Roborock abandonne ses patins rotatifs sur le Qrevo Curv 2 Flow, son premier robot à rouleau serpillière dévoilé au CES 2026. Nous l’avons passé au crible pendant plusieurs semaines.
En résumé
Pour une première tentative de rouleau serpillière, Roborock signe une copie sérieuse. Le SpiraFlow lave mieux que les patins rotatifs maison sur les salissures du quotidien, la navigation reste parmi ce qui se fait de mieux, et la station automatise presque tout l’entretien. Cependant, les compromis sont réels. Le LiDAR fixe condamne le dessous des meubles bas, l’absence de mode lavage seul et de distributeur de détergent bride un robot pensé pour laver, et les taches séchées lui résistent encore. À l’heure du choix, le bilan reste néanmoins positif, d’autant que Roborock s’est positionné de manière assez agressive sur le plan tarifaire.
- Le rouleau SpiraFlow, redoutable sur les taches fraîches
- La station complète avec lavage du rouleau à 75 °C
- Le comportement exemplaire face aux obstacles et aux animaux
- Le fonctionnement discret, mesuré à 35 dB(A) en mode normal
- Le LiDAR non rétractable qui porte la hauteur à 11,9 cm
- L'absence de mode lavage seul et de distributeur de détergent
- Les taches séchées qui laissent des auréoles persistantes
- La soufflerie de séchage bruyante pendant au moins trois heures
Introduction
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Pendant des années, Roborock est resté fidèle à ses doubles patins rotatifs pour ses aspirateurs robots quand une partie de la concurrence basculait vers le rouleau serpillière, ce cylindre lavé et essoré en continu qui promet un nettoyage plus proche de la vraie serpillière. Le constructeur a toutefois fini par céder. Présenté au CES 2026 de Las Vegas début janvier, le Qrevo Curv 2 Flow inaugure en effet le rouleau SpiraFlow, une pièce de 27 cm de large qui tourne à 220 tr/min en pressant le sol avec une force de 15 N, soit plus du double des quelque 6 N du système à patins du premier Qrevo Curv. Le reste de la fiche technique comporte une aspiration de 20 000 Pa, une navigation LiDAR épaulée par une caméra RVB et une IA de reconnaissance d’obstacles, ainsi qu’une station multifonction qui lave le rouleau à 75 °C avant de le sécher à l’air tempéré.
Design et station d’accueil
Le Qrevo Curv 2 Flow reprend la silhouette incurvée caractéristique de la gamme, avec un châssis de 353×353 mm pour 5,3 kg sur la balance. Dommage que Roborock ait fait l’impasse sur le LiDAR rétractable de ses modèles les plus récents. Le dôme de navigation, particulièrement imposant, porte la hauteur totale à 11,9 cm, là où un Qrevo Curv 2 Pro se glisse sous les meubles avec ses 7,98 cm. Concrètement, canapés bas et buffets sur pieds courts resteront hors de portée, ce qui constitue un recul difficile à justifier en 2026 sur ce segment tarifaire.

Sous le capot, on retrouve la brosse principale DuoDivide, composée de deux rouleaux à lamelles en spirale qui dirigent les cheveux vers le centre pour éviter les enchevêtrements. Le système fonctionne très bien, ce qui est une vraie bénédiction pour les foyers à cheveux longs ou à animaux. Deux brossettes latérales complètent l’attelage, sans toutefois qu’elles profitent de la technologie FlexiArm pour s’étendre vers les plinthes. De son côté, le rouleau serpillière sait en revanche déborder de quelques centimètres du flanc droit du robot pour lécher les murs et les pieds de meubles au plus près, à environ un centimètre selon le constructeur.
La station, un cube de 45 cm de côté, concentre l’essentiel de la maintenance. Elle abrite un sac à poussière de 2,5 L, un bac d’eau propre de 4 L et un bac d’eau sale de 3 L, de quoi espacer sérieusement les interventions.


Notez toutefois une absence étonnante, celle d’un distributeur de détergent. Il faudra de fait verser le produit manuellement dans le bac d’eau propre, ou se contenter d’un lavage à l’eau claire. Un choix qui ne manque pas de laisser perplexe sur un robot à ce prix.


Navigation et intelligence
Sur ce terrain, difficile de prendre Roborock en défaut. Le LiDAR PreciSense cartographie vite et juste, et la caméra RVB associée à l’IA Reactive reconnaît plus de 200 types d’objets. Câbles, chaussures et jouets ont été systématiquement contournés durant notre test, sans les hésitations de certains concurrents.

