Avec Leviticus, Adrian Chiarella filme l’histoire d’amour contrariée de Naim et Ryan, deux adolescents poursuivis par une violente entité dans un film de genre réussi, sombre et profond.
Introduction
Après les succès Obsession et Backrooms, le cinéma de genre anglophone propose dans les salles obscures, ce 7 octobre, Levicitus. Réalisé par Adrian Chiarella, le film suit Naim (Joe Bird) et Ryan (Stacy Clausen), deux adolescents secrètement amoureux. Lorsque leurs familles découvrent leur relation, la communauté religieuse dans laquelle ils vivent doit réagir : les deux garçons doivent être libérés du mal qui les ronge. Une entité violente et monstrueuse va alors être libérée et prendre la forme de la personne qu’ils désirent le plus.
Naim et Ryan ne pourront plus avoir confiance l’un en l’autre, ni se retrouver seuls au risque d’être tués par cette puissance aussi brutale qu’invisible. Car jamais Adrian Chiarella ne montre la créature. Un tour de force visuel qui offre toute sa tension au long-métrage, et qui libère, par ailleurs, l’imaginaire du spectateur.

Un film de genre profond
Grâce à cet effet, le réalisateur australien peut également jouer avec sa mise en scène en occultant sans arrêt une violence frontale. Certains obstacles physiques deviennent alors de vrais outils scéniques : le mur d’une piscine municipale, le vent dans des draps, ou encore le rideau d’un photomaton… Les mises à mort deviennent subtiles — le travail sur le son étant également très important — sans jamais renier la brutalité attendue.
Ainsi, Leviticus rappelle par moments It Follows (2014) de David Robert Mitchell (La fin d’Oak Street) à travers la menace invisible et pourtant omniprésente que les deux films convoquent. Le long-métrage de Chiarella est aussi une proposition de genre qui appelle forcément à une métaphore. Car la vraie violence provient avant tout de la communauté religieuse dans laquelle évoluent Naim et Ryan. Particulièrement sectaire, celle-ci interdit les relations homosexuelles. À travers ce prisme, Leviticus dénonce non seulement les thérapies de conversation mais aussi l’homophobie ambiante en montrant deux garçons en lutte perpétuelle pour être acceptés et vivre leur amour.
Sexe et horreur
Outre le film de genre, Levicitus propose une romance horrifique et interroge aussi les premiers émois adolescents. Le long-métrage apparaît par moments particulièrement érotique en filmant le désir de ces deux garçons aux prises avec une force maléfique. La mise en scène prend justement son temps afin de montrer le désir inassouvi de Naim et Ryan, incarnés respectivement par Joe Bird et Stace Clausen, impeccables dans le rôle de ces deux amants maudits.
Si le premier apparaît aussi vulnérable que sensible, le second cache derrière une masculinité apparente des insécurités plus profondes. Ensemble, ils forment un duo convaincant et nous embarquent à travers les méandres de l’amour de leur premier baiser hésitant à une scène de sexe dans un autobus en passant par les mécanismes classiques de jalousies infantiles.
Au casting, on retrouve également, Mia Wasikowska (Alice aux pays des merveilles, Crimson Peak…) dans le rôle d’une mère sectaire, certes sous exploitée mais terriblement froide, ainsi que Nicholas Hope dans le rôle d’un exorciste pas très commode.
Avec Leviticus, Adrian Chiarella offre un long-métrage horrifique dans lequel la forme sert autant que le fond. En filmant l’histoire d’amour contrariée de Naim et Ryan, le cinéaste australien propose un récit sombre, brutal et profond. Un film de genre réussi à découvrir dès le 7 octobre dans les salles de cinéma françaises.