Le Samsung Galaxy Z Fold 8 est une belle réussite qui cache, derrière un patronyme devenu banal, une petite révolution : son format passeport, très pratique au quotidien. Pour le reste, c’est un smartphone haut de gamme, fluide et plutôt autonome. Un modèle unique sur le marché – français en tout cas –, qui devrait faire tourner bien des têtes sur son passage.
En résumé
Le Samsung Galaxy Z Fold 8 et son nouveau format apportent une nouvelle alternative dans le petit monde des smartphones pliants. Son ergonomie est excellente, et sa compacité préservée lorsqu’il est plié constitue un vrai plus, un vent nouveau plus que bienvenu. Ce smartphone bénéficie en plus d’une mécanique puissante, de deux très beaux écrans et d’une partie logicielle aboutie alliée à une ambitieuse politique de mise à jour. Finalement, son défaut le plus sensible est sans doute sa section photo, qui se passe notamment d’un téléobjectif optique. Son tarif semble alors trop élevé à notre sens.
- Nouveau format franchement convaincant
- Deux beaux écrans
- Autonomie assez solide
- Une partie logicielle parfaite
- Performances élevées
- Pas de téléobjectif
- Prix élevé
- Haut-parleurs moyens
Notre prise en main détaillée
Cet été, Samsung a dévoilé sa nouvelle génération de smartphones pliants avec une jolie surprise : l’arrivée d’un nouveau format qui, pour brouiller les pistes peut-être, reprend le nom de Galaxy Z Fold. En effet, le Fold 8 adopte le format passeport, tandis que le Fold 8 Ultra conserve les proportions des précédents millésimes.
Cette nouvelle interprétation offre une taille, lorsque le smartphone est plié, qui le rapproche vraiment d’un passeport. Nous voilà donc juste entre la compacité préservée du Flip et le grand écran du Fold classique. Le Samsung Galaxy Z Fold 8 est proposé en trois capacités, 256 Go, 512 Go et 1 To, pour respectivement 1 999 €, 2 199 € et 2 599 €, soit une addition plutôt salée, notamment par rapport aux modèles de l’année dernière. Trois couleurs sont également au programme : lavande, blanc et graphite.
En Europe, le Samsung Galaxy Z Fold 8 est encore tout seul dans ce format. Un modèle proche existe chez Huawei, mais uniquement pour la Chine. Il se murmure cependant que le futur iPhone pliant pourrait adopter le format passeport. Cette prise en main a été réalisée avec un exemplaire fourni par la marque.
Design et prise en main
Le premier contact avec ce smartphone aux proportions étranges est surprenant. Il semble très large au regard de sa hauteur raisonnable, un peu comme s’il en manquait une partie. La prise en main est donc assez étrange : ne pensez pas pouvoir enserrer totalement ce Fold. Lorsque celui-ci est utilisé fermé et d’une main, les boutons physiques tombent assez naturellement sous les doigts, notamment le bouton de mise sous tension qui intègre un lecteur d’empreintes digitales très véloce.

L’écran extérieur affiche une diagonale de 5,5 pouces avec un ratio spécifique. Il accueille une caméra frontale dans un poinçon et il bénéficie de la protection du nouveau verre Gorilla Glass Ceramic 3. Ce matériau dernier cri intègre, comme son nom l’indique, des nanocristaux de céramique pour une résistance accrue aux chocs et aux rayures. On retrouve d’ailleurs le Gorilla Glass Ceramic 3 sur la partie arrière du smartphone, dans une finition satinée qui résiste parfaitement aux traces de doigts, en tout cas sur notre exemplaire blanc. Le bloc photo accueille deux caméras et se montre plutôt proéminent, bien que l’ensemble demeure plutôt discret au final.

Ouvert, le smartphone affiche une épaisseur de seulement 4,5 mm. On se retrouve face à un écran de 7,6 pouces au format 4/3. Celui-ci offre un bon compromis par rapport à la dalle presque carrée du Fold classique (Ultra cette année) lorsqu’il s’agit de visionner des vidéos. Les bandes noires sont moins larges et la surface d’affichage réellement utile plus importante. Le 4/3 est plus adapté pour la lecture d’ebooks ou de mangas.
Samsung a déployé la nouvelle génération de sa technologie Flex Titanium : s’appuyant désormais sur deux fines plaques de titane, elle permet notamment de réduire considérablement la fameuse pliure au centre de l’écran, un domaine dans lequel Samsung semblait jusqu’à présent à la traîne par rapport à la concurrence chinoise. Force est de constater que ce retard est comblé, puisque cette pliure est quasiment imperceptible lorsque l’on passe le doigt dessus. Autre bonne nouvelle : le maniement de la charnière est plus souple et réclame moins de force.

