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Test Labo du Google Pixel 3 XL : un nouveau maître pour la photo

10 janvier 2019
Par Sofian Nouira, Mathieu Freitas, Jean-Charles Frelier
Test Labo du Google Pixel 3 XL : un nouveau maître pour la photo

En résumé

Note LABOFNAC

Le Google Pixel 3 XL est un smartphone surprenant à plus d’un titre. Même si ses prédécesseurs ont eu bonne presse dans les pays où ils ont été commercialisés, nous devons avouer que nous n’attendions pas particulièrement ce Pixel 3 XL. D’autant que l’année 2018 s’est montrée riche en excellents smartphones Android. Pourtant, à notre grande surprise – avouons-le -, le modèle de Google fait mieux que se défendre. Même s’il n’est pas parfait, il se montre particulièrement agréable à utiliser grâce à une interface claire, épurée et cohérente. Et surtout : il se paie le luxe d’être un des tout meilleurs photophones de l’année, malgré son unique module photo. Au final, le Pixel 3 XL est une franche réussite, qui n’a pas à rougir de sa performance face à des cadors comme le Samsung Galaxy Note 9 ou le Huawei Mate 20 Pro.

Note technique

Les plus et les moins

Les plus
  • Une très belle dalle OLED
  • Qualité de réception
  • Un Snapdragon 845 en très bonne forme
  • Un unique capteur photo dorsal qui fait des merveilles
Les moins
  • Très large encoche au niveau de l'écran
  • Pas de prise jack, ni de slot microSD

Détail des sous notes

Réseau et connectivité
Écran
Cette note reflète la qualité globale de l'écran
Photo
Cette note reflète la performance de l'appareil à produire des clichés de qualité
Capteur principal (arrière)
Capteur frontal (selfie)
Autonomie
Plus la note est elevée et plus le smartphone restera allumé sans avoir à être rechargé.
Performance et rapidité
Un smartphone qui exécute le plus rapidement possible toutes sortes de tâches obtiendra un 10/10
Qualité audio
Cette note reflète de la qualité globale du système audio du smartphone

Notre test détaillé

La gamme Pixel de Google en est déjà à sa troisième génération. Pourtant, les Pixel 3 et Pixel 3 XL sont les premiers à être disponibles en France. C’est le second cité que nous testons ici. A-t-il les armes pour se faire une place au soleil, et surtout dans votre poche ? La réponse au bout du test !

Cette fois, c’est la bonne. Après avoir été privée des deux premiers smartphones de Google, la France va enfin pouvoir découvrir la troisième génération des modèles de la marque : les Pixel 3 et Pixel 3 XL. Nous testons ici le dernier cité, qui est le plus grand des deux, comme son nom le laisse clairement entendre. Les plus âgés de nos lecteurs se souviendront de la gamme Nexus, des smartphones proposant une expérience « Android pur », c’est-à-dire embarquant une version d’Android sans aucune surcouche de constructeur. Néanmoins, ces produits étaient vendus sous la marque de leur constructeur. Avec les Pixel, l’approche est différente puisque c’est bien Google qui est le fabricant. Ces modèles se posent en appareils résolument haut de gamme. La fiche technique du Pixel 3 XL n’a d’ailleurs pas à rougir de la comparaison avec ses principaux concurrents, jugez plutôt.

Google Pixel 3 XL

© Fahim Alloul / LaboFnac

Le nouveau venu embarque en effet un écran OLED (avec encoche) de 6,3 pouces, pour une définition de 1440 x 2960 pixels, au format 18,5/9, ce qui donne une résolution plus que convenable de 520 pixels par pouce. Sous son capot, on retrouve une puce mobile Qualcomm Snapdragon 845, flanqué de 4 Go de mémoire vive et d’une puce graphique (eGPU) Adreno 630. Côté photo, Google prend toujours le contre-pied de la concurrence en confiant la capture de clichés et de vidéos à un seul module photo à l’arrière. Cet élément abrite un capteur de 12,2 mégapixels et une optique 28 mm (f/1,8). À l’avant, le fabricant a en revanche opté pour un double module photo. Si le premier élément s’avère assez classique, le second module propose une optique grand-angle de 19 mm.

