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Test de la Huawei MatePad Pro Max : une tablette XXL aussi fine qu’ambitieuse

29 août 2026

Par Sofian Nouira

Illustration
©Huawei

Huawei dégaine la tablette grand format la plus fine du monde et vise frontalement l’iPad Pro 13 pouces et la Galaxy Tab S11 Ultra de Samsung. Mais avec système d’exploitation HarmonyOS connu pour ne pas donner sa pleine mesure en Europe, le pari peut sembler risquer. Nous avons passé plusieurs semaines en compagnie de la MatePad Pro Max pour évaluer son comportement.

En résumé

Au final, le MatePad Pro Max est une tablette à double visage. Le matériel est difficile à prendre en défaut, avec son châssis très fin, son poids plume au regard du format, un écran OLED 144 Hz de haute volée, une autonomie très correcte et une recharge expédiée en moins d’une heure. Le logiciel, lui, impose potentiellement des compromis, que chacun devra évaluer en fonction de ses propres usages. Si vous utilisez une tablette simplement comme un grand smartphone, en recourant surtout aux applications et jeux, la MatePad Pro Max n’est sans doute pas le produit qu’il vous faut, entre services Google absents, applications majeures manquantes et contournements à base de GBox. En revanche, si vous cherchez avant tout une grande tablette pour la prise de notes, le dessin, la bureautique et que vos usages tournent beaucoup autour du navigateur web, la MatePad Pro Max offre alors un rapport équipement-prix assez redoutable.

Les plus et les moins
  • La finesse et la légèreté sans équivalent sur ce format
  • L'écran OLED 144 Hz, très défini et très contrasté
  • L'autonomie vidéo au-delà de 14 heures et le chargeur 100 W fourni
  • Le stylet M-Pencil Pro offert et la garantie de trois ans en France
  • L'absence des services Google et de nombreuses applications incontournables
  • Le clavier uniquement en QWERTY et dépourvu de rétroéclairage
  • L'absence de certification IP, de prise casque et de 5G
  • Les performances 3D en retrait pour le jeu exigeant

Introduction

Huawei continue de tracer sa route en dehors de l’écosystème Android classique, et le MatePad Pro Max est sans doute sa démonstration de force la plus aboutie sur le segment des grandes tablettes. Cette ardoise de plus de 13 pouces s’attaque directement à l’iPad Pro 13 pouces d’Apple et au Galaxy Tab S11 Ultra de Samsung, avec un argument massue, celui de la finesse. Le constructeur chinois revendique tout simplement la tablette de ce format la plus fine du monde.

Sur le papier, la fiche technique ne manque pas d’arguments. Un châssis de 4,7 mm d’épaisseur pour 499 g, un écran OLED de 13,2 pouces à 144 Hz, une puce Kirin T93 Pro épaulée par 12 Go de mémoire vive, 256 ou 512 Go de stockage, une batterie de 9 760 mAh en version européenne et un chargeur 100 W fourni dans la boîte. Le tout sous HarmonyOS 4.3, avec tout ce que cela implique. Signalons enfin que la connectivité est à jour, avec du Wifi 7 et du Bluetooth 6.0.

Au moment de son lancement en France, le MatePad Pro Max est proposé au prix public conseillé de 999 € en version 12/256 Go livrée avec son étui, et de 1 200 € pour la déclinaison 512 Go accompagnée du clavier Glide Keyboard.

Design et ergonomie

C’est évidemment par là qu’il faut commencer. Avec ses 289,3×196,3×4,7 mm, le MatePad Pro Max établit une référence en matière de finesse sur les tablettes de 13 pouces et plus, du moins selon les dires de Huawei. La balance affiche 499 g pour le modèle standard et 509 g pour l’édition PaperMatte. À titre de comparaison, l’iPad Pro 13 pouces pèse 579 g et le Galaxy Tab S11 Ultra grimpe à 692 g. L’écart se sent immédiatement en main, surtout sur un appareil de cette diagonale qu’on tient souvent à bout de bras.