Le smartphone répond à la norme IP48. S’il résiste parfaitement à une immersion complète de 30 minutes sous 1,5 mètre d’eau (douce), il reste sensible aux poussières les plus fines, celles de moins d’un millimètre. Dommage. La qualité de fabrication est évidemment excellente.

Les écrans
À tout seigneur tout honneur, commençons notre tour du propriétaire, en attendant les mesures du Labo Fnac, par l’écran pliant. Une fois déployé, il propose une immense surface d’affichage qui s’appuie sur une dalle AMOLED. Celle-ci atteint la définition de 2 448×1 848 pixels, soit une densité d’un peu plus de 400 ppp. De quoi largement profiter de tous les détails des photos affichées. Samsung annonce une luminosité maximale en pic de 3 000 nits, soit 400 nits de plus que pour le Fold 7. Avec ce chiffre et la compatibilité HDR10+, vous appréciez tous vos contenus.
La fréquence de rafraîchissement bénéficie de la technologie LTPO pour varier dynamiquement entre 1 et 120 Hz, et obtenir ainsi une fluidité maximale tout en préservant la batterie du smartphone. Il demeure possible d’opter pour un réglage fixe à 60 Hz, histoire de grappiller quelques minutes d’autonomie supplémentaires. L’écran extérieur met lui aussi à contribution une dalle AMOLED, avec toujours le LTPO. De format 16/10e, cette dalle affiche une définition de 1 248×1 972 pixels, soit 428 ppp. Sa luminosité maximale est également de 3 000 nits en pic.

À l’usage, nous avons apprécié ces deux écrans très lumineux, qui peuvent donc proposer une expérience confortable en extérieur. Les couleurs sont séduisantes, surtout si vous prenez le temps d’afficher certains réglages, notamment pour leur offrir un rendu plus naturel.

Les deux haut-parleurs sont convenables, mais ils manquent un peu de puissance, avec des graves peu présents. La technologie Dolby Atmos est bien présente, tout comme les petits plus signés Samsung. Nous pensons, par exemple, à l’Adapt Sound, qui applique un profil d’égalisation spécifique à une tranche d’âge.
Communication
Le Samsung Galaxy Z Fold 8 bénéficie d’une partie radio fournie par Qualcomm avec donc toutes les dernières technologies du moment, à commencer par un modem 5G capable d’atteindre des débits impressionnants – en théorie, car les opérateurs ne proposent pas d’infrastructures à ce niveau. Nous retrouvons également le wifi 7, le Bluetooth 6.0 et l’UWB. Le smartphone peut accueillir une nanoSIM et une eSIM. Un panorama up-to-date, donc, mais sans surprise. Certains auraient sans doute apprécié l’intégration de la technologie de communication par satellite sur un smartphone à ce prix.

En attendant les différentes mesures du Labo, nous avons utilisé ce smartphone quotidiennement durant une dizaine de jours. Il nous a offert des débits satisfaisants en 5G. Nos écouteurs Samsung Buds4 Pro ont bénéficié d’une connexion stable.
Puissance et interface
Modèle haut de gamme oblige, le Samsung Galaxy Z Fold 8 adopte le processeur le plus puissant du moment, à savoir le Qualcomm Snapdragon Elite Gen 5. Il s’appuie sur deux cœurs Oryon V3 Phoenix L cadencés à 4,74 GHz et six cœurs Oryon V3 Phoenix M avec 12 Go de RAM et un circuit graphique Adreno 840. Le Labo Fnac mènera à bien le protocole de tests de mesure de performances qui nous permettra notamment de comparer ce nouveau mobile à la concurrence.

En attendant, nous avons apprécié la fluidité générale du Samsung Galaxy Z Fold 8. Il fait face sans faiblesse aux usages les plus avancés, mais aussi aux jeux exigeants qui prennent une autre dimension sur son grand écran. La chauffe demeure raisonnable, ce qui n’est pas anodin sur un modèle aussi fin.