Enfin, côté connexions et connectivité, le Pixel 3 XL assure l’essentiel pour un modèle haut de gamme. Il propose en effet la 4G+ (Cat 16, le NFC, un connecteur USB-C et le Bluetooth 5.0. Dommage qu’il n’y ait pas de port pour carte mémoire, et que l’appareil ne semble pas disposer d’une sortie vidéo pour le connecter à un écran plus grand.

L’ergonomie et le design

Le Pixel 3 XL n’est pas de ces smartphones qui se démarquent par leur design. L’appareil arbore en effet un look assez sage, mais qui dégage tout de même un certain charme. La face avant se montre sans surprise majoritairement constituée de l’écran, qui occupe près de 83 % de tout l’espace. On note au passage la présence de haut-parleurs stéréo en façade, et surtout d’une énorme encoche. Google n’a pas non plus cherché à distinguer son smartphone par des coloris originaux, puisque l’appareil se décline en noir ou en blanc.

Google Pixel 3 XL

© Google

Dans chaque cas, le dos arbore deux tonalités de la même couleur, avec le haut de la face arrière qui se montre aussi glossy que la face avant et les bords, puis les trois quarts restants qui sont mats. La qualité de fabrication s’avère irréprochable, mais nous conseillerons comme toujours l’utilisation avec une coque.

Google Pixel 3 XL

© Fahim Alloul / LaboFnac

Le lecteur biométrique d’empreintes digitales se situe pour sa part au dos et tombe parfaitement sous le doigt. La petite originalité dans la conception est à aller chercher du côté des flancs du Pixel 3 XL. Il suffit en effet de les serrer pour déclencher Google Assistant. Il ne s’agit pas à proprement parler d’une innovation dans la mesure où HTC proposait déjà cette fonction avec le U11 en 2017. Néanmoins, ce n’est guère surprenant quand on sait que Google a récemment acquis une partie des équipes hardware de HTC.

Google Pixel 3 XL

© Fahim Alloul / LaboFnac

On regrette en revanche que cette fonction ne soit pas ici davantage personnalisable. En effet, elle ne permet en l’état que d’invoquer Google Assistant. Nous aurions aimé pouvoir paramétrer ce raccourci. Plus surprenant encore, le Pixel 3 XL n’embarque aucun système de reconnaissance faciale, malgré son encoche dantesque qui abrite deux modules photo. Ici, il n’y a reconnaissance faciale 3D (à la Face ID) ni même le système classique que l’on retrouve dans tous les Android récents. Pour déverrouiller l’appareil, il faut donc impérativement passer par le lecteur d’empreintes au dos ou taper votre code.

Google Pixel 3 XL

© Fahim Alloul / LaboFnac

Google Pixel 3 XL

© Fahim Alloul / LaboFnac

Côté ergonomie, le smartphone offre une préhension aussi classique qu’agréable. Gardez en tête qu’il s’agit d’un grand format, qui doit logiquement être manipulé à deux mains dans la plupart des situations puisque le rayon d’action du pouce ne couvre au mieux que les deux tiers de la surface de l’écran.

Comme dit plus haut, l’encoche est ici plus grande que la moyenne, ce qui n’est pas sans conséquence pour visionner des vidéos. En effet, si vous voulez profiter d’une vidéo sur laquelle cette encoche n’empiète pas, il faudra se contenter d’une surface d’affichage d’environ 6 pouces. Cela reste certes très confortable, mais tout de même sensiblement en deçà des 6,3 pouces annoncés. Cette remarque vaut bien sûr pour tous les smartphones à encoche. Mais la taille de celle du Pixel 3 XL amplifie encore le constat.

Google Pixel 3 XL

© Fahim Alloul / LaboFnac

Au final, même s’il ne se démarque pas spécialement par son design ou son ergonomie, le Pixel 3 XL reste un smartphone agréable à manipuler au quotidien, malgré quelques détails perfectibles, donc.

