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Séance de rattrapage : nos 10 pépites du mois de septembre

30 septembre 2023
Par La rédaction
La série “Chère petite” est actuellement disponible sur Netflix.
La série “Chère petite” est actuellement disponible sur Netflix. ©Netflix

Films, séries, albums, spectacles, mangas, comics… Chaque mois, des centaines d’œuvres sont diffusées dans les salles obscures, sur les plateformes ou dans les librairies. Face à cette offre colossale, le choix est difficile. La rédaction de L’Éclaireur vous dévoile ses trouvailles du mois.

1 La série Chère petite sur Netflix

Autant l’avouer tout de suite : on n’y croyait pas du tout. Il faut dire qu’on a fait une overdose du combo Netflix + faits divers sordides, et il suffit de lire le synopsis pour comprendre que Chère petite ne sera pas la comédie de l’année : « Une mystérieuse femme retenue captive parvient à échapper à son terrible ravisseur et réveille une enquête non résolue sur une sinistre disparition, 13 ans plus tôt. » En lançant le premier épisode, on s’attendait à une production de true crime classique vue et revue. Spoiler alert : il n’en est rien.

La série, adaptée du roman éponyme, se révèle captivante et intrigante. Le récit est rythmé par de nombreux rebondissements qui nous interrogent tout au long des six épisodes (qu’on a bingé en une journée) et rebattent les cartes en permanence. Qui ment ? Qui nous manipule ? Peut-on réellement faire confiance aux personnages auxquels on s’attache au fil des épisodes ? Chère petite réussit à nous surprendre jusqu’à la toute dernière minute.

2 Le roman Méfiez-vous des anges, d’Olivier Bal

Journaliste et auteur spécialisé dans les polars, Olivier Bal a séduit les lecteur·rice·s et les critiques dès son premier roman en recevant trois prix pour Les Limbes. L’écrivain a travaillé sa plume au fil des années, et son sixième livre, Méfiez-vous des anges, fait partie de ces page-turners qui se dévorent en quelques heures. Certains dénouements peuvent s’anticiper rapidement, mais le plaisir de la lecture reste intact. L’écriture est rythmée et le style journalistique se ressent dans la construction de l’intrigue et la narration. Ici, on va à l’essentiel.

Le roman suit principalement le destin de deux personnages. Il y a Paul Green, un enquêteur « cabossé par la vie » qui a pour mission de retrouver des personnes disparues. L’une d’entre elles, une jeune femme recherchée par ses parents, pourrait se trouver dans « L’Enceinte », une communauté spirituelle en apparence parfaite. Prêt à tout, l’ancien journaliste va infiltrer leurs murs et y repérer des « rites étranges », des « lieux interdits » et un « gourou mystérieux ».

L’autre protagoniste, l’inspectrice Sarah Shelley, découvre le cadavre d’une fille entièrement tailladée et vidée de son sang, qui pourrait aussi être liée à ce cercle religieux. Entre manipulation et faux-semblants, Méfiez-vous des anges nous dévoile la face sombre de l’élite hollywoodienne.

3 Le manga Blue Giant Explorer de Shinichi Ishizuka

On plaide coupable : on était complètement passé à côté du phénomène Blue Giant. Pourtant, l’œuvre de Shinichi Ishizuka a réussi l’exploit de retranscrire la puissance du jazz dans un manga – et de faire découvrir ce genre musical parfois jugé inaccessible à des millions de lecteurs et de lectrices.

Avec ses dessins sublimes et ses airs de shōnen, le récit suit le quotidien de Dai Miyamoto, un lycéen qui découvre un peu par hasard le saxophone et décide de se lancer dans son apprentissage de manière autodidacte. Son objectif : devenir le meilleur musicien du monde.

©Glénat

Après avoir séduit les mélomanes du Japon et d’Europe dans les deux premières séries (Blue Giant et Supreme), le jeune homme décide de s’attaquer à la terre natale du jazz dans Blue Giant Explorer. On le suit dans son rêve américain, entre galères et excitation des premières représentations à Seattle. Beau, étonnant et captivant, ce manga réussit le pari de nous faire vibrer à travers des cases griffonnées.