Du côté logiciel, nous retrouvons le duo Android 17 et One UI 9. Les habitués des smartphones de la marque coréenne ne devraient pas être désarçonnés. L’interface évolue par petites touches sur les plans esthétiques et ergonomiques. Les possibilités de personnalisation sont très nombreuses, ce qui, logiquement, complexifie certains menus. Le multitâche tire particulièrement profit du grand écran avec la possibilité d’afficher trois applications simultanément. Malheureusement, Samsung a choisi de ne pas proposer le Flex Mode sur son Samsung Galaxy Z Fold 8. L’écran du smartphone ne se scinde donc pas en deux surfaces d’affichage indépendantes lorsqu’il est plié à 90°. L’écran extérieur est suffisamment grand pour offrir un confort d’utilisation réel. Il est possible de basculer automatiquement des applications sur lui lorsque l’on referme le smartphone.
Du côté de l’intelligence artificielle, Samsung poursuit sa course en tête avec son écosystème Galaxy AI qui s’enrichit encore avec ce nouveau millésime. Now Brief est encore plus complet, tout comme Bixby, l’assistant vocal maison, qui est désormais compatible avec Perplexity. Le smartphone peut aussi vous proposer le résumé d’un appel téléphonique en plus de sa traduction. Pour le multimédia, l’efficacité de l’IA du Samsung Galaxy Z Fold 8 impressionne toujours, y compris pour la nouvelle fonction d’édition de vidéos.

Le Samsung Galaxy Z Fold 8 bénéficie d’une politique de mise à jour de sept années. Cela concerne donc autant les correctifs de sécurité que les versions d’Android. Ne cherchez pas, il n’y a pas mieux aujourd’hui.
Photo
La photo n’a jamais vraiment été le point fort des smartphones pliants de Samsung. Le Samsung Galaxy Z Fold 8 doit se contenter de deux caméras : exit donc le téléobjectif de la version Ultra. La caméra principale est un grand-angle qui s’appuie sur un capteur de 50 mégapixels et une optique ƒ/1,8 correspondant à un 23 mm argentique. Des caractéristiques plutôt classiques. Le second module est un ultra grand-angle affichant un angle de vision de 120°. Lui aussi bénéficie d’un capteur de 50 mégapixels. Le Samsung Galaxy Z Fold 8 dispose de deux caméras frontales de dix mégapixels. La marque a renoncé à la caméra sous l’écran, qui n’avait pas franchement convaincu.

Les experts du Labo vont passer au crible les caméras de ce nouvel opus, mais, sans surprise, nous avons réalisé une série de clichés variés pour nous faire une première opinion. En journée, les couleurs peuvent sembler un peu trop accentuées, mais force est de constater que le résultat est séduisant. Les photos sont parfaitement nettes et dynamiques, mais le niveau de détail n’impressionne pas vraiment pour un smartphone haut de gamme lancé en 2026.

Le zoom numérique x2 est plutôt convaincant et présente peu de pertes par rapport au x1 optique. La nuit les résultats sont globalement corrects, mais, en utilisant l’application Camera Assistant, la qualité progresse sensiblement, sans égaler cependant les ténors du marché dans cet exercice toujours délicat. En revanche, l’utilisation du zoom optique dans des conditions de faible luminosité devient plus délicate.

L’ultra grand-angle est bien maîtrisé avec des photos aux belles couleurs et sans flou grâce à la présence d’un autofocus. La nuit, ce second module se comporte également très bien. Les deux modules consacrés aux selfies nous ont convaincus. Le Samsung Galaxy Z Fold 8 peut filmer en 4K à 60 images par seconde. Le smartphone s’en sort plutôt bien malgré un piqué pas franchement exceptionnel.

Autonomie
Le Samsung Galaxy Z Fold 8 embarque une batterie de 4 800 mAh, contre 5 000 mAh pour le Fold 8 Ultra et 4 300 mAh pour le Flip 8. Une capacité assez classique, donc, mais qui cache une nouveauté majeure : l’arrivée de la technologie silicium-carbone chez Samsung. Celle-ci permet d’améliorer la densité énergétique de ladite batterie. En clair : une capacité supérieure dans un volume identique. Le protocole du Labo Fnac apportera une mesure précise de l’autonomie du smartphone, qui pourra ensuite être directement comparé à ses concurrents. Pour notre part, nous avons pu utiliser le Samsung Galaxy Z Fold 8 une grosse journée de manière plutôt intensive. Cela nous semble plutôt satisfaisant et sensiblement mieux que le Fold de l’année dernière.

Pour la recharge, la puissance maximale n’évolue pas, avec 45 W en filaire et 20 W sans fil. Cela peut sembler modeste si on évoque les 80 W du Honor Magic V6, mais Samsung refuse depuis toujours de participer à la guerre de la recharge ultrarapide. La marque préfère optimiser au mieux la longévité de la batterie de ses smartphones, car elle constitue un composant complexe. Nous attendons encore la mesure du temps de charge par le Labo, une mesure qui suit un protocole très précis. Avec un bloc secteur Samsung de 45 W, nous avons atteint 50 % de charge en 20 minutes environ. La pleine charge réclame quant à elle une grosse heure.