Moins d’un an après un premier Flow qui avait imposé sa serpillière à rouleau, Narwal récidive avec un Flow 2 plus puissant. Nous l’avons testé plusieurs semaines pour savoir si une précipitation à le sortir se justifie.
En résumé
Avec le Flow 2, Narwal démontre avec brio que le rouleau lavant a définitivement sa place dans le haut du panier. Le tout sans bouleverser une formule qui marchait déjà. Le constructeur a musclé l’aspiration de 22 000 à 31 000 Pa, fait passer l’eau chaude de 45 à 60 °C et surtout doté son robot d’une intelligence de bord bien plus mature, capable d’éviter les obstacles avec une belle fiabilité. Le tout en adaptant son nettoyage pièce par pièce. On apprécie aussi la station qui prend en charge la quasi-totalité des corvées grâce à son lavage à 100 °C et son séchage irréprochable. Toutefois, le tableau n’est pas parfait pour autant. Il faudra en effet composer avec une brosse latérale qui boude les coins, un rouleau unique vite débordé sur les tapis épais, une consommation d’eau relativement gourmande, une charge lente et une application aussi riche que brouillonne. Néanmoins, malgré ces points perfectibles, le Flow 2 s’impose comme l’une des valeurs les plus sûres du moment. Le premier Flow reste certes pertinent, mais son (rapide) successeur fait mieux sur tous les points.
- L’aspiration en hausse, de 22 000 à 31 000 Pa
- Le lavage au rouleau redoutable, surtout sur les liquides et les taches fraîches
- La navigation et la détection d’obstacles parmi les meilleures du segment
- La station autonome et le profil bas sans dôme LiDAR
- L’intelligence embarquée NarMind Pro 2.0 vraiment plus mûre
- La brosse latérale ni extensible ni relevable, qui atteint mal les coins
- Le rouleau-brosse simple, en retrait sur les tapis épais
- La consommation d’eau élevée et la charge complète un peu lente
- L’application complète mais touffue, à la localisation française négligée
- Les taches sèches et anciennes qui lui résistent encore
Introduction
Le marché des aspirateurs robots laveurs avance par à-coups et le dernier en date concerne incontestablement la serpillière. Pendant des années, les modèles haut de gamme se sont disputés à coups de patins rotatifs, ces deux disques qui tournent sous le robot et finissent parfois par étaler la saleté autant qu’ils la retirent. Puis quelques marques ont bousculé cette habitude avec des rouleaux lavants, plus proches d’une serpillière en continu que d’un balai à franges. Narwal a été l’un des premiers à y croire sérieusement avec son Flow, sorti en 2025.
Ce premier modèle nous avait convaincus, au point qu’on ne s’attendait pas à lui voir un successeur aussi rapidement. C’est pourtant ce qui est arrivé. Voici le Flow 2, qui reprend le rouleau de son aîné en promettant davantage de puissance, une station repensée et une intelligence embarquée plus mûre. Nous l’avons fait tourner plusieurs semaines dans des conditions réelles, histoire de juger de la pertinence d’un renouvellement aussi pressé.
Un successeur qui arrive très (trop ?) tôt
Reprenons depuis le début. Le premier Flow s’était distingué par sa serpillière à rouleau, baptisée Track Mop, qui se nettoie en continu pendant le passage au lieu de promener l’eau sale d’une pièce à l’autre. L’idée avait fait ses preuves et nous imaginions Narwal la laisser vivre une saison ou deux avant d’y revenir. Le constructeur en a décidé autrement. Interrogés au CES 2026 de Las Vegas, ses responsables expliquent vouloir aligner les dates de sortie entre la Chine et le reste du monde, quitte à resserrer sérieusement le calendrier. Le Flow 1 étant arrivé en septembre 2025, son successeur débarque donc avec une précipitation qu’on voit rarement dans ce secteur.
Reste à savoir à qui s’adresse ce Flow 2. La réponse tient en quelques mots. Il vise les foyers qui veulent déléguer le nettoyage quotidien des sols, en particulier les logements avec enfants, animaux, cuisine ouverte ou grandes surfaces de carrelage et de parquet. Ce n’est pas une machine pensée pour être compacte ou se faire oublier. Elle est conçue pour être complète, et son tarif la place clairement dans le haut du panier. Notez tout de même qu’il reste relativement raisonnable au regard de ce que réclament certains concurrents directs à prestations comparables.
Une station qui ne passe plus inaperçue
Narwal a fait preuve d’un certain culot sur le design du Flow 2. Sans le logo, on jurerait que la première et la deuxième génération n’ont aucun lien de parenté. Le robot, lui, reste assez fidèle aux lignes du Flow premier du nom, à ceci près qu’il troque la robe blanche pour un noir mat plus chic à nos yeux. Ce choix a sa contrepartie, les coloris sombres trahissant un peu plus vite la poussière et les microrayures. À 9,5 cm de haut, l’appareil se passe toujours de tour LiDAR, le télémètre laser et les caméras étant logés dans le châssis. Il en résulte un profil assez bas pour se glisser sous la majorité des meubles, là où bien des concurrents calent à l’entrée.