La gestion des animaux domestiques mérite aussi une mention. Le robot identifie sans difficulté vos compagnons et les contourne en abaissant son régime moteur, tout en rétractant ses brossettes latérales pour ne pas les effrayer. Une attention qui peut prêter à sourire, mais qui évite les scènes de panique, notamment félines, familières aux propriétaires de robots aspirateurs.
Côté domotique, le Qrevo Curv 2 Flow coche à peu près toutes les cases. Le support du protocole Matter assure la compatibilité avec Apple HomeKit, Google Home et Amazon Alexa, tandis que l’assistant vocal intégré « Hello Rocky » permet de lancer un nettoyage sans sortir son téléphone. Le robot franchit par ailleurs des seuils jusqu’à 4 cm, de quoi passer la plupart des barres de porte sans broncher.

Les performances d’aspiration
Avec 20 000 Pa annoncés, le Curv 2 Flow progresse par rapport aux 18 500 Pa de l’original Qrevo Curv de 2024, tout en restant en retrait des 25 000 Pa du Qrevo Curv 2 Pro.
Dans la pratique, la puissance se règle sur quatre niveaux et le robot avale sans forcer poussières, miettes et litière sur sols durs. Sur tapis, l’aspiration reste convaincante à condition de monter en régime. Un autre point appréciable est la discrétion sonore, avec un volume qui reste très raisonnable même quand l’appareil est à pleine puissance.

Les performances de lavage
C’est évidemment la nouveauté qui justifie l’existence de ce modèle. Et en matière de lavage, le SpiraFlow ne démérite pas. Le rouleau est rincé en continu par huit buses pendant qu’un racloir évacue l’eau sale vers un bac amovible logé à l’arrière du robot, ce qui garantit de laver en permanence avec une surface propre plutôt que d’étaler la saleté. L’humidité se dose sur pas moins de 30 niveaux dans l’application.

Sur taches fraîches, le résultat impressionne. Café renversé, soda, lait, tout disparaît en un passage, avec cette sensation de sol réellement lavé que les patins rotatifs peinent à offrir. C’est en revanche une autre paire de manches pour les taches séchées. Le ketchup séché n’a quasiment pas bougé, et le café séché laisse des auréoles persistantes même après un passage croisé. Vous l’aurez compris, le SpiraFlow excelle dans l’entretien quotidien, mais ne remplacera pas un coup de serpillière manuel sur les salissures incrustées. Une remarque qui vaut pour la grande majorité des robots laveurs.

Sur tapis, le rouleau se relève de 15 mm et un volet protecteur, le Roller Shield, se déploie devant les franges humides pour éviter de mouiller les fibres. Le dispositif s’est montré fiable durant notre test, aucun tapis n’ayant été détrempé au passage. Reste une décision déroutante, l’absence pure et simple de mode lavage seul. Les modes disponibles se limitent à « Aspirer », « Aspirer puis laver », « Aspirer et laver simultanément » et « AI SmartPlan ». Impossible donc de repasser un coup de propre sur un sol déjà aspiré sans relancer toute la mécanique.

Autonomie et entretien
Roborock annonce environ 300 m² et 240 minutes d’autonomie sur la batterie de 5 200 mAh. En usage réel, avec aspiration et lavage combinés, comptez plutôt une bonne centaine de mètres carrés par charge. C’est suffisant pour la plupart des appartements et maisons de plain-pied, et le robot retourne de lui-même se recharger avant de reprendre sa mission. La recharge complète réclame environ trois heures.

L’entretien du rouleau est presque entièrement délégué à la station, qui le lave à l’eau chauffée à 75 °C avant de le sécher à 55 °C. Le lavage à haute température limite efficacement les odeurs de serpillière humide, un fléau bien connu des possesseurs de robots laveurs.
En revanche, la phase de séchage s’étire sur au moins trois heures et la soufflerie se fait entendre. Autant vous dire que la station a plus sa place dans une buanderie ou une entrée que dans un salon ouvert où l’on regarde la télévision en soirée.
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Conclusion
Pour une première tentative de rouleau serpillière, Roborock signe une copie sérieuse. Le SpiraFlow lave mieux que les patins rotatifs maison sur les salissures du quotidien, la navigation reste parmi ce qui se fait de mieux, et la station automatise presque tout l’entretien. Cependant, les compromis sont réels. Le LiDAR fixe condamne le dessous des meubles bas, l’absence de mode lavage seul et de distributeur de détergent bride un robot pensé pour laver, et les taches séchées lui résistent encore. À l’heure du choix, le bilan reste néanmoins positif, d’autant que Roborock s’est positionné de manière assez agressive sur le plan tarifaire.