4 Le manga After God de Sumi Eno

Dans After God, les dieux nous entraînent en enfer. Ce récit dystopique, imaginé par Sumi Eno, se déroule dans un Japon envahi par des créatures non identifiées. Ces dernières, surnommées « divinités » par la population, n’ont rien de bienveillant. En effet, elles pétrifient celles et ceux qui les regardent dans les yeux, transforment en eau les personnes qui respirent leur souffle, et entrent dans la tête des plus fragiles pour les manipuler et les pousser au suicide.

©Glénat

Sachiyuki Tokinaga est chercheur, et sa mission est d’analyser et combattre ces monstres. Durant l’une de ses aventures, il va faire la rencontre de Waka Kamikura, une adolescente qui souhaite se venger après le décès de sa meilleure amie qui s’est laissée séduire par les divinités avant de se donner la mort. Malgré son âge et son air innocent, la jeune femme cache en réalité de grands pouvoirs, semblables à ceux des divinités.

Le scientifique va devoir déterminer si elle représente une menace ou un avantage certain pour combattre les puissantes créatures. Derrière ses dessins violents et détaillés, After God aborde des thématiques comme le suicide, la dépression ou encore la dangerosité des réseaux sociaux, et nous offre aussi des respirations bienvenues avec des moments légers et drôles.

5 Le jeu de société Galèrapagos chez Gigamic

Galèrapagos a tout pour devenir un jeu addictif. Subtil mélange entre Les Loups Garous de Thiercelieux et Koh Lanta, il permet de révéler le vrai visage de chaque participant·e. La partie commence alors que notre bateau vient de s’échouer sur une île déserte.

Seuls survivant·e·s, les joueurs et joueuses vont devoir construire un radeau, trouver de la nourriture et récolter de l’eau pour éviter la mort. À chaque tour, les naufragé·e·s ont le choix entre quatre actions : chercher du bois, pêcher, trouver de l’eau ou fouiller la cale du bateau pour conserver des objets (à mettre de côté ou à offrir à la communauté).

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Dans Galèrapagos, les joueurs et joueuses peuvent gagner ensemble ou s’entretuer jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un·e. Ce jeu collaboratif promet des parties (très) mouvementées et des débats sans fin pour déterminer qui doit mourir pour le bien du groupe. De la survie, des trahisons et des alliances secrètes : tous les éléments sont réunis pour nous séduire (et briser des amitiés).

6 Le roman La Fille dans le brouillard de Donato Carrisi 

La rentrée littéraire a donné son coup d’envoi en août dernier, mais c’est un pilier de la littérature policière qui a tenu en haleine L’Éclaireur cet été. La fin de la saison estivale a été l’occasion de se plonger dans La Fille dans le brouillard (Calmann-Levy), thriller captivant tant par son histoire que sa façon inédite de raconter l’enlèvement d’Anna-Lou, puis l’enquête qui a suivi, menée par le controversé et célèbre commissaire Vogel. 

La Fille dans le brouillard a été adapté au cinéma avec Jean Reno. ©DeaPlaneta

Dans ce roman policier publié en 2016, Donato Carrisi arrive à jouer avec le suspense et à tenir lecteurs et lectrices en haleine. L’enchaînement des points de vue et l’amoncellement d’indices de chapitre en chapitre nous laissent complètement prendre part au récit et à l’enquête, sur fond de secte religieuse dans les montagnes enneigées françaises. Thriller glacial, porté par une plume directe et vive, La Fille dans le brouillard est un bijou de polar qui se dévore d’une traite et qui a été adapté sur grand écran par Donato Carrisi lui-même ! 

7 Le fim Enemy de Denis Villeneuve

Il faudra attendre le second volet de Dune plus longtemps que prévu. Alors, pour patienter jusque là, L’Éclaireur s’est plongé dans la filmographie de Denis Villeneuve et a comblé ses lacunes en regardant Enemy (2013). Porté par Jake Gyllenhaal, le long-métrage suit Adam, qui découvre un jour qu’il a un parfait sosie. Ceci va provoquer un trouble profond chez ce professeur d’université discret. Va s’en suivre un jeu de piste psychotique et paranoïaque – autant pour le personnage que pour les spectateur·rice·s –, dont Denis Villeneuve maîtrise parfaitement les codes.