C’est surtout la station qui a changé de visage. Exit les formes arrondies très reconnaissables des anciennes bases, place à un bloc plus anguleux, plus vertical, habillé d’une façade qui mêle aluminium brossé et verre dépoli. Une bande LED baptisée Cyber Glow court dans la partie basse et communique l’état du robot par des variations de couleur, en charge, en lavage ou en séchage. C’est élégant et l’ensemble s’intègre bien dans un salon. On accède directement aux réservoirs d’eau sur le dessus, généreux avec cinq litres d’eau propre et 4,7 litres d’eau sale.

Le sac à poussière et la cartouche de détergent se logent quant à eux sous les réservoirs, un emplacement un peu moins commode puisqu’il faut retirer les bacs pour changer le sac. En contrepartie, cette disposition se montre nettement plus à l’abri des mains d’enfants que la trappe frontale du Flow 1. Bonne idée également, la planche de lavage reste amovible. L’entretien de la base s’en trouve grandement facilité.

Ceux qui veulent pousser l’automatisation plus loin trouveront leur bonheur du côté de la version compacte. Celle-ci se débarrasse des réservoirs amovibles pour se brancher directement sur l’arrivée et l’évacuation d’eau, sous un évier ou dans une buanderie par exemple. La station gagne en discrétion et fait oublier pour de bon les corvées de remplissage et de vidange, à condition de disposer de la plomberie nécessaire.

Le rouleau monte en puissance
C’est sous le robot que tout se joue. Le Flow 2 conserve le large rouleau serpillière de son prédécesseur, qui se nettoie en continu pendant qu’il lave. Le constructeur a en revanche musclé l’aspiration, avec 31 000 Pa annoncés contre 22 000 Pa sur le premier Flow. La différence ne tient pas qu’au chiffre. Sur sols durs, l’appareil ne fait qu’une bouchée des miettes, des poussières et des poils fins, avalés dès le premier passage. La brosse principale hybride déloge la saleté nichée dans les joints, pendant que le robot ajuste seul sa puissance dès qu’il détecte un tapis ou une zone plus sale. Il arrive qu’une miette parte sur le côté quand l’aspiration grimpe trop, mais le Flow 2 la rattrape généralement durant son passage.

Le lavage reste sa plus belle carte. Là où le Flow 1 chauffait l’eau à 45 °C, le 2 grimpe à 60 °C, avec une chauffe instantanée juste avant l’injection sur le rouleau. Inutile donc de réchauffer les cinq litres du bac, l’eau arrive chaude au contact du sol. Couplée aux 12 newtons de pression et au détergent ajouté automatiquement par la station, cette eau chaude vient à bout des taches collantes du quotidien en un seul passage. Le comportement face aux liquides nous a particulièrement plu. Plutôt que de tout étaler comme le ferait un patin classique, le robot stoppe l’aspiration, pompe le surplus, puis repart laver son rouleau avant de poursuivre. La serpillière se déporte aussi sur le côté pour longer les meubles et les plinthes, à quelques millimètres du mur. Seules les taches vraiment sèches et anciennes lui résistent encore, et il faudra alors repasser à la main.

Tout n’est pas parfait pour autant. La brosse latérale n’est ni extensible ni relevable, et son déploiement par simple force centrifuge atteint mal les coins. Les bras déportés façon FlexiArm de Roborock, vus sur le Saros 20, gardent ici l’avantage. Le rouleau-brosse simple, lui, montre ses limites sur les tapis épais, où il peine à atteindre le fond des fibres comme le feraient les derniers Roborock et Dreame. Son relèvement de 12 mm reste un peu juste, au point qu’il peut humidifier les poils des moquettes les plus hautes. Dernier bémol et non des moindres, la consommation d’eau est élevée. Le rouleau a besoin d’une irrigation constante pour rester propre et efficace, là où des patins rotatifs se montrent plus sobres. Sur une grande surface, attendez-vous à ravitailler le bac plus souvent que vous ne le voudriez.

La vraie évolution est dans le cerveau
Si le Flow 2 ne révolutionne pas la mécanique, c’est dans sa tête qu’il prend de l’épaisseur. Le robot embarque une double caméra RGB 1080p couvrant 136°, épaulée par un télémètre laser, des capteurs infrarouges et une puce dédiée à la reconnaissance d’objets. L’ensemble, baptisé NarMind Pro 2.0, s’appuie sur un modèle de vision pour interpréter la scène en temps réel, un peu à la manière d’un œil humain. Dans les faits, la détection d’obstacles fait partie de ce que nous avons vu de plus fiable sur ce segment. Fils électriques près de la table basse, petits jouets, pieds de chaises, chaussures, le robot évite tout cela avec une précision qui force le respect. Il ne tourne jamais en rond et ne reste pas coincé au beau milieu d’un cycle, ce qui vous dispense des sauvetages habituels.

