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Séance de rattrapage : nos 10 pépites du mois de novembre

02 décembre 2023
Par La rédaction
Virginie Efira et Aliocha Schneider dans la série “Tout va bien”.
Virginie Efira et Aliocha Schneider dans la série “Tout va bien”. ©Disney+

Films, séries, BD, spectacles, mangas… Chaque mois, des centaines d’œuvres sont diffusées dans les salles obscures, sur les plateformes ou dans les librairies. Face à cette offre colossale, le choix est difficile. La rédaction de L’Éclaireur vous dévoile ses trouvailles du mois.

1 La série Tout va bien sur Disney+

Bouleversante, juste et drôle, Tout va bien est l’une des plus belles séries que nous avons pu voir cette année. Créée par Camille de Castelnau (Le Bureau des légendes) et incarnée par un trio féminin exceptionnel (Virginie Efira [Rien à perdre], Nicole Garcia [Le Cavaleur] et Sara Giraudeau [Le Bureau des légendes]), elle nous plonge au cœur d’une famille qui doit affronter la leucémie de Rose, 9 ans, en attente d’une greffe de moelle osseuse à l’hôpital Robert-Debré, à Paris. La maladie affecte le quotidien de chaque membre du clan, qui réagit d’une manière différente.

La mère se mure dans le déni, la tante dédie toute son énergie à la petite fille, la grand-mère se persuade que tout ira bien, et l’oncle fuit la situation à la moindre occasion. Sans jamais tomber dans le pathos, la série Disney+ offre un regard émouvant et réaliste sur la maladie infantile. On rit, on pleure et on ne peut s’empêcher de s’attacher à cette famille dysfonctionnelle qu’on ne connaît que trop bien.

2 Le comics Monica de Daniel Clowes

Après sept ans d’absence, le maître des comics est de retour. Ghost World, Patience, Eightball… Daniel Clowes nous a toujours livré des récits captivants et très personnels. Cependant, sa toute dernière BD surpasse les autres. Monica est un chef-d’œuvre absolu, dans lequel l’auteur partage des souvenirs intimes et familiaux à travers neuf histoires qui se répondent et s’entremêlent au fil du récit.

On y retrouve son humour légendaire, les thématiques de l’aliénation et de la solitude, une douce satire de la société américaine, mais aussi des clins d’œil à différents styles de comics, de l’horreur à l’illustration de guerre. Ses personnages, toujours aussi réalistes et complexes, nous plongent dans un univers fascinant, drôle et mélancolique. C’est le genre de BD qui nous reste en tête un long moment après avoir refermé la dernière page.

3 Le manga Les Âmes enflammées de Tsuru Ringo Star

Le manque de communication et les inégalités au sein d’un couple, les interrogations d’une lycéenne quant à la nécessité de tomber amoureuse, l’invisibilité des femmes dans la sphère professionnelle… Avec Les Âmes enflammées, Tsuru Ringo Star questionne la société japonaise contemporaine. Les huit histoires qu’il renferme nous plongent dans le quotidien de personnages aux problématiques différentes, mais reliés par un même phénomène : leur flamme est sur le point de s’éteindre.

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Se nourrissant « du feu du cœur des gens », l’être fantastique Homura va bousculer et accompagner ces protagonistes pour qu’ils osent (enfin) s’affirmer. À mi-chemin entre la critique sociale et le développement personnel, Les Âmes enflammées livre des récits touchants qui poussent le lecteur à s’interroger sur son propre quotidien. C’est un manga nécessaire, qui a su se démarquer des dizaines de nouveautés par sa fraîcheur, son trait précis et ses réflexions très contemporaines.

4 La série Ted Lasso sur Apple TV+

Autant l’avouer tout de suite : on était complètement (et consciemment) passé à côté de Ted Lasso. Une série qui se focalise sur une équipe de foot ? Très peu pour nous. Pourtant, les innombrables prix qui l’ont récompensée et les recommandations de nos sérievores préférés ont fini par nous convaincre.

C’est sans grande conviction qu’on a lancé le premier épisode, avant de tomber sous le charme dès la première minute. Le pitch du show tient en quelques lignes : souhaitant faire couler le club de son ex-mari, Rebecca Welton décide d’engager Ted Lasso, un entraîneur de football américain qui ne connaît rien à ce qu’il nomme le soccer.

