Le Moto Edge 70 Fusion est loin d’être un mauvais smartphone : son design, sa caméra principale et son autonomie sont même franchement convaincants. Pour autant, trouvera-t-il sa place dans un marché fortement concurrentiel avec son tarif plutôt élevé ?
En résumé
Avec sa personnalité marquée, le Moto Edge 70 Fusion est un bon milieu de gamme qui coche au final nombre de cases. Derrière son design affirmé et tout en finesse se cache un smartphone endurant, doté d’une caméra principale maîtrisée. Pour autant, sa mécanique semble un peu datée et sa politique de mise à jour gagnerait à être plus ambitieuse. De plus, son tarif est peut-être un peu élevé.
- Un design très réussi
- IP68 + IP69 + MIL-STD-810H
- Autonomie solide
- Interface agréable
- Grand-angle impressionnant
- Quelques petites latences
- Processeur un peu ancien
- Ultra grand-angle en retrait
- Seulement trois mises à jour d’Android
Notre prise en main détaillée
Motorola poursuit le développement de sa gamme de smartphones qui ont pour point commun une certaine originalité. Elle passe pour nombre d’entre eux par le partenariat avec Pantone, qui lees habille de certaines couleurs peu communes. C’est le cas de l’Edge 70 Fusion, qui vient de débarquer à la rédaction. Ce smartphone de milieu de gamme est en effet proposé en quatre coloris signés par le spécialiste Pantone : Pantone Orient Blue, Pantone Sporting Green, Pantone Silhouette et Pantone Country Air, qui correspondent, pour simplifier les choses, à un bleu foncé, un vert bouteille, un noir et un bleu-gris.
Le smartphone est proposé en une seule configuration mémoire, soit 8 Go de RAM et 256 Go de stockage, au prix de 499 €. Ce tarif le positionne face à de redoutables adversaires. Nous pensons immédiatement au Xiaomi REDMI Note 15 Pro+ 5G récemment testé par le Labo Fnac. Pour notre prise en main, la marque nous a prêté un exemplaire Pantone Silhouette.

Design et prise en main
Le Moto Edge 70 Fusion a un air de famille avec les autres productions de la marque. Cela commence par sa façade largement occupée (91,3 %) par un écran légèrement incurvé. Pour cette nouvelle génération, Moto a choisi une dalle un peu plus grande que sur la précédente, puisque nous passons de 6,67 à 6,78 pouces. Dans le même temps, le format change. Exit le 20/9e de l’Edge 60 Fusion et place au 19,5/9e. Conséquence immédiate, le smartphone est un peu plus large : 75,6 contre 73 mm. En revanche, son poids ne change pas, avec toujours 177 g sur la balance. La dalle est protégée par du verre Gorilla Glass 7i. La dalle accueille la caméra frontale dans un poinçon et l’incontournable lecteur d’empreinte digitale. Celui-ci fonctionne bien, mais, malheureusement, son emplacement n’est pas idéal. Il est en effet un peu trop bas.

L’arrière conserve lui aussi le design général de la précédente génération. Le bloc photo s’intègre plutôt bien, mais, malgré les apparences, il n’y a bien que deux caméras. La coque est constituée d’une matière synthétique dont le contact est très agréable. Elle présente de petites aspérités rappelant un tissage et surtout résiste parfaitement aux traces de doigts. Le logo aux ailes déployées est bien intégré. Le Moto Edge 70 Fusion est un smartphone très fin (7,2 mm), et c’est encore accentué par l’écran incurvé.

Les flancs en plastique sont donc particulièrement étroits. Sur la droite, on retrouve le bouton de mise sous tension, qui tombe bien sous le pouce. Cela sera un peu plus difficile pour monter le volume, en revanche, mais rappelons que le Moto Edge 70 Fusion est un grand smartphone. En bas, la prise USB-C prend place aux côtés de la trappe pour une nanoSIM. Malgré son élégance et sa finesse, ce modèle est un costaud, puisqu’il répond aux normes IP68 et IP69 : une immersion complète et des jets à forte pression ne l’effraient pas. Il est aussi conforme au standard de résistance MIL-STD-810H.

L’écran
L’écran du Moto Edge 70 Fusion s’appuie bien entendu sur une dalle AMOLED, mais, l’année dernière, c’était du P-OLED (une technologie très proche) qui était utilisée. Affichant une définition de 1 272×2 772 pixels, la dalle offre une excellente finesse d’affichage avec une densité de 450 ppp. Pour cette nouvelle génération, la marque annonce avoir encore boosté la luminosité maximale, qui passe de 4 500 à 5 200 nits. Une valeur énorme qui, sans surprise, ne sera jamais atteinte dans la vraie vie, a priori.
Pour la fréquence de rafraîchissement, le smartphone peut atteindre 144 Hz sur certains jeux vidéo grâce à l’application maison Gametime. Pour le reste, la gestion de la fréquence de rafraîchissement est moins intuitive à notre sens que chez les concurrents. Il faut faire avec les modes Intelligent et équilibré, Ultra Fluide et Efficacité avant tout : les deux premiers sont des modes dynamiques capables d’atteindre les 120 Hz et le dernier se cantonne au classique 60 Hz. Dans tous les cas, l’écran se passe de la technologie LTPO. Sa colorimétrie est calibrée par Pantone et il répond au standard HDR10+.

