Né sur Internet avant de conquérir les salles américaines, Backrooms transforme une légende virale en événement horrifique. Attendu en France le 17 juin, le film de Kane Parsons intrigue autant par son concept que par son parcours hors norme.
Introduction
Le phénomène n’a pas encore gagné les salles françaises, mais il affole déjà Hollywood. Attendu au cinéma le 17 juin, Backrooms arrive précédé d’un bruit rare pour un film d’épouvante et de science-fiction. Aux États-Unis, où il est sorti le 29 mai, le long-métrage de Kane Parsons a signé un démarrage spectaculaire : 81 millions de dollars en un week-end, 118 millions dans le monde.
Le long-métrage part d’une idée : une dimension cachée, accessible par accident, composée de couloirs, de pièces vides, de moquettes jaunâtres et de néons maladifs. Clark, interprété par Chiwetel Ejiofor, propriétaire d’un magasin de meubles, découvre dans son sous-sol un passage vers cet espace impossible. C’est ce décor qui fait toute la singularité du projet.
D’où vient le phénomène Backrooms ?
Avant d’être un film, Backrooms est une légende d’Internet. Le mythe apparaît en 2019 sur 4chan, à partir d’une image devenue culte. Autour de cette photo, les internautes inventent des niveaux, des entités et des règles, jusqu’à bâtir une mythologie collective.
En 2022, Kane Parsons, alias Kane Pixels, transforme cet imaginaire en web-série YouTube. Il n’a alors que 16 ans. Réalisée avec Blender et Adobe After Effects, portée par une esthétique de found footage, la série cumule près de 197 millions de vues. Quatre ans plus tard, son créateur passe derrière la caméra du long-métrage.
Qui se cache derrière le film ?
À 20 ans, Parsons devient le plus jeune réalisateur à placer un film en tête du box-office nord-américain. Le scénario est signé Will Soodik et le projet repose aussi sur une solide armature hollywoodienne : A24, James Wan, Shawn Levy, Osgood Perkins ou encore Peter Chernin figurent dans l’entourage de production. Devant la caméra, Ejiofor partage l’affiche avec Renate Reinsve, Mark Duplass, Finn Bennett et Lukita Maxwell.
Ce film ne se résume pas à un bon démarrage au box-office : son succès montre surtout que l’horreur peut aussi surprendre lorsqu’elle vient d’Internet. Le phénomène rappelle Le projet Blair Witch, autre film devenu culte grâce à la rumeur et au bouche-à-oreille. Mais Backrooms appartient à une autre époque : celle où une création née en ligne peut arriver en salle avec son auteur d’origine, attirer un studio comme A24 et rivaliser avec de très grosses productions. Pour un budget estimé à 10 millions de dollars, le pari est largement réussi.