L’écran

Déclinaison XL oblige, le Pixel 3 XL intègre un plus grand écran que le Pixel 3 classique, d’autant qu’une encoche est ici présente et lui permet de remonter de part et d’autre des capteurs frontaux pour rejoindre les coins supérieurs. En résulte une diagonale de 6,3 pouces pour une surface d’affichage très confortable, et dont il sera possible de profiter sans craindre la vue de contours pixellisés grâce à une définition équivalente, pour un ratio 18,5:9, au QHD de 2960 x 1440 pixels. La résolution atteint ainsi 520 pixels par pouce, et l’affichage est donc aussi très fin.

Google Pixel 3 XL : directivité de l'écran

© LaboFnac

Au rayon des bonnes nouvelles toujours, l’écran du Pixel 3 XL offre un excellent contraste puisque nous avons relevé des taux de 1950:1 et 477:5, mais aussi une très faible directivité limitant la perte de luminosité en dehors de l’axe de vision central. Sur 218 cd/m2 mesurés face à l’écran, 198 restent perceptibles à 15°, puis 152 et 95 à 30° et 45°. Des qualités que l’on espérait évidemment d’une dalle OLED comme celle-là, mais auxquelles s’ajoute encore une colorimétrie maîtrisée. Le gamut, superposé à celui de la norme sRGB, ne laisse apparaître que de menus écarts dont la moyenne s’établit à 0,012 seulement.

Google Pixel 3 XL : gamut de l'écran

© LaboFnac

En somme, Google livre au sein de son smartphone grand format un très bel écran. Seule la courbe de gamma se montre un peu décevante, mais l’on aurait surtout apprécié avoir la possibilité, par défaut, d’en masquer l’encoche. Il faudra pour cela faire apparaître le menu réservé aux développeurs.

Fidelité des couleurs
8.2
Contraste et progressivité
8
Directivité
8
Densite des pixels
9

L’interface utilisateur

Google oblige, c’est une version quasiment pure d’Android 9.0 Pie que l’on retrouve dans le Pixel 3 XL. Pourquoi « quasiment » ? Parce que le géant des moteurs de recherche a tout de même ajouté deux petites choses que l’on ne trouve pas sur la version pure d’Android Pie. La première est la barre de recherche placée en dur au bas de l’interface des écrans d’accueil. Certains utilisateurs pourront trouver agaçant le fait de ne pas pouvoir supprimer cette barre ou de la placer ailleurs. Mais à l’usage, il faut bien reconnaître qu’elle est particulièrement bien positionnée. À tel point d’ailleurs que nous nous sommes mis à passer par cette barre pour toutes nos recherches alors que nous ne l’utilisons jamais sur les autres smartphones Android.

Test Labo Google Pixel 3 XL

@LaboFnac

La seconde particularité de l’interface est à aller chercher du côté du widget situé tout en haut des écrans d’accueil, et qui ne peut pas être supprimé lui non plus. Néanmoins, cet ajout se révèle encore plus pertinent que le premier puisque ce widget regroupe des indications sur le calendrier, la météo et des raccourcis vers ces fonctions.

Les habitués des smartphones Android des autres constructeurs seront surpris de constater que le Pixel 3 XL ne croule pas de base sous les applications. Fidèle à sa politique, Google ne propose que le strict minimum pour faire fonctionner le téléphone. En fonction de vos besoins, il faudra aller télécharger les autres sur la boutique d’applis Google Play. Ce qui n’est pas un problème tant cette boutique est bien achalandée en applications gratuites.

Google Pixel 3 XL

© LaboFnac

Pour le reste, Android 9.0 Pie offre de nombreuses nouvelles fonctions, que nous vous proposons de découvrir dans le dossier que nous avons consacré à cette mouture du système d’exploitation mobile de Google.

Pour conclure cette partie, insistons tout de même sur la belle cohérence qui se dégage de l’interface et qui la rend particulièrement simple et agréable à utiliser au quotidien. Contrairement aux surcouches des constructeurs qui dénaturent plus ou moins l’ergonomie telle que l’a pensée Google, l’interface est ici conçue de bout en bout par les ingénieurs de la firme californienne. Du coup, aucun élément ne vient dénoter de l’ensemble, que ce soit en termes d’ergonomie ou d’aspect graphique. Une unicité qui n’est pas d’ailleurs pas sans faire penser à iOS.

