Prise en main

Prise en main du Xiaomi 17T : un vrai « tueur de flagships » ?

24 mai 2026

Par Sofian Nouira

Illustration
©Xiaomi

Huit mois après le 15T et un saut de génération plus loin, la série T refait surface. Xiaomi ne court plus après la puissance brute et mise gros sur un téléobjectif 5x rarissime à ce tarif.

En résumé

Ce Xiaomi 17T prouve que le fabricant a eu raison de renoncer à la course à la performance pour investir dans un vrai téléobjectif périscopique. Ce smartphone est l’un des plus pertinents de sa catégorie, et même le plus convaincant des T non Pro jamais produits par la marque. L’écran précis et très lumineux, l’autonomie de presque deux jours et le format compact consolident un dossier solide, que le châssis en plastique, l’ultra-grand-angle paresseux et l’absence de charge sans fil viennent un peu écorner, sans toutefois le faire dérailler. La hausse de tarif d’une génération à l’autre pique davantage, car elle place le 17T face à des concurrents mieux armés en puissance brute. Mais aucun d’entre eux n’embarque un périscope 5x. Si la photo pèse dans votre décision d’achat plus que les benchmarks, le choix est vite fait.

Les plus et les moins
  • Le téléobjectif périscopique 5x, introuvable ailleurs à ce niveau de prix
  • L'autonomie très confortable offerte par la batterie de 6500 mAh
  • L'écran AMOLED précis, parfaitement lisible en plein soleil
  • Le format compact, devenu rare sur le segment
  • La partie vidéo très complète, avec la 4K60 et le format Log sur tous les capteurs arrière
  • Le châssis en plastique, regrettable à ce tarif
  • L'ultra grand-angle en retrait, privé d'autofocus
  • L'absence de charge sans fil
  • Le chargeur absent de la boîte en France
  • Les applications préinstallées, à faire disparaître soi-même

Introduction

Xiaomi 17T

Le marché du smartphone traverse une drôle de période. Les composants coûtent plus cher, la mémoire vive se fait rare, et les tarifs grimpent d’un bout à l’autre du catalogue. Les appareils qui promettaient l’expérience d’un flagship pour les deux tiers du prix se sont raréfiés, quand ils n’ont pas tout simplement migré vers le haut du panier. C’est précisément sur ce créneau laissé en friche que Xiaomi fait revenir sa série T. Huit mois à peine séparent ce 17T du 15T qu’il remplace, le constructeur ayant sauté la génération 16 pour réaligner sa nomenclature sur celle de ses flagships.

Ce nouveau venu ne cherche pourtant pas à rejouer le match de la puissance. Son Dimensity 8500 Ultra regarde davantage vers le milieu de gamme que vers les monstres de calcul du moment, et Xiaomi l’assume. Le pari se joue ailleurs, sur un module photo signé Leica et surtout sur un téléobjectif périscopique 5x repris du 15T Pro, une optique que l’on ne croise pratiquement jamais à ce niveau de prix. Nous avons vécu avec l’appareil pendant deux semaines pour vérifier si ce repositionnement tient la route.

Le design et l’ergonomie

Première surprise au déballage, le 17T est plus petit que son prédécesseur. L’écran passe de 6,83 à 6,59 pouces, et l’appareil s’en trouve nettement plus maniable avec ses 157,6 x 75,2 x 8,2 mm pour 200 grammes. Le pouce atteint le haut de la dalle sans gymnastique, là où le 15T imposait quelques contorsions. Xiaomi distingue enfin physiquement son modèle standard du Pro, qui conserve un format plus imposant.

©L'Éclaireur Fnac

Le langage visuel, lui, ne bouge presque pas. Faces avant et arrière parfaitement plates, tranches droites dans l’air du temps, module photo logé dans le coin supérieur gauche avec sa déco métallique. Notre exemplaire violet arbore une teinte rosée aux reflets changeants plutôt réussie, tandis qu’on trouve aussi des versions Opal White, bleue et noire.