Le réalisateur canadien offre un film prenant sur l’altérité sombre. Enemy tient en haleine autant par le doute constant qu’il provoque chez nous que par son twist final qui devrait en étonner plus d’un·e. Il faudra sûrement lire plusieurs explications après avoir vu ce long-métrage, mais soyez sûr·e·s que ces interprétations ne feront que renforcer la fascination que vous aurez pour ce film ainsi que pour sa parfaite exécution.

8 Le single Back on 74 de Jungle

Vous avez sûrement vu passer le clip de Jungle, Back on 74. Véritable pépite visuelle et musicale, le morceau du groupe britannique fondé à Londres en 2013 est un titre aux inspirations funk et soul. Tiré de leur dernier album, Volcano, sorti cette année, Back on 74 promet de vous faire danser au rythme des années 1970. La pop et le folk y sont très présents et l’on découvre dans le clip, tourné en plan séquence, une troupe de danseurs et de danseuses qui se dandinent frénétiquement (comme nous) sur le morceau, dans l’esprit du voguing et des ballrooms.

Back on 74 est une porte d’entrée sublime dans le quatrième album de Jungle, mais aussi dans leur univers collaboratif. Outre ce morceau, le groupe a également collaboré avec Channel Tres sur I’ve Been in Love, avec Erick the Architect pour Candle Flame, avec Roots Manuva sur You Ain’t No Celebrity, ou encore avec Mood Talk pour Don’t Play. Autant de titres dans lesquels se plonger cet automne.

Clip de Back on 74 de Jungle.

9 La BD Storyville de Lauriane Chapeau et Loïc Verdier

La bande dessinée Storyville a déboulé dans les librairies cette semaine. Publiée aux éditions Glénat, elle prend pour toile de fond la maison close d’un quartier de La Nouvelle-Orléans, en 1917. À sa tête, l’imposante Madame Lala tient les rênes de ce que Santa – notre héroïne – pense être l’antre du plaisir. Encore vierge et intriguée par ce qu’il se passe à l’intérieur, Santa va être amenée à pousser les portes du bordel pour le drame de la vie. Mais en son cœur, la jeune femme va découvrir l’envers du décor : cet endroit qu’elle imaginait voluptueux n’est en fait qu’une désillusion. C’est la raison pour laquelle Santa décide d’y créer la première école du savoir-jouir, qui va révolutionner les pratiques et ouvrir la voie à l’émancipation sexuelle des femmes.

Avec cette BD, Lauriane Chapeau offre une création érotique et féministe, sublimée par le coup de crayon de Loïc Verdier. Santa est une héroïne atypique, capable de casser les codes et les dynamiques classiques de la guerre des sexes. Hormis ses thématiques et ses personnages passionnants, Storyville permet de plonger dans l’atmosphère colorée et sensuelle de La Nouvelle-Orléans. Passionnant !

10 Le film Elle de Paul Verhoeven

Michèle mène sa vie d’une main de fer. À la tête d’une grande entreprise de jeux vidéo, elle gère aussi bien ses affaires que sa vie sentimentale. Mais tout bascule lorsqu’elle est attaquée chez elle par un mystérieux inconnu. Victime de viol, mais inébranlable, Michèle va alors traquer son agresseur. S’ensuit un jeu de chat et de la souris aussi érotique que dérangeant dont seul Paul Verhoeven a le secret.

Bande-annonce de Elle avec Isabelle Huppert.

L’exécution de son film est passionnante. Difficile de comprendre les agissements et les obsessions de Michèle – incarnée par la brillante Isabelle Huppert, récompensée en 2017 du Golden Globes de la Meilleure Actrice – et pourtant on est tout de suite happé par son passé troublant, sa force comme sa fragilité. Paul Verhoeven offre par ailleurs une galerie de personnages captivants dans ce thriller qui prend pour toile de fond le déni des victimes d’agressions sexuelles, et qui interroge le comportement de la police dans ce genre d’affaires. Elle est actuellement disponible sur Netflix.

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