Une telle finesse pose forcément la question de la solidité. Huawei y répond avec une architecture interne baptisée Cloud Falcon, censée répartir les composants pour équilibrer poids et rigidité, et met en avant une certification TÜV Rheinland de résistance à la flexion pour les appareils ultrafins, une première pour une tablette. Le constructeur annonce au passage une rigidité structurelle en hausse de 60 % par rapport au modèle précédent, un chiffre invérifiable en l’état, mais qui traduit au moins une attention portée au sujet.

La caméra frontale prend place au centre du bord en orientation paysage, sans encoche ni poinçon, un choix logique pour un appareil pensé avant tout pour la visio et la bureautique. Deux coloris sont proposés, bleu et gris sidéral. Dommage, en revanche, que Huawei fasse l’impasse sur toute certification IP contre l’eau et la poussière, sur la prise casque et sur le lecteur microSD. Il faudra se contenter d’un unique port USB-C 3.1 et choisir sa capacité de stockage une fois pour toutes à l’achat.

Huawei soigne l’écosystème. Le stylet M-Pencil Pro gère 10 000 niveaux de sensibilité à la pression, communique grâce à la technologie NearLink et embarque un moteur de vibration pour le retour haptique, ainsi qu’un bouton cliquable pour lancer une application. Vendu 130 € séparément, il est offert lors de l’achat en France, une attention appréciable. Le clavier Glide Keyboard offre pour sa part un débattement de touches de 1,8 mm, correct pour de la frappe prolongée.

Deux réserves toutefois. Le clavier n’est pas rétroéclairé et surtout il n’est fourni qu’en disposition QWERTY. Pour un produit commercialisé en France, c’est un frein sérieux pour quiconque compte en faire une machine de travail. Il reste bien sûr possible de configurer le clavier en français depuis les paramètres, puis de coller des petits autocollants pour retrouver l’agencement français. Mais il s’agit tout au plus d’un bricolage, certes efficace. On retiendra en contrepartie que Huawei ajoute en France une extension de garantie de 12 mois, portant la couverture totale à trois ans.

Un écran OLED qui en impose

La dalle est l’autre gros morceau de cette fiche technique. Le MatePad Pro Max embarque un écran OLED flexible de 13,2 pouces (33,5 cm de diagonale) affichant une définition de 3000×2000 pixels, soit une densité de 273 ppi. C’est mieux que ce que proposent l’iPad Pro 13 pouces et le Galaxy Tab S11 Ultra sur ces deux critères.

Le rafraîchissement grimpe pour sa part à 144 Hz et la luminosité atteint 1600 nits en pic, de quoi rester lisible en environnement lumineux. Les contrastes ne sont évidemment pas en reste, avec notamment des noirs parfaits, OLED oblige.

Nous testons ici la déclinaison de la tablette en version PaperMatte. Cette technologie promet de réduire les reflets et l’éblouissement, pour une lecture plus confortable en intérieur comme en plein soleil. Elle donne aussi à l’ensemble une sensation plus « papier » au toucher, ce qui rend plus agréable l’usage au stylet pour écrire ou dessiner.

Côté multimédia, la partie audio repose sur six haut-parleurs et le système HUAWEI SOUND. Le constructeur avance des gains spectaculaires face à la génération précédente. À l’usage, le son de l’ardoise se montre effectivement très convaincant, surtout au regard de sa finesse.

La photo n’est pas oubliée, avec un capteur arrière de 50 mégapixels ouvrant à f/1,8 avec autofocus à détection de phase, une caméra frontale de 12 mégapixels à f/2,4 et un enregistrement vidéo qui monte jusqu’en 4K à 60 images par seconde.

HarmonyOS, le nerf de la guerre

Reste l’éléphant dans la pièce. Le MatePad Pro Max tourne sous HarmonyOS 4.3 et cela signifie l’absence des services Google. Ici donc, pas de Play Store, pas de YouTube, pas de Gmail ni de Maps en natif. Cela ne s’arrête d’ailleurs pas là, puisque les applications Meta (Facebook, Instagram, Messenger, Threads) manquent également à l’appel, tout comme X, ChatGPT, Claude, Spotify, Netflix, Disney+, Prime Video ou Amazon. Pour une tablette dont l’un des arguments est le divertissement sur grand écran, l’absence des principales plateformes de streaming pique particulièrement.