La série suit l’évolution du coach, la dynamique avec les joueurs et son influence sur le reste du groupe. Incarnation même de la gentillesse et de la bienveillance, Ted est un personnage touchant et complexe, qui fait du bien à son entourage et aux spectateurs. Le show d’Apple TV+ est extrêmement bien écrit et parvient à traiter des sujets forts (l’homophobie dans le sport, le revenge porn…) avec beaucoup de subtilité.

C’est le genre de série doudou qui nous fait rire et nous redonne foi en l’humanité – rien que ça. C’est avec beaucoup de tristesse (et de larmes) qu’on a lancé le dernier épisode, chagriné à l’idée de quitter cette grande famille à laquelle on s’était attachée (sans connaître une seule règle de foot).

5 Le roman Un verre de rosé très clair très frais d’Aude Ermet

Nostalgique des vacances et des beaux jours ensoleillés, on s’est laissé tenter par la saga rafraîchissante d’Aude Ermet. Écrite comme un scénario de film en quatre volumes, elle nous entraîne dans des aventures rythmées par des rencontres inattendues, des pensées mélancoliques et des moments de joie intense. Toulouse, Paris, Londres, Taormine, Lavernose, Baqueira, Cannes, Cormeilles, Hendaye… Son terrain de jeu n’a pas de limite et l’autrice prend plaisir à nous entraîner dans des lieux et des histoires toujours plus surprenantes.

Interrogée par L’Opinion, elle a révélé que cette série de romans avait été écrite après un drame familial : « Ma mère a été foudroyée par un AVC. Cet accident a vraiment été un traumatisme. Alors, pour essayer de surmonter cela, je me suis mise à écrire. J’étais comme une petite fille qui voulait s’inventer une histoire légère, drôle, joyeuse, afin de faire face à une réalité extrêmement douloureuse. » Cette « volonté d’être heureuse » se ressent dans le destin croisé de ses quatre protagonistes, Toscane, Céline, Sylvie et Sébastien, à qui elle insuffle une énergie positive et puissante.

6 La pièce Panique en coulisses

Après avoir remporté 11 Tony Awards outre-Atlantique et réuni 14 millions de spectateurs à travers le monde, Panique en coulisses nous embarque, depuis le Théâtre des Variétés, dans les coulisses d’un spectacle alors qu’une troupe de comédiens s’apprête à jouer sa première. Cependant, entre les ratés des répétitions et les actes manqués des représentations, la pièce va se transformer en véritable champ de mines : les acteurs oublient leur texte, s’interrogent sur la profondeur de leur personnage et s’étripent, le tout face à un metteur en scène égocentrique et désemparé.

Bande-annonce de Panique en coulisses.

Le public assiste, amusé, à ce chamboulement alors que les protagonistes dégustent. Les spectateurs se retrouvent propulsés dans une véritable mise en abîme à mesure que les décors changent. On assiste successivement aux répétitions catastrophiques, à la première chaotique depuis les coulisses, puis à une représentation incohérente. Malgré cette désorganisation, les dialogues fusent, le rythme est dense et le rire s’empare rapidement du théâtre. Panique en coulisses est un chef-d’œuvre de comédie, mais avant tout de mise en scène. Cette dernière peut notamment compter, pendant 1h45, sur l’endurance des comédiens, leur ferveur et une maîtrise du texte impeccable.

7 L’exposition Mike Kelley, Ghost and Spirit à la Bourse du commerce

Jusqu’au 19 février 2024, la Bourse du commerce à Paris met en lumière le travail de Mike Kelley. Figure majeure du XXe et du XXIe siècle, l’artiste américain voit ses plus grandes œuvres exposées dans le cadre de la Collection Pinault. Ghost and Spirit est composée de différents corpus, tous reliés à l’univers unique de Mike Kelley. On retrouve ainsi les spectaculaires Kandors, des civilisations futuristes et miniatures, enfermées sous des cloches de verre colorées, des peluches XXL tricotées entre elles, ou encore ses séries de photographies prises à Détroit.