Le Labo Fnac va analyser le comportement de cet écran. Pour notre part, il nous a plutôt conquis. Les couleurs sont très séduisantes et la luminosité élevée rend son utilisation en extérieur confortable.
Les deux haut-parleurs agrémentés par le Dolby Atmos sont plutôt puissants. Le son produit est un peu métallique et, surtout, déséquilibré entre les deux transducteurs, physiquement différents.
Communication
Le constructeur a décidé de remettre au goût du jour les composants radio de son Edge 70 Fusion. À la 5G rapide et compatible avec toutes les bandes de fréquences s’ajoutent désormais le wifi 6e et le Bluetooth 6.0, contre le wifi 6 et le Bluetooth 5.4 pour la précédente génération. Un progrès qui permet aussi d’envisager de tirer profit des périphériques dernier cri durant plusieurs années.
Au quotidien, le smartphone s’est très bien comporté, avec cependant une connexion wifi parfois instable sur notre réseau domestique en wifi 7. Les experts du Labo Fnac pourront compter sur leurs équipements de mesure sophistiqués et sur une chambre anéchoïque pour analyser finement le comportement du Moto Edge 70 Fusion.

Performances et interface
Le Moto Edge 70 Fusion s’appuie sur une mécanique Qualcomm, tandis que son prédécesseur avait fait le choix d’une puce MediaTek. Nous retrouvons donc un Snapdragon 7s Gen 3 qui pourrait sembler un peu ancien, puisque le Xiaomi REDMI Note 15 Pro+ bénéficie du Snapdragon 7s Gen 4. Mais avouons que, techniquement, la différence entre les deux générations est ténue, puisqu’il s’agit essentiellement du cœur le plus puissant qui a une fréquence de 2,7 GHz sur la nouvelle version, contre 2,5 GHz sur le Moto Edge 70 Fusion.
En pratique, le smartphone est plutôt réactif et devrait faire face à la plupart des usages courants. Il sera un peu plus à la peine face à des jeux très exigeants, comme Geshin Impact ou Bright Memory: Infinite. Il faudra souvent revoir à la baisse le niveau de détails pour conserver une bonne fluidité. En parlant de fluidité, justement, nous avons constaté de manière aléatoire des microralentissements dans l’interface. Est-ce une simplement une question d’optimisation logicielle, qui pourrait être réglée par une mise à jour ? Ou est-ce que c’est la gestion du mode Dynamique de la fréquence de rafraîchissement qui n’est pas assez fluide ?

Le Moto Edge 70 Fusion va être soumis au protocole de mesure de performances du Labo Fnac et nous aurons alors une idée précise de la puissance de ce smartphone.

Android 16 est associé à une surcouche qui est plutôt discrète. Quelques applications sont préinstallées, mais nous avons vu bien pire, surtout dans le milieu de gamme. Du côté des mises à jour, c’est service minimum, avec trois versions d’Android et six années de correctifs de sécurité.
L’interface est facile à prendre en main et propose de nombreuses possibilités de personnalisation. L’intelligence artificielle est aussi présente, avec évidemment l’installation de Google Gemini et d’outils maison dont la plupart sont accessibles depuis l’application Moto AI. Ils sont organisés en deux pôles, créativité et productivité, pour générer des images, créer une playlist intelligente, prendre des notes…

Photo
Le Moto Edge 70 Fusion propose deux caméras et, sans surprise, il n’y a donc pas de téléobjectif. La caméra principale est un grand-angle ƒ/1,8 doté d’un capteur de 50 mégapixels et du pixels binning. Vient ensuite un ultra grand-angle dont l’optique ƒ/2,2 propose un angle de vision de 120°. Le capteur est un 13 mégapixels. Des caractéristiques des plus classiques qui sont sensiblement les mêmes que celles de la précédente génération.

Les experts photo du Labo Fnac soumettront ce smartphone à tous les tests développés maintenant depuis plusieurs années. En attendant, nous avons vraiment apprécié le comportement de la caméra principale. En journée, elle offre un excellent piqué et son autofocus se montre particulièrement efficace. Les photos sont dynamiques, avec des couleurs largement boostées qui peuvent déplaire aux amateurs de rendu naturel. Le travail sur les textures complexes, comme une haie dense ou de la pierre, impressionne.

En basse luminosité, les clichés obtenus sont plutôt bons, même si un Google Pixel peut faire un peu mieux. L’ultra grand-angle n’est pas au même niveau, notamment en ce qui concerne le piqué et la dynamique. En revanche, par rapport à nombre de concurrents, la netteté est bonne. La nuit, l’exposition souffre, tout comme la balance des blancs. Le bruit numérique demeure correctement géré, mais les couleurs s’affadissent nettement.

La caméra frontale de 32 mégapixels est également reprise du Moto Edge 60 Fusion. Elle se montre plutôt convaincante, en journée en tout cas, car du bruit apparaît rapidement en intérieur, par exemple.

Le Moto Edge 70 Fusion filme en 4K, mais en se cantonnant alors à 30 images par seconde. Les vidéos sont correctes, sans plus.
Autonomie
Une petite précision s’impose en préambule. Vous trouverez sur le marché une version du Moto Edge 70 Fusion dotée d’une énorme batterie de 7 000 mAh. Le smartphone prend logiquement de l’embonpoint et il est un peu plus cher. Notre exemplaire est la version standard, qui bénéficie, elle, d’une batterie de 5 200 mAh. En attendant les mesures du Labo Fnac à l’issue d’un protocole déployé depuis plusieurs années et qui permet de comparer directement différents modèles, nous avons pu utiliser ce smartphone une journée et demie sans recharger. En limitant un peu notre temps d’écran et en nous contentant d’une fréquence de rafraîchissement de 60 Hz, deux petites journées sont envisageables. Oublier son chargeur le temps d’un weekend ne sera donc plus synonyme de catastrophe.

Pour la recharge, le bloc secteur n’est pas fourni. Le smartphone accepte une puissance de 68 W pour une recharge estimée par nos soins autour des 60 minutes. Le Labo Fnac viendra apporter une mesure plus précise.