L’AppGallery maison n’est pas vide pour autant. On y trouve Snapchat, TikTok, CapCut, Temu, Telegram, ainsi que Microsoft 365 et Outlook, ce qui sauve la mise côté productivité. Surtout, l’application GBox, disponible dans l’AppGallery, permet d’installer et de faire tourner le Play Store, une solution de contournement qui fonctionne bien, mais dont il faudra accepter les limites.

Insistons également sur le fait que l’absence des services Google est nettement moins embêtante sur une tablette que sur un smartphone. De nos jours, il est en effet possible de faire énormément de choses depuis le navigateur web et la plupart des services les plus utilisés ont une version web qui fonctionne très bien. Les usages qui nous enquiquinent le plus sur les smartphones Huawei en version mobile, comme la navigation GPS ou le paiement mobile, sont nettement moins importants (à nos yeux) sur une tablette. De fait, nous avons utilisé cette Huawei MatePad Pro Max plutôt comme un ordinateur, en recourant énormément au navigateur web donc.

Des performances honnêtes, sans plus

Sous le capot, on trouve la puce Kirin T93 Pro accompagnée de 12 Go de mémoire vive. Huawei annonce un gain de performances de 20 % par rapport au MatePad Pro 13,2 pouces de 2025. Sur Geekbench 6, la tablette tourne autour de 1 800 points en single-core et 6 400 en multi-core, avec un score OpenCL de 7 900 points pour la partie graphique. Sur 3DMark Wild Life, elle atteint un peu plus de 3 000 points. On apprécie tout particulièrement que la tablette parvienne à maintenir ces performances sur la durée.

Ces chiffres placent toutefois le Kirin T93 Pro loin des ténors du moment en 3D. Fortnite ou Call of Duty mobile, pour ne citer qu’eux, ne tournent que dans des réglagles graphiques pas trop poussés, à 30 images par seconde qui plus est. Vous l’aurez compris, cette tablette s’adresse davantage à ceux qui cherchent de la productivité, de la prise de notes et du multimédia que le jeu exigeant. Pour la bureautique, la navigation et le streaming, la puissance disponible fait le travail sans broncher.

Autonomie et recharge

La version européenne embarque une batterie de 9 760 mAh, contre 10 400 mAh dans le reste du monde, et reste en deçà des 10 290 mAh de l’iPad Pro 13 pouces. Huawei promet toutefois 14,5 heures de lecture vidéo locale, et force est de constater que la promesse est tenue. En streaming vidéo, l’endurance grimpe même aux alentours de 16 heures. En usage mixte plus soutenu, nous avons été en mesure de tenir une dizaine d’heures, ce qui couvre une journée de travail sans problème.

La recharge est un vrai point fort puisque la tablette accepte 66 W en filaire. Huawei a même le bon goût de carrément glisser un bloc de 100 W dans la boîte, une attention devenue rare. Résultat, en 30 minutes, la batterie grimpe de 0 à 71 %. Il faut pour le reste compter une cinquantaine de minutes, la charge complète réclamant 54 minutes. Enfin, la charge inversée de 40 W permet, qui plus est, de dépanner un autre appareil.

Conclusion

Au final, le MatePad Pro Max est une tablette à double visage. Le matériel est difficile à prendre en défaut, avec son châssis très fin, son poids plume au regard du format, un écran OLED 144 Hz de haute volée, une autonomie très correcte et une recharge expédiée en moins d’une heure. Le logiciel, lui, impose potentiellement des compromis, que chacun devra évaluer en fonction de ses propres usages. Si vous utilisez une tablette simplement comme un grand smartphone, en recourant surtout aux applications et jeux, la MatePad Pro Max n’est sans doute pas le produit qu’il vous faut, entre services Google absents, applications majeures manquantes et contournements à base de GBox. En revanche, si vous cherchez avant tout une grande tablette pour la prise de notes, le dessin, la bureautique et que vos usages tournent beaucoup autour du navigateur web, la MatePad Pro Max offre alors un rapport équipement-prix assez redoutable.

Article rédigé par

Journaliste

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