Les bordures de 1,5 mm autour de la dalle font leur petit effet. Seule la coque trahit le positionnement, puisque Xiaomi a retenu un châssis en plastique, l’aluminium restant réservé au 17T Pro. Mais ce matériau n’est pas désagréable en main.*

©Xiaomi

Le reste de la fiche rassure. Certification IP68, verre Gorilla Glass 7i sur la façade, film de protection posé d’usine et coque TPU fournie dans la boîte. Notez que le lecteur d’empreintes optique, logé sous l’écran, est placé assez bas. Nous avons mis quelques jours à prendre le pli, mais sa réactivité ne nous a jamais fait défaut.

L’écran

La diagonale réduite n’a rien coûté à la qualité d’affichage. La dalle AMOLED affiche une définition de 2756 x 1268 pixels, soit 460 ppp, avec un rafraîchissement de 120 Hz, une quantification 12 bits et la prise en charge du Dolby Vision comme du HDR10+. Xiaomi annonce un pic de 3500 nits. Si nous attendrons les mesures de notre Labo Fnac pour nous prononcer définitivement à ce sujet, le résultat apparaît en tout cas flatteur à l’œil nu. La puissance de l’éclairage se montre en tout cas largement suffisante pour conserver une lisibilité parfaite en plein soleil. La colorimétrie d’usine, calée sur le profil Original Color Pro, compte parmi les plus justes que nous ayons croisées sur ce segment.

©L'Éclaireur Fnac

Nous avons tout de même un regret avec cet écran. Sa dalle n’est pas de type LTPO et ne descend donc qu’à 30 Hz au minimum, là où les flagships modulent jusqu’à 1 Hz pour ménager la batterie.

Les performances

Voilà sans aucun doute le point qui fera tiquer les amateurs de benchmarks. Gravé en 4 nm et cadencé à 3,4 GHz, le Dimensity 8500 Ultra de MediaTek que l’on retrouve ici équipe aussi des appareils sensiblement moins chers. Épaulé par 12 Go de LPDDR5X et 256 ou 512 Go de stockage, il se situe loin des Snapdragon 8 Gen 5 qui animent certains concurrents directs. Nos relevés le confirment, avec environ 2 millions de points sur AnTuTu et des scores Geekbench 6 de 1700 et 6400 points en mono et multicœur. Des scores assez moyens donc.

©L'Éclaireur Fnac

Mais ces chiffres ne racontent finalement pas grand-chose du quotidien en réalité. De la navigation au multitâche appuyé en passant par le streaming en 4K, rien n’a ralenti durant notre période de test. Le gaming jeu s’en sort parfaitement bien sur les jeux les plus gourmands du Play Store. Call of Duty Mobile et Genshin Impact tournent parfaitement dessus, de même qu’Asphalt Legends. Quant à la chambre à vapeur 3D IceLoop, elle fait du bon travail, l’appareil n’ayant jamais dépassé le stade du tiède entre nos mains, avec un throttling jamais visible.

La photo et la vidéo

Pour mémoire, le 15T traînait comme un boulet son téléobjectif 2x anecdotique. La bonne nouvelle, c’est que Xiaomi a entendu la critique. Son 17T hérite du périscope du 15T Pro, un capteur de 50 mégapixels ouvrant à f/3,0 avec zoom optique 5x, stabilisation optique et autofocus à détection de phase. C’est très exactement le même que celui du 17T Pro, et c’est une optique que la concurrence directe ne propose tout simplement pas. Le Pixel 10 s’en approche avec son 5x de 10,8 mégapixels, quand l’iPhone 17e et le OnePlus 15R n’ont simplement rien à offrir sur ce terrain.