À travers toutes ces performances, on plonge dans l’univers esthétique et trash de Mike Kelley dans une exposition déroutante, mais visuellement bluffante. Par ailleurs, son univers underground contraste avec le cadre architectural classique et épuré de la Bourse de commerce. Le monument devient ainsi l’écrin d’une réflexion sur la mémoire collective, les rapports de genres ou encore les différences entre les classes sociales.

8 Le spectacle de Romain Brau

Après le succès du long-métrage Les Crevettes pailletées (2019), sa révélation, l’acteur Romain Brau a décidé de monter sur scène afin d’offrir un spectacle entre stand-up et musical. Accompagné par la pianiste Leslie Bourdin, l’artiste déballe ses fantasmes et ses obsessions entre mode, glamour, sexualité, famille et réseaux sociaux. Le comédien n’hésite pas non plus à se mettre à nu. Malgré un univers décalé, on sent toute l’émotion et la poésie qui se dégage de l’artiste.

Romain Brau se produit au Petit Palais des Glaces, à Paris, jusqu’au 30 décembre 2023. ©Gilles Marie

Romain Brau offre un spectacle rythmé et puissant dans lequel la parole est libérée. On ressort de ce seul en scène avec une furieuse envie de faire la fête mais aussi plusieurs mélodies pop entêtantes. Pour les retardataires, sachez que Romain Brau joue les prolongations jusqu’au 30 décembre 2023 au Petit Palais des glaces de Paris.

9 La série spin-off de The Boys, Gen-V

Les séries super-héroïques ont la cote, en ce moment, sur Amazon Prime Vidéo. Alors que les fans attendent avec impatience la suite de la saison 2 d’Invincible, le spin-off de The Boys a récemment pris fin sur la plateforme de streaming. Construit comme une minisérie, le show développé par Michele Fazekas et Tara Butters suit plusieurs élèves de la Godolkin University School of Crimefighting, tenue par Vought International. Au cours de leurs études, et après le décès de Golden Boy dans des circonstances suspectes, des étudiants vont faire une sordide découverte qui pourrait remettre en cause la réputation de l’université, mais aussi la dynamique entre les super-héros et les humains.

Gen-V s’inscrit complètement dans la continuité de The Boys. Non seulement la série apparaît capitale dans la compréhension de la prochaine saison du show original, mais elle reprend les codes imaginés par Eric Kripke : une violence graphique et exacerbée, un rythme soutenu par une intrigue haletante et un message politique qui offre un regard métaphorique – parfois parodique – sur l’état actuel de notre monde.

Enfin, en plus d’introduire de nouveaux personnages aux capacités fascinantes, et alors qu’ils sont confrontés aux problématiques du coming-of-age, Gen-V bénéficie d’apparitions surprenantes. On se rappelle notamment du caméo de Soldier Boy en tant qu’ami imaginaire, dans un rêve aussi hilarant que trash. Un instant mémorable dont seul l’univers de The Boys a le secret. Vivement la saison 4 !

10 La bande dessinée Un chant de Noël de Manuele Fior

C’est un classique qui revient régulièrement. Un chant de Noël, œuvre emblématique de Charles Dickens publié en 1843 a rapidement connu de nombreuses adaptations en longs-métrages, séries ou toute autre forme d’expression artistique. Cette année, une nouvelle itération en bande dessinée est proposée par les éditions Futuropolis. On y suit les péripéties de l’acariâtre, cupide et avare Ebenezer Scrooge en période de Noël, visité une nuit par trois esprits bien particuliers. Cette nouvelle version garde les éléments emblématiques du conte, tout en proposant une relecture visuelle de l’œuvre grâce au trait doux et accueillant de Manuele Fior.

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L’artiste italien s’est déjà prêté à l’exercice de l’illustration de classiques de la littérature chez Futuropolis, avec La Vie devant soi d’Émile Ajar et L’Ami retrouvé de Fred Uhlman. Avec Un chant de Noël, il fait face au délicat challenge d’illustrer une œuvre mainte fois adaptée, tout en ayant la possibilité de proposer une version très personnelle des personnages. Après tout, ce conte de Noël traditionnel joue avec la suggestion et l’imagination, et Manuele Fior n’en manque pas !

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