Le mode Freo pousse la logique plus loin. Le robot identifie les zones sales et adapte sa stratégie pièce par pièce, lavant la cuisine à grande eau quand il expédie un salon peu sollicité. Au fil des passages, il apprend quels endroits se salissent le plus. Cette capacité d’analyse est suffisamment convaincante pour qu’on finisse par lui laisser la main et oublier les commandes manuelles, qui restent disponibles, mais accessoires.

La reconnaissance d’objets annonce jusqu’à 300 types reconnus, complétés au fil des mises à jour. Elle n’est pas infaillible. Il nous est arrivé de voir une gamelle prise pour un portefeuille, ou la lanière d’un sac confondue avec un smartphone, sans que cela gêne réellement à l’usage. Notez que le traitement des images se fait localement, avec une certification TÜV, l’envoi vers les serveurs de la marque restant optionnel et désactivable pour qui tient à sa vie privée.

L’absence de dôme LiDAR ne pénalise pas la navigation, au contraire. La cartographie initiale se boucle en quelques minutes et la carte ressort propre et détaillée. Seuls les espaces ouverts et les pièces un peu atypiques, une buanderie ou des WC excentrés par exemple, échappent parfois au premier découpage et demandent un ajustement manuel depuis l’application. Le franchissement d’obstacles, lui, le situe dans la bonne moyenne, gérant sans broncher les barres de seuil et les jonctions carrelage-parquet, sans aller chercher les châssis surélevés des segments les plus extrêmes. Pour la finesse pure, un Roborock Saros 20 conserve une silhouette encore plus profilée, et seul un DJI Romo P fait à nos yeux un peu mieux sur la détection. Le Flow 2 surclasse en revanche un Dreame Aqua 10 Roller sur ce terrain. Il intègre enfin deux modes dédiés, l’un pour soigner les abords du panier ou de la gamelle d’un animal, l’autre pour passer en silence à l’approche d’un berceau.
Une application fournie, mais brouillonne, un entretien bien pensé
L’application Narwal Freo tient un rôle central. C’est par elle qu’on lance les cycles, qu’on personnalise les pièces, qu’on gère les tapis, qu’on définit des zones interdites ou qu’on programme les passages. Elle est complète, peut-être même trop. Les réglages sont nombreux et parfois éparpillés dans des sous-menus dont on ressort un peu perdu.


Plus gênant à ce niveau de gamme, la localisation française laisse à désirer, avec des tournures bancales ou carrément fautives qui jurent avec le standing du produit. L’assistant vocal Hey Narwal, lui, ne fonctionne pour l’instant qu’en anglais, et évoluera sans doute avec les futures mises à jour. On apprécie en revanche l’accès au flux vidéo en direct pour garder un œil sur son intérieur à distance.


Côté entretien, Narwal a visiblement retenu la leçon. Le gros du travail est assuré par la station, lavant le rouleau à l’eau chaude jusqu’à 100 °C avant de le sécher à l’air chaud, sans odeur ni résidu. Le zéro maintenance n’existe pas encore pour autant. Le plateau de lavage et la zone du grattoir accumulent la saleté au fil des cycles, mais le bloc se démonte en quelques secondes et un passage sous le robinet suffit à lui rendre son éclat. Le mécanisme du rouleau serpillière est plus délicat à extraire.

Un mot enfin sur l’autonomie. Narwal revendique jusqu’à 289 m² couverts sur une charge. À l’usage, le Flow 2 vient à bout d’une maison ou d’un appartement de 130 m² sans difficulté, pour un peu moins de trois heures de travail. On regrette simplement l’absence de charge rapide, le plein de batterie réclamant près de quatre heures. C’est un peu long aujourd’hui. La reprise automatique en cas d’interruption est bien présente.

Conclusion
Avec le Flow 2, Narwal démontre avec brio que le rouleau lavant a définitivement sa place dans le haut du panier. Le tout sans bouleverser une formule qui marchait déjà. Le constructeur a musclé l’aspiration de 22 000 à 31 000 Pa, fait passer l’eau chaude de 45 à 60 °C et surtout doté son robot d’une intelligence de bord bien plus mature, capable d’éviter les obstacles avec une belle fiabilité. Le tout en adaptant son nettoyage pièce par pièce. On apprécie aussi la station qui prend en charge la quasi-totalité des corvées grâce à son lavage à 100 °C et son séchage irréprochable. Toutefois, le tableau n’est pas parfait pour autant. Il faudra en effet composer avec une brosse latérale qui boude les coins, un rouleau unique vite débordé sur les tapis épais, une consommation d’eau relativement gourmande, une charge lente et une application aussi riche que brouillonne. Néanmoins, malgré ces points perfectibles, le Flow 2 s’impose comme l’une des valeurs les plus sûres du moment. Le premier Flow reste certes pertinent, mais son (rapide) successeur fait mieux sur tous les points.