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Snapchat, TikTok et YouTube interrogés par les sénateurs américains

27 octobre 2021
Par Kesso Diallo
Pour les sénateurs, les réseaux sociaux n’ont pas toujours une bonne influence sur les jeunes.
Pour les sénateurs, les réseaux sociaux n’ont pas toujours une bonne influence sur les jeunes. ©Primakov/Shutterstock

Alors que les parlementaires américains estiment que ces trois plateformes nuisent à la santé mentale et physique des enfants et adolescents, comme Facebook, celles-ci ont tenté de prouver qu’elles étaient différentes de lui.

« Être différent de Facebook n’est pas une défense », a déclaré le sénateur Richard Blumenthal au cours de l’audience après avoir entendu les représentants de Snapchat, TikTok et YouTube. Les trois applications ont été auditionnées ce mardi 26 octobre à propos de leur influence sur les jeunes utilisateurs. Elles avaient, jusqu’ici, moins attiré l’attention des législateurs que Facebook, malgré leur popularité chez les enfants et adolescents. Accusées, comme ce dernier, de nuire à leur santé mentale et physique – en les surexposant aux vies apparemment idéales d’autres personnes, mais aussi à des images et publicités inappropriées –, elles ont tenté de se distinguer de lui.

« Snapchat a été construit comme un antidote aux réseaux sociaux », a ainsi indiqué Jennifer Stout, vice-présidente de la politique publique mondiale de Snap. L’application se différencie des autres en se concentrant sur les échanges entre des personnes se connaissant déjà dans la vie réelle. Son PDG Evan Spiegel a par ailleurs annoncé la semaine dernière travailler sur un contrôle parental afin de protéger les mineurs sur sa plateforme.

Des versions adaptées aux jeunes utilisateurs

De leur côté, YouTube et TikTok proposent des versions adaptées aux jeunes utilisateurs, avec des mesures spécifiques. Concernant le réseau social chinois, les enfants de moins de 13 ans ne peuvent pas poster de vidéos ou commenter celles postées par d’autres. TikTok associe également par défaut un compte privé aux utilisateurs de 13-16 ans. Ainsi, seules les personnes autorisées par le détenteur du compte sont en mesure de le consulter. Enfin, l’application a introduit de nouvelles mesures en termes de notifications push en août dernier. Lors de l’audience, Michael Beckerman, vice-président des politiques publiques de la société a déclaré que des contrôles supplémentaires seraient ajoutés pour permettre aux parents et aux enfants de mieux personnaliser leurs flux, sans donner plus de détails. Le représentant de TikTok a par ailleurs été interrogé sur les liens de l’application avec la société mère chinoise ByteDance et la façon dont elle gère les données des utilisateurs américains. Des questions qu’il a détournées en indiquant que Facebook et Instagram collectent plus de données que la plateforme chinoise. « Les contrôles d’accès à nos données sont effectués par nos équipes américaines », a-t-il ajouté.

YouTube propose quant à elle une version de son réseau social dédiée aux enfants : YouTubeKids, où les comptes sont configurés par les parents. Elle propose des sélections de contenu organisées, un filtrage des vidéos jugées inappropriées pour les enfants de moins de 13 ans et des fonctionnalités de contrôle parental (contrôle du temps passé à regarder des vidéos, etc.). YouTube a toutefois déjà été critiquée pour la présence de contenus inappropriés dans les suggestions ou les commentaires publiés par les internautes. Interrogée, Leslie Miller, une vice-présidente du service de Google, a expliqué que de nouveaux contrôles parentaux seraient introduits « dans les prochains mois », sans fournir plus de détails. Les sénateurs n’ont toutefois pas été impressionnés par ces promesses : « Vous n’avez pas fini de nous entendre », a prévenu Richard Blumenthal. Les élus sont en effet nombreux à vouloir protéger les mineurs en introduisant des lois.

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Kesso Diallo
Journaliste