À l’usage, ce téléobjectif change la physionomie du module. Les portraits gagnent une compression naturelle très flatteuse, la mise au point descend à 30 cm pour de la proxiphotographie étonnamment efficace, et le zoom numérique grimpe désormais jusqu’à 120x. Inutile d’aller si loin, les clichés y virent à la bouillie sur-traitée. Le 10x, lui, est presque irréprochable, et la plage comprise entre 20x et 40x reste exploitable, de quoi cadrer un détail d’architecture ou une scène de concert sans bouger. Xiaomi a d’ailleurs ajouté un préréglage « stage » qui s’active automatiquement face à une scène.

Le capteur principal, un Sony IMX906 de 50 mégapixels ouvrant à f/1,7 et stabilisé, livre des images détaillées à la plage dynamique généreuse. Le traitement maison flatte l’œil, parfois un peu trop. Les couleurs claquent, le contraste monte, et certaines scènes frôlent la surexposition. Le profil Leica Authentic ramène heureusement des tons plus plats et plus naturels, et nous l’avons adopté au bout de quelques jours. De nuit, ce capteur principal reste le plus fiable du trio, quand le téléobjectif et l’ultra-grand-angle décrochent dès que la lumière baisse.

Cet ultra-grand-angle de 12 mégapixels demeure le maillon faible du bloc photo. Son petit capteur, privé d’autofocus, se contente du minimum, et sa cohérence colorimétrique avec le module principal sauve l’ensemble en plein jour, sans plus. La partie vidéo grimpe jusqu’à la 4K à 60 images par seconde sur le capteur principal comme sur le téléobjectif, propose le format Log sur les trois modules arrière et accepte des LUT importées. Voilà qui en fait un outil sérieux pour les créateurs, une rareté sur ce segment. La fonction Leica Live Moment, sorte de Live Photos à la sauce Xiaomi, est aussi de la partie.

L’autonomie

Xiaomi a profité du passage à la technologie silicium-carbone pour gonfler la batterie de 5500 à 6500 mAh, à dimensions quasi constantes. Le gain se ressent immédiatement. Au quotidien, nous avons systématiquement atteint la mi-journée du lendemain avant de chercher un câble. Les utilisateurs modérés tiendront deux jours pleins sans même y penser.

La recharge filaire plafonne pour sa part à 67 W, une valeur inchangée depuis le 15T. Comptez un peu plus d’une heure pour un plein complet, avec environ la moitié de la jauge récupérée en une trentaine de minutes. Certains concurrents font mieux, sans que cela constitue toutefois un vrai handicap à l’usage. Le fait que la charge sans fil manque toujours à l’appel est plus gênant en 2026. La charge inversée filaire de 22,5 W dépannera au moins vos écouteurs.

L’interface utilisateur

Le 17T tourne sous HyperOS 3, la surcouche maison basée sur Android 16. Elle reste l’une des plus clivantes du marché, avec son inspiration iOS revendiquée, son île dynamique baptisée Hyper Island et ses panneaux de notifications et de réglages séparés. Nous l’apprécions pour notre part. L’ensemble est fluide, cohérent, riche en options de personnalisation, et nous n’y avons trouvé aucun point faible fonctionnel. Reste que ce parti pris esthétique ne plaira pas à tout le monde, et que ceux qui arrivent d’un Pixel devront réapprendre quelques réflexes.

Le genre de bloatware préinstallé agaçant, qui vous envoie en plus des notifications.

Le véritable agacement vient des applications préinstallées. Boutique maison, navigateur tiers, applis de réservation, le ménage s’impose dès la configuration. Rien de dramatique puisque tout se désinstalle en quelques minutes, mais la corvée reste pénible sur un appareil de ce prix. Les fonctions IA se montrent plutôt sobres, entre sous-titres générés à la volée, outils de retouche photo et fonds d’écran animés. Xiaomi promet enfin cinq ans de mises à jour Android et six ans de correctifs de sécurité, de quoi tenir jusqu’en 2031.

Article rédigé par

Journaliste

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