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Carrie : quelles sont les meilleures et les pires adaptations ?

06 octobre 2026

Par Louise Lepense

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“Carrie”, la série, le 7 octobre 2026 sur Prime Video. ©Amazon Content Services

Le 7 octobre, Carrie revient sur Prime Video sous la forme d’une série signée Mike Flanagan. Un demi-siècle après le film de Brian De Palma, que reste-t-il à raconter de l’adolescente imaginée par Stephen King dans son premier roman 1974 ? Avant cette nouvelle version, retour sur quatre films qui n’ont pas tous survécu au bal de fin d’année.

1 Carrie au bal du diable, l’original toujours debout

Brian De Palma n’avait ni effets numériques, ni 50 ans d’images de Carrie à affronter lorsqu’il adapte le roman en 1976. Il avait Sissy Spacek, Piper Laurie et une idée précise de ce que le cinéma pouvait faire de leur affrontement. La première donne à Carrie une innocence qui rend sa colère déchirante ; la seconde fait de Margaret une présence aussi effrayante que les pouvoirs de sa fille. Autour d’elles, De Palma orchestre l’attente du bal avant de la faire exploser à coups de ralentis et de mouvements de caméra.

Il faut accepter son esthétique des années 1970 : certaines scènes portent la marque de leur époque. Mais cette identité visuelle est aussi ce qui manque à plusieurs de ses successeurs. Le film saisit l’essentiel du roman sans chercher à en reproduire chaque page. Avec un score de 94 % sur Rotten Tomatoes et 86/100 sur Metacritic, le classique tient encore debout.

2 Carrie : La vengeance, mise à jour efficace et sans risque

Kimberly Peirce reprend l’histoire avec Chloë Grace Moretz dans le rôle principal et Julianne Moore dans celui de Margaret. La maison des White retrouve une atmosphère oppressante, les pouvoirs de Carrie gagnent en ampleur et la scène du bal bénéficie d’une mise en scène à la hauteur de sa réputation. Surtout, l’humiliation ne s’arrête plus aux murs du lycée : les téléphones permettent de la filmer et de la diffuser.

Moore est redoutable en mère dévote et terrifiante ; Moretz donne à Carrie de quoi inspirer autre chose que la peur. Cette version comprend que King raconte aussi la violence d’un groupe contre une jeune fille isolée. Elle peine néanmoins à justifier chaque retour sur les traces de De Palma : une fois le décor actualisé, le parcours réserve peu de surprises. 51 % sur Rotten Tomatoes et 53/100 sur Metacritic résument bien cette place intermédiaire. Ce n’est ni le désastre annoncé par certains, ni le grand film que son casting pouvait laisser espérer.

3 Carrie 2 : La haine, changer de fille, garder la recette

Vingt-trois ans après le massacre du premier film, Katt Shea confie les pouvoirs télékinésiques à Rachel Lang, interprétée par Emily Bergl. Rachel n’est pas Carrie sous un autre nom : le film révèle qu’elles sont demi-sœurs par leur père, Ralph White. Amy Irving reprend d’ailleurs son rôle de Sue Snell, désormais confrontée à une tragédie qui lui rappelle celle à laquelle elle a survécu. Sorti en 1999, Carrie 2 est donc une suite, même si son scénario connaît par cœur les étapes du récit original.

Une adolescente rejetée, des lycéens cruels, des pouvoirs qui s’emballent : le film change la victime et recommence la démonstration. Son regard sur la brutalité des garçons donne au moins à Rachel un conflit propre, mais les personnages forcés et les effets de style très années 1990 ont moins bien vieilli que les audaces visuelles de De Palma. La critique ne lui a guère pardonné cette impression de copie : 25 % sur Rotten Tomatoes, 42/100 sur Metacritic.

4 Carrie, le téléfilm qui n’en finit plus

David Carson réalise pour la télévision américaine cette adaptation diffusée en 2002. Angela Bettis succède à Sissy Spacek dans le rôle de Carrie, face à Patricia Clarkson en Margaret White. Le téléfilm reprend des éléments du roman. Il s’autorise pourtant une entorse majeure dans son dénouement : Carrie survit, une porte laissée ouverte pour une série qui ne verra jamais le jour.

Le problème, c’est qu’il faut tenir jusque-là. L’enquête étire sur deux heures et demie une histoire qui devrait se resserrer comme un piège ; les effets numériques accusent leur âge et la mise en scène peine à faire monter la tension. Bettis apporte une fragilité au personnage, mais elle semble prisonnière d’un téléfilm qui confond fidélité au livre et accumulation de scènes. Avec 32 % d’avis favorables de la presse sur Rotten Tomatoes, cette Carrie se recommande surtout aux amateurs de fantastique télévisé du début des années 2000. Les autres peuvent s’épargner le bal.

Hors classement : Carrie, éviter de rejouer la même danse

Mike Flanagan (The Haunting of Hill House) prend cette fois le temps d’une série de huit épisodes, attendue le 7 octobre sur Prime Video. Summer H. Howell incarne Carrie, Samantha Sloyan sa mère. Premier changement annoncé : après la mort de son père, cette Carrie, jusque-là élevée à l’écart du monde, entre pour la première fois dans un lycée public. Le harcèlement y devient aussi une affaire de vidéos virales et de réseaux sociaux.

Les premières images suggèrent une prise de conscience progressive de ses pouvoirs avant la nuit du bal. Reste la question décisive : que faire, pendant huit épisodes, d’un roman aussi court sans diluer sa montée vers la catastrophe ? Flanagan dispose de temps pour épaissir Carrie, Margaret et leurs rapports au lycée ; il devra aussi éviter que chaque détour ne ressemble à une attente avant le seau de sang.

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