Critique

Raye, This Music May Contain Hope : pourquoi signe-t-elle le meilleur album de l’année ?

27 mars 2026
Par Lisa Muratore
Raye est de retour avec “This Music May Contain Hope”, le 27 mars 2026.
Raye est de retour avec “This Music May Contain Hope”, le 27 mars 2026. ©Raye

Raye est de retour avec un second album explosif. Dans This Music May Contain Hope, la chanteuse britannique explore avec virtuosité plusieurs terrains musicaux, offrant un album surprenant et ambitieux, à son image. Critique.

Raye est de retour avec un nouvel album. Dans This Music May Contain Hope, la chanteuse britannique livre un album aussi surprenant que virtuose, dans lequel elle explore diverses inspirations musicales. Du hip-hop à la soul, en passant par la pop et le R&B, Raye n’a aucune limite pour faire passer son message.

Porté par le tube Where is My Husband!, ce nouvel opus nous embarque dans la vie d’une femme moderne, entre doutes et espoirs. Pourtant, la chanteuse ne tombe jamais dans le pathos ou la tragédie. Elle préfère y apporter toute sa lumière. « Everything going to be alright/Tout va bien se passer », peut-on entendre sur le nouveau morceau iconique de l’album, Click Clack Symphony, imaginé aux côtés du compositeur Hans Zimmer. Entre hip-hop, slam et musique orchestrale, Raye offre une composition virtuose et puissante. Surtout, elle montre à quel point l’ensemble orchestral a toujours joué un rôle primordial dans sa carrière, après son passage du côté du Montreux Jazz Festival en 2024.

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“Allow me to set the scene”

This Music May Contain Hope marque également par la capacité de Raye à nous embarquer dans un univers défini. Bien qu’elle explore les genres, l’artiste née à Londres en 1997 donne à entendre la trajectoire sorore et féministe d’une jeune femme moderne, dans un album particulièrement parlé et cinématographique. En témoigne l’introduction, avec Girl Under The Grey Cloud, dans laquelle la chanteuse fait coexister poésie, slam et langage cinématographique. « Allow me to set the scene/Permettez-moi de planter le décor », nous indique Raye, ouvrant ainsi son album avec un récit aussi émouvant que percutant.

Car la force de l’album se retrouve à la fois dans la facilité de Raye à développer des images saisissantes, immédiatement perceptibles, tout en offrant à chaque morceau des surprises musicales. C’est le cas notamment sur le titre particulièrement libérateur I Know You’re Hurting, qui oscille entre un piano-voix et une explosivité désarmante. Si on pensait que le morceau viendrait marquer une pause, un moment suspendu et doux pour l’album, Raye va finalement à contresens et offre un titre puissant porté par ses incroyables vocalises.

Entre contraste et légèreté

Au fil de ses 17 pistes, Raye retrace sa propre histoire dans un album introspectif, sensible et pourtant universel. Tout en contant sa trajectoire, elle s’empare de sujets fédérateurs avec vitalité. Life Boat, sur lequel elle chante « I am not giving up/je n’abandonne pas », propose des sonorités dansantes, tout droit inspirées de la house et de la musique électronique. Des sons qui rappellent les débuts musicaux de Raye, puisque la chanteuse a travaillé en 2019 avec David Guetta sur le titre Stay (Don’t Go Away).

Si elle cultive le contraste entre paroles et thèmes, celui-ci se retrouve aussi à travers la construction de l’album. Une preuve supplémentaire ? Raye passe de Life Boat à I Hate The Way I Look Today, un morceau tout droit inspiré du jazz – une autre de ses racines musicales – et du scat. Un mélange amusant qui permet de vraiment s’investir dans l’album.

Le clip de Click Clack Symphony de Raye et Hans Zimmer.

Une légèreté bienvenue, que l’on retrouve également dans les paroles des chansons, que ce soit dans The WhatsApp Shakeapeare, Goodbye Henry aux côtés du fantastique Al Green ou encore dans Beware… The South London Lover Boy, un morceau tout droit sorti des cabarets qui flirte vaguement avec le Lady Marmelade (Voulez-vous coucher avec moi ce soir ?) de LaBelle.

Autant d’explorations des genres qui permettent à Raye de parler d’amour, de relations amoureuses, de rupture et de solitude. Pour évoquer tous ces sujets, la chanteuse déploie des vibrations musicales impressionnantes, comme dans le percutant Nightingale Lane.

Le clip de WHERE IS MY HUSBAND! de Raye.

Avec This Music May Contain Hope, Raye offre un album ambitieux explorant les diverses sources musicales qui ont marqué sa carrière. Un choix artistique qui en fait une chanteuse versatile dans le monde de la musique. R&B, soul, jazz, house, orchestre, country (sur le très beau Fields)… Ce nouvel album est une véritable consécration pour la performeuse britannique qui, entre langage cinématographique et musical, raconte des histoires puissantes, drôles, émouvantes et optimistes.

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Piste après piste, This Music May Contain Hope nous surprend. Le rythme de l’album ne faiblit jamais, Raye nous embarquant dans une œuvre lumineuse et audacieuse, à son image. « This Music May Contain Hope/Cette musique pourrait contenir de l’espoir », conclut la chanteuse sur une dernière chanson rappelant les plus belles comédies musicales. Mais, pour nous, plus que de l’espoir, cette musique est avant tout le reflet de l’immense talent de Raye.

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Article rédigé par
Lisa Muratore
Lisa Muratore
Journaliste
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