L’actrice retrouve le genre de l’horreur dans un film étonnant où elle incarne deux personnages différents. À découvrir dès le 14 octobre au cinéma.
Introduction
Avec Malfaisante, Jessica Chastain retrouve un des genres de ses débuts, l’horreur, et incarne (une nouvelle fois), l’archétype de la mère au cinéma après The Tree of Life (2011) de Terrence Malick ou Mama (2013), deux de ses premiers longs-métrages.
Cette fois-ci, elle s’entoure de Rob Savage, un cinéaste spécialiste du genre, réalisateur entre autre de Host (2020) ou Le Croque-Mitaine (2023). Son nouveau-né est un film hybride. Décomplexé quand il s’agit d’horreur, superficiel quand il est question de développer ses personnages.

Bela n’est pas une jeune fille comme les autres. Bien qu’évoluant dans un contexte familial serein, elle a une « autre maman », une figure mystérieuse et insaisissable qui apparait le soir dans sa chambre. Cette présence malveillante devient de plus en plus envahissante et pousse Bela vers un choix extrême qui implique toute la famille.
Si la jeune fille est donc la protagoniste du film, Malfaisante est entièrement porté par la double performance de Jessica Chastain, à la fois dans le rôle de la mère normale et de l’autre maman, plus violente, effrayante et imprévisible. Malfaisante, une fois son postulat posé, est surprenant dans son déroulé. Le film ne joue pas la carte de la suspicion ou du déni de réalité. Tous les protagonistes font face à ce démon et cherchent un moyen d’en échapper. Le long-métrage entre vite dans le vif du sujet et propose quelques moments de pure angoisse.
L’horreur comme exutoire
Malfaisante est un film d’horreur brut. Le démon qui hante la famille les terrorise de plusieurs manières et la caméra de Rob Savage arrive à mettre en scène habilement ces séquences.
Par l’éclairage, les mouvements de caméras, les fausses perspectives et la liberté offerte par un démon capable de prendre plusieurs formes, le film est suffisamment inventif dans sa gestion de l’horreur pour ne pas être répétitif et surtout, pour véritablement effrayer.

En cela, la prestation de Jessica Chastain est évidemment le point fort du film. L’actrice crée une antagoniste effrayante grâce à ses seules expressions et sa façon de bouger. Le démon est suggéré ou montré, entre jump-scare soudain et montée en douceur de l’intensité.
La comédienne développe deux véritables partitions différentes et son interprétation d’un être démoniaque omniscient n’est pas sans rappeler Ça de Stephen King, et sa façon de pourchasser ses victimes.
Trop facile ?
Malfaisante cherche aussi à raconter des choses sur les peurs primaires de l’enfance, sur le doute, sur la vie de couple et la stabilité émotionnelle dans une famille. Les thématiques sont présentes, sous le vernis horrifique, mais ne sont pas assez développées par le film. Il n’y a pas de matière dans le long-métrage. Les idées servent seulement à mettre en scène les séquences effrayantes et gores, sans s’attarder sur les thèmes.
Le film cherche également à aborder la notion de transmission, de ce que les parents lèguent sans le savoir à leurs enfants et comment ces derniers l’acceptent ou le rejettent. Plusieurs générations de femmes sont ainsi à l’écran lors d’un moment charnière, mais encore une fois, Malfaisante ne dépasse pas ces quelques idées posées entre deux scènes de carnage.

Il y a du bon et du moins bon dans ce Malfaisante. Le film réussit sa première mission : créer une antagoniste terrifiante et malsaine, avec son lot de moments très (très) gores. À l’inverse, le long-métrage ne dépasse jamais son statut de divertissement express, tel un shot d’adrénaline d’1h30 qui ne ralentit pas.
Sans substance, il est difficile de voir comment ce Malfaisante survivra à l’épreuve du temps. Dans l’immédiat, et en pleine période automnale, il reste efficace grâce à l’inventivité de Rob Savage et confirme que Jessica Chastain (The Savant, Zero Dark Thirty…) sait définitivement tout jouer.