Olivier Bourdeaut signe un récit autobiographique consacré à son père et à la violence qui a marqué son enfance. Le livre cherche moins le règlement de comptes que la compréhension d’un lien familial contradictoire.
Introduction
Olivier Bourdeaut revient en librairie avec Une histoire d’amour et de violence, paru le 30 avril chez Gallimard dans la collection Blanche. Après le succès d’En attendant Bojangles, l’écrivain signe un livre très différent, plus intime et frontal, consacré à son père, Pierre Bourdeaut, notaire à Nantes.
De quoi parle Une histoire d’amour et de violence ?
Dans ce nouveau texte, Olivier Bourdeaut revient sur son enfance et sur la relation complexe qu’il a entretenue avec son père. Le livre raconte une histoire familiale marquée par la violence domestique, les humiliations, les colères et les coups, tout en cherchant à comprendre ce lien fait d’amour, de peur, d’admiration et de douleur.
Pierre Bourdeaut est décrit comme un homme autoritaire, respecté dans sa vie professionnelle, mais tyrannique, qui se faisait appeler « maître » aussi bien au travail qu’à la maison. Sur France Inter, Olivier Bourdeaut évoque un père « perfectionniste dans la violence physique » et insiste aussi sur la dimension psychologique de cette violence.
Le livre interroge la filiation et la transmission : comment grandir avec un père violent ? Comment aimer quelqu’un qui a fait souffrir ? Comment éviter de reproduire cette violence ? Dans l’HuffPost, l’auteur résume ce lien douloureux, cette relation contradictoire dans laquelle l’attachement n’efface pas la brutalité, par une phrase : « J’ai toujours aimé cet homme. Même quand je voulais le tuer, je l’aimais. »
Pourquoi ce titre ?
Au-delà du sujet du livre, Une histoire d’amour et de violence fait écho à L’amour et la violence de Sébastien Tellier, chanson parue sur Sexuality en 2008. « Quand l’album est sorti, j’ai immédiatement adoré cette chanson aux paroles simples qui résumaient à la perfection ma jeunesse compliquée », explique l’écrivain dans l’HuffPost. Son premier roman, En attendant Bojangles, faisait déjà référence à Mr. Bojangles, notamment connu dans l’interprétation de Nina Simone.
Que vaut ce nouveau livre ?
Les premiers retours soulignent la sincérité et la force du récit. Livres Hebdo parle d’un « récit autobiographique bouleversant » et d’un livre « qu’on ne peut écrire qu’une fois dans sa vie ». France Inter insiste sur la part sombre que ce texte révèle derrière l’image plus solaire associée à En attendant Bojangles. L’HuffPost décrit de son côté un roman « doux-amer teinté d’humour, de mélancolie et de poésie » ; L’Essentiel Livres met, enfin, en avant « un livre d’une grande sincérité qui parle de résilience et de pardon ».