Dans cette seconde saison, le héros imaginé par Kyan Khojandi est confronté à la quarantaine. Saluée par plusieurs médias pour sa maturité et son émotion, elle n’échappe pas à quelques critiques.
Introduction
Il y avait, dans le retour de Bref, un risque évident : celui de ranimer une série culte figée dans son époque. Treize ans après avoir marqué les années 2010 sur Canal+ et YouTube, la création de Kyan Khojandi et Bruno Muschio a pourtant retrouvé son personnage principal en 2025. Mise en ligne sur Disney+ le 14 février, Bref.2 arrive désormais sur TF1 à partir de ce 4 mai, avec trois épisodes diffusés, puis les trois derniers le 11 mai.
Que raconte cette saison 2 ?
Finies les pastilles de deux minutes, nerveuses et taillées pour le zapping télévisuel : Bref.2 prend le temps de six épisodes d’environ 30 à 40 minutes. Le narrateur, toujours interprété par Kyan Khojandi, n’est plus le trentenaire paumé des débuts. Il approche désormais la quarantaine, avec ce que cela suppose : bilans, ruptures, deuils, amitiés abîmées…
La série conserve son ADN : voix off mitraillette, montage syncopé, autodérision, apartés visuels, métaphores absurdes. Autour de Khojandi, plusieurs visages historiques reviennent, dont Baptiste Lecaplain, Bérengère Krief et Alice David. Laura Felpin, Jean-Paul Rouve, Alexandre Astier, Doria Tillier, Orelsan, Gringe ou Jonathan Cohen viennent élargir cette galerie.
Qu’en pensent les médias ?
Côté critiques, le retour a d’abord été largement accueilli comme une réussite. Télé-Loisirs parle d’un « retour triomphal et impeccable », saluant une série qui « embrasse avec sensibilité des thèmes plus matures et actuels (…) sans jamais perdre de son autodérision légendaire ». Le média souligne aussi « les nombreuses bonnes — parfois loufoques — trouvailles de mise en scène ».

Même enthousiasme chez Télérama, qui voit dans Bref.2 « un retour gagnant en long, en large, et avec les travers de son héros ». La revue insiste sur « un remarquable équilibre entre rire et émotion » et juge que la série « reste hilarante grâce au sens de l’observation de Khojandi et de son coauteur et coréalisateur Bruno Muschio, à la fois intemporel et très générationnel ».
Le nouveau format fonctionne-t-il ?
C’est le point central du débat. Pour Le Monde, la série réussit bien sa mue et revient en « version augmentée, mais pas ralentie ». Le quotidien estime que la voix intérieure « donne une colonne vertébrale à ce qui ne pourrait être qu’une suite de sketchs sur le temps qui passe et l’urgence de vivre ».

Télérama y voit également un bénéfice : « En prenant son temps, Bref.2 devient plus émouvante et plus profonde ». La critique note que cette saison raconte « le décentrage de son héros », un homme « aveugle aux causes de sa solitude ».
Toutes les critiques ne partagent toutefois pas cet enthousiasme. Libération se montre beaucoup plus sévère et résume son reproche dans son titre : « Bref, Bref 2 est trop long. » Pour le journal, le passage de la pastille au format long modifie la perception de la série : « Tout ressemble à autrefois, et pourtant l’ensemble ne sonne plus pareil ». La critique juge que la série met « pas loin de quatre épisodes » à trouver une cohérence et conclut, sèchement : « Mais on s’ennuie ferme. »