À l’occasion de la sortie de son EP Sick of Nostalgia, Myla se livre avec sincérité sur son évolution artistique, son rapport au passé et son envie de connexion avec le public. Entre vulnérabilité assumée et nouvelle indépendance créative, la chanteuse aborde ce projet comme une étape charnière de son parcours. Rencontre.
Comment se sent-on à l’approche de la sortie d’un nouvel EP ? Dans quel état d’esprit êtes-vous aujourd’hui et comment vous préparez-vous ?
J’ai très hâte, d’autant plus que je sens une évolution, notamment dans l’attente des fans. C’est un projet où j’ai vraiment le sentiment d’avoir trouvé mon public, mes auditeurs réguliers. Du coup, je sens aussi qu’ils attendent quelque chose, et ça me donne encore plus envie. Je ne suis pas trop stressée, honnêtement : je suis surtout confiante. Je sais que les chansons vont leur parler, et j’ai hâte que les gens les écoutent. Surtout, je suis impatiente de les chanter en concert.
Qu’est-ce qui, selon vous, rend ce projet unique ?
J’ai l’impression de m’être impliquée à fond, sur tous les aspects. Que ce soit visuellement ou dans la composition, tout vient beaucoup plus de moi. Sur mon premier EP, je travaillais souvent en collaboration, notamment en studio. Là, j’ai été beaucoup plus indépendante, même si mon frère m’accompagne toujours. J’étais seule dans ma chambre, à composer sur mon ordinateur, à apprendre à produire moi-même. C’est un projet qui me ressemble à 100 %, dans le fond comme dans la forme. Je me sens beaucoup plus impliquée, et donc c’est aussi beaucoup plus agréable.
Qu’avez-vous appris sur vous-même grâce à ce projet ?
J’ai découvert que je pouvais vraiment me débrouiller seule et me faire confiance. Avant, j’étais plus dans l’insécurité, je ne savais pas jusqu’où je pouvais aller. Le fait de composer et produire de A à Z m’a donné beaucoup de confiance, autant artistiquement que personnellement. J’ai aussi découvert des compétences en production que je ne soupçonnais pas. Ça m’a aidée à mieux comprendre qui je suis en tant qu’artiste.
Quel est votre processus créatif ? Avez-vous une méthode particulière ?
Je fonctionne beaucoup au feeling. Je n’ai pas de formule précise et, pendant longtemps, je pensais que les “vrais” artistes en avaient une très définie. En réalité, chez moi, ça vient souvent d’une chanson que j’écoute : un accord ou une ambiance m’inspirent et je pars de là. Ensuite, ça évolue vers quelque chose de totalement différent. C’est souvent comme ça que les idées naissent, quand je suis seule dans ma chambre.
Votre EP s’intitule Sick of Nostalgia. Quel est votre rapport au passé et à la mélancolie ? Est-ce que ce projet vous permet de dépasser cela ?
Je suis quelqu’un de très nostalgique. Je trouve qu’on vit beaucoup dans ça aujourd’hui, que ce soit à travers les réseaux ou les références culturelles. Pour moi, cet EP a été une manière de transformer cette nostalgie, de ne pas rester bloquée dedans. C’est aussi lié au passage à l’âge adulte : apprendre à avancer sans avoir peur. La nostalgie, je l’aime parce qu’elle est à la fois belle et un peu douloureuse. J’espère réussir à retranscrire ce sentiment dans mes chansons.
On ressent une grande vulnérabilité dans vos titres. Est-ce important pour vous de vous dévoiler ainsi en musique ?
Oui, très naturellement. Je trouve que la vulnérabilité rend les relations humaines belles. Les chansons qui me touchent le plus sont celles dans lesquelles les artistes se mettent à nu. J’ai envie d’assumer pleinement ce que je ressens. Si des gens peuvent se reconnaître dans mes chansons et que ça peut leur faire du bien, c’est le plus important. Même quand je chante certains morceaux, je revis totalement les émotions, et c’est justement ce qui rend la musique forte.

Pourquoi avoir choisi de chanter en anglais ? Est-ce une langue qui vous permet de vous exprimer plus librement ?
Oui, c’est une langue qui a toujours été plus naturelle pour moi. J’ai grandi en écoutant beaucoup de musique anglophone, donc mon oreille s’y est habituée. Ça me permet aussi de parler plus facilement de mes émotions. En français, je trouverais ça beaucoup plus difficile, notamment pour la mise en musique. L’anglais me donne une forme de distance qui m’aide à m’exprimer.
Vous allez bientôt monter sur scène. Comment appréhendez-vous cette étape ?
Ce qui m’importe surtout, c’est que les gens viennent et qu’ils soient touchés. Être sur scène ne me fait pas peur, au contraire : j’ai hâte. J’aimerais réussir à créer cette connexion que j’ai moi-même ressentie en tant que spectatrice. Le partage avec le public, c’est ce que je préfère. C’est pour ça que je fais de la musique. Le fait que mon premier concert se soit rempli aussi vite, alors que les gens ne me connaissaient qu’à travers des vidéos, c’était très émouvant.
Quels sont les artistes qui vous influencent le plus aujourd’hui ?
Il y en a plusieurs, pour des raisons différentes : Coldplay, Madison Beer, Sabrina Carpenter et RAYE. Chacun m’apporte quelque chose, que ce soit dans l’émotion, la proximité avec le public ou la vulnérabilité. C’est un mélange de toutes ces influences.
Si vous deviez imaginer une collaboration, ce serait avec qui ?
Madison Beer, sans hésiter, parce que c’est celle qui m’a le plus influencée musicalement. Après, dans un rêve absolu, ce serait Ariana Grande… On ne sait jamais !
Pour la suite, avez-vous envie d’explorer de nouveaux univers musicaux ?
Oui, absolument. J’aimerais aller vers quelque chose de plus ancré dans le présent, peut-être plus positif. Mes chansons garderaient ce côté un peu dreamy, mais avec des émotions moins mélancoliques. J’ai envie d’explorer des choses plus lumineuses, tout en restant fidèle à mon univers.