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De « Challengers » à « A l’est d’Éden » : qui est Mike Faist, le nouveau chouchou de la Gen Z ?

09 octobre 2026

Par Emma Bégom

Illustration
©Netflix

Il a crevé l’écran dans « West Side story », fait perdre la tête à toute une génération avec « Challengers ». Mike Faist s’est imposé comme LA révélation qu’on n’avait pas vu venir. Puis il a disparu. Il réapparait près de deux ans plus tard à l’affiche du carton série du moment, « A l’est d’Éden ». Impossible de le louper, tout le monde en parle. Mais qui est ce nouveau chouchou de la Gen Z ?

Introduction

Si vous avez TikTok, il y a de fortes chances que votre page « Pour Toi » vous ait servi ces derniers jours le même visage en boucle. Un jeune homme à la chemise blanche, les cheveux châtains, un air d’ange. Le tout sur une musique de Lana Del Rey, avec en fond un montage soigné de toutes ses apparitions dans East of Eden, la nouvelle série Netflix dont tout le monde parle.

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Vous avez peut-être liké, comme des centaines de milliers d’autres. Et l’algorithme, fidèle à lui-même, vous a aussitôt proposé une autre vidéo du même garçon cette fois en tenue de tennis, raquette à la main. Et là, le déclic. Attendez :  c’est pas lui qui jouait avec Zendaya, dans ce film… Challengers ? Si. C’est exactement ça.

L’effet Challengers

Printemps 2024, quelque chose d’inhabituel se produit. Difficile de résumer ce que Challengers a provoqué, mais on va essayer. Challengers, c’est un film, réalisé par le réalisateur italien Luca Guadagnino (Call Me By Your Name, Bones and All) réunissant Zendaya, Josh O’Connor et Mike Faist dans un triangle amoureux sur le tennis. Sans franchise, ni effets spéciaux, ce long-métrage finit par générer presque 100 millions de dollars au box-office mondial et transformer une scène de churros en moment culte pour la Gen Z. 

Le film devient LE phénomène au point que son absence de nomination aux Oscars en 2025 créera un tollé. Et parmi le trio de jeunes acteurs, Mike Faist incarne Art Donaldson, un champion de tennis professionnel surdoué, mais usé par les exigences physiques du tennis et la pression constante de sa femme et entraîneuse, incarnée par Zendaya. 

Mike Faist, comme son accolyte de Challengers Josh O’Connor, plaît aux jeunes. Le New York Times inventera même le terme « rodent man », comprendre ces acteurs qui ressemblent un peu à des rongeurs et sont devenus les plus convoités de leur génération. Jeremy Allen White, Timothée Chalamet, Mike Faist.

« Cent pour cent, je suis un homme rongeur« , confirme l’intéressé à GQ Men’s.

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Sauf que là où la plupart des acteurs auraient capitalisé sur ce buzz pour enchaîner les projets, Mike Faist a choisi de disparaître. Deux ans de silence presque total. Seules quelques rumeurs de projets avortés et une explication désarmante de simplicité : « Je ne suis pas forcément un marathonien« , explique-t-il à GQ.

Juste une mise en retrait volontaire, assumée et plutôt rare dans une industrie féroce qui récompense celles et ceux qui ne s’arrêtent jamais. Ce que Mike Faist a perdu en revanche, c’est quelque chose qu’il chérissait plus que tout : l’anonymat. Pouvoir aller au café du coin, parler à des inconnus sans qu’ils sachent qui il était, être quelqu’un d’ordinaire le temps d’une balade. Tout ça s’est évaporé après Challengers. « C’est comme s’ils pointaient du doigt et disaient : ‘Oh, c’est toi le gars.’ Tu te dis : ‘Je suppose que je vais devoir porter un chapeau maintenant‘ », plaisante-t-il.

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Du théâtre à Spielberg

Pour mieux comprendre Mike Faist, il faut remonter à un enfant de l’Ohio qui regardait de vieux films musicaux en boucle et voulait ressembler à Gene Kelly dans Chantons sous la pluie comme il le confie à Interview magazine. Né en 1992 à Gahanna, il commence la danse à cinq ans et rejoint très vite le Children’s Theatre de Columbus (centre de formation théâtrale pour la jeunesse). Pour lui, une seule et unique perspective d’avenir : aller à New York pour marcher dans les pas de James Dean et Marlon Brando. Il y va. Il part.

Avant de monter sur les planches, le jeune Mike vend des billets à Times Square pour survivre. Plus tard, il commence à auditionner pour des productions off-Broadway (catégorie de théâtres de pièces expérimentales avec peu de budget), arrive en en 2012 dans Newsies (comédie musicale très célèbre qui raconte l’histoire de Jack Kelly et de sa bande d’orphelins).

