puis, au moment de tourner, il décide de tout lâcher. « Le défi que je me suis fixé était d’être l’opposé du caractère de Woody. Le rendre heureux, optimiste, attentionné puis de trouver un moyen d’arriver là où il finirait par arriver. »

Quant à la bénédiction de l’intéressé, elle arrive après le tournage, lors d’un dîner « Nous avons discuté, il m’a posé des questions sur moi et m’a raconté des histoires. Mais tout ce que je savais sur lui m’a complètement sorti de la tête. Je n’ai pas trouvé de questions. J’ai oublié tout ce que je voulais lui demander », évoque Zada à The Hollywood Reporter. Harrelson a été adorable. Et Zada avait déjà fini le film.

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Pourquoi Joseph Zada est la star de demain

Il y a des acteurs qui construisent patiemment leur carrière pendant dix ans avant qu’on les remarque. Et puis il y a Joseph Zada, qui enchaîne en l’espace de 18 mois un rôle dans l’une des séries les plus attendues de Netflix et le premier rôle d’un blockbuster Hunger Games. La réalisatrice Zoe Kazan ne mâche pas ses mots auprès de The Hollywood Reporter : « Il pourrait devenir la plus grande star de cinéma du monde s’il décidait que c’est ce qu’il veut être ». 

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Ce qui rend Zada particulier, c’est précisément qu’il ne ressemble pas à une star en construction. Il parle avec une franchise désarmante, admet être nerveux avant la sortie du nouveau Hunger Games le 18 novembre prochain, alors que tout le monde autour de lui lui prédit un avenir en or. « Honnêtement, maintenant que ça approche, je suis incroyablement nerveux », admet-t-il à Esther McGregor dans Behind The Blinds avec le sourire de quelqu’un qui sait exactement ce qu’il fait.

Et l’après ?

Pour la première fois depuis trois ans, Joseph Zada se retrouve sans projet confirmé. « Je n’ai rien », dit-il en riant au Hollywood Reporter. Il est reparti à Sydney retrouver sa famille et Polly, sa petite amie depuis décembre 2025. « Ce n’est pas une actrice, ce qui est parfait pour moi ». Il déménagera à Los Angeles début 2027. Dans le quartier de Silver Lake ou Runyon Canyon, il ne sait pas encore.

Ce qu’il sait en revanche, c’est qu’il veut réaliser un film avant ses 30 ans. Et qu’il est en train d’écrire un scénario avec son frère Hal, dans lequel ils joueront tous les deux. La family business continue, sous le nom de Zada.

Le gamin qui séchait les cours pour passer des auditions s’apprête à entrer dans les Hunger Games. Son arrière-arrière-grand-père chamelier aurait probablement approuvé.

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Article rédigé par

Rédactrice L'Eclaireur

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