Il finit par rejoindre la distribution originale de Dear Evan Hansen où il campe le rôle de Connor Murphy, le grand frère tourmenté d’une comédie musicale qui aborde la santé mentale adolescente. Sa première vraie percée. Ce rôle lui vaudra une nomination aux Tony Awards, un Grammy collectif et une réputation qui commence à se construire sérieusement.

C’est le grand Steven Spielberg lui-même qui lui ouvre les portes du grand écran avec le remake de West Side Story en 2021 dans lequel il joue Riff, le chef et le fondateur des Jets, la bande de jeunes New-Yorkais blancs qui s’affronte avec les Sharks, le gang rival d’immigrés portoricains emmené par Bernardo.

Pour lui, c’est un choc. « Ton premier jour sur le plateau, il faut imaginer qu’ils bloquent la moitié de Manhattan, il y a genre 500 figurants tous en costumes d’époque, des bus, des voitures… C’est comme si tu étais projeté directement quand tu sors de ta loge, tu marches dans la rue, tu tournes à gauche sur un Broadway en 1957« , raconte-t-il sur Hits Radio.

Une nomination aux BAFTA – les César britanniques – plus tard, Mike Feist remballe pourtant ses affaires et repart dans l’Ohio pas pour fuir, mais pour être auprès de son père malade. Père et fils rénovent une maison ensemble, un cocon où il revient encore aujourd’hui entre deux tournages. Dont celui de la très attendue série Netflix A l’est d’Eden, adaptation du roman de John Steinbeck signée Zoe Kazan.

Le phénomène A l’est d’Eden

Dans cette nouvelle mouture déclinée en sept épisodes avec Florence Pugh en tête d’affiche, Mike Faist se glisse dans la peau de Charles Trask, l’oncle du jeune Cal, rôle qui avait révélé un certain… James Dean dans le film d’Elia Kazan en 1955.

Dans le livre de Steinbeck, le personnage de Charles est décrit comme porteur d’une forme de danger naturel, élégant et impulsif. Sur le papier, il n’occupe vraiment que le premier quart de l’histoire. Faist devait donc disparaître assez tôt. Sauf que les premiers rushes ont tout changé. Selon la réalisatrice Zoe Kazan, Netflix aurait demandé à ce qu’on écrive un épisode supplémentaire tellement sa présence était marquante. 

Sa co-star Florence Pugh le résume mieux que quiconque à Vanity Fair : « Être un rôle secondaire, mais savoir que tout le monde souhaite ton retour, c’est probablement l’une des choses les plus cool que tu puisses accomplir.« 

Pour Mike Faist, accepter ce projet et revenir sous les projecteurs n’avait rien d’une évidence. Il a rencontré Zoe Kazan deux fois avant de dire oui, et a été très clair sur ses conditions : « Je n’ai pas besoin que tu me convainques. J’ai juste besoin de savoir que c’est ce qu’il me faut, parce que quand je me lance, je me lance à 100 %. Si tu m’as, tu m’auras à 100 %« , aurait promis l’acteur à la réalisatrice, comme elle le confie elle-même à GQ.

Le nouveau James Dean ?

Alors qu’on le comparait déjà à James Dean, le parallèle est troublant. Même regard un peu vague, même blondeur, même discrétion. Mike Faist n’a aucun réseau social et laisse ses rôles parler à sa place « Si tu veux apprendre à me connaître, regarde juste mes films« , dit-il. Mais aussi même popularité fulgurante auprès d’une génération qui le découpe en edits tiktok. Et surtout, un ancrage dans le même roman : À l’est d’Éden, qui voyait James Dean crever l’écran au cinéma en 1955.

Mike Faist ne cache pas son obsession pour l’acteur mythique. Son film préféré de Dean, c’est Géant et particulièrement une scène où le personnage cuisine du bacon sans regarder personne, lève juste les yeux, et dit tout ce qu’il ressent sans prononcer un mot.

« C’est toujours ce qui se passe entre les lignes« , explique le jeune acteur de 34 ans à Interview magazine. C’est exactement ce qu’il fait à l’écran lui-même.

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La question qui se pose maintenant, c’est : où va-t-il ? Après le carton d’A l’est d’Éden, on le retrouvera prochainement à l’affiche de La Demoiselle d’Orléans de Sarah Elizabeth Mintz, aux côtés de Maude Apatow (Euphoria). Le film suit une jeune femme qui assiste un réalisateur sur une production française autour de Jeanne d’Arc. Un nouveau projet loin des courts de tennis, des comédies musicales et des drames d’époque. Et c’est exactement le genre de virage qu’on attendait de cette anti-star (pourtant) si charismatique.

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Article rédigé par

Rédactrice L'Eclaireur

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