Les performances

Comme son petit frère et la majorité des smartphones Android haut de gamme sortis en 2018, le Pixel 3 XL s’appuie sur la plateforme la plus performante de Qualcomm. C’est donc un Snapdragon 845 que l’on retrouve ici, avec son CPU octa-core à base de cœurs Kryo 385 et son Adreno 630 pour le traitement graphique. Google fait en revanche le choix d’une capacité assez classique pour la mémoire vive qui l’accompagne, et se contente de 4 Go quand certains de ses partenaires constructeurs n’hésitent pas à monter à 6, 8 et même 10 Go désormais. Comme le prouve cependant Apple avec ses iPhone, l’équipement ne fait pas tout. L’optimisation logicielle tient aussi un rôle important et, comme lui, Google est évidemment avantagé par sa position de développeur d’Android.

Le Pixel 3 XL est non seulement un modèle de réactivité au quotidien, mais il parvient aussi, sur notre banc d’essai, à devancer tous ses rivaux équipés de la même puce, même avec plus de RAM. Notre test de lecture JavaScript a ainsi donné de bons résultats sur les quatre niveaux qui le composent, même si des ralentissements restent à déplorer à mesure que la charge de travail augmente. Nous avons ainsi relevé un excellent temps d’exécution de 57 ms avec notre script simulant les processus très légers, soit 18 fps affichés à l’écran. La plus grosse chute intervient au second palier, avec un temps presque doublé (105 ms, 10 fps), puis le Pixel 3 XL se maintient plus ou moins avec 149 et 191 ms, équivalents à 7 et 5 fps affichés, aux niveaux les plus élevés. Rares sont les smartphones Android à dépasser les 15 fps sur la séquence la plus légère, et la plupart terminent à 3 ou 2 fps, même si c’est toujours loin des 30 fps de moyenne relevés sur les derniers iPhone.

La photo et la vidéo

À une époque où les constructeurs multiplient les modules photo, les Pixel 3 de Google se démarquent avec un seul module principal au dos des smartphones. De plus, ledit module ne s’illustre pas outre mesure par ses caractéristiques, puisqu’il intègre un capteur de 12,2 Mpx de 1/2.55’’ avec des pixels de 1,4 µm et une optique grand-angle équivalent 28 mm, pour une ouverture f/1,8. Le tout est épaulé par une stabilisation optique, un double flash LED et la technologie Dual Pixel pour l’autofocus. Des caractéristiques très honnêtes donc, mais qui font pâle figure par rapport à la débauche de capteurs et de longueurs focales de la concurrence, même si Google insiste sur le fait que son appareil photo repose beaucoup sur l’intelligence artificielle. En théorie, l’affaire semble entendue. Le choc n’en est que plus grand à l’usage. Autant casser le suspense tout de suite : le Google Pixel 3 XL est l’un des meilleurs photophones de l’année 2018. Il fait aussi bien que les Huawei P20 Pro et Mate 20 Pro, les iPhone Xs et Xs Max ou encore les Samsung Galaxy S9+ et Note 9.

Lorsque les conditions de luminosité sont bonnes, tout ce beau monde prend des photos proches de la perfection et le Pixel 3 XL ne fait pas exception. Il fait même mieux que la grande majorité de ses concurrents, tenant très amplement ses promesses et offrant une excellente résolution. Leur haut niveau de détail permet en effet de recadrer généreusement les clichés, d’autant que la qualité se maintient au centre comme sur les côtés de l’image. L’optique associée a beau présenter quelques soucis d’aberrations chromatiques, le peu d’astigmatisme et de déformation géométrique qu’elle concède joue en sa faveur. Une bonne sensibilité se traduisant par une restitution des textures et détails est également à mettre à son crédit.

Côté logiciel, Google fait assez fort, car malgré l’absence d’une focale plus longue (téléobjectif), il est tout de même possible de zoomer un peu dans l’image quasiment sans perte de détails (avant capture, hors notion de recadrage donc). Le résultat est équivalent à celui de la plupart des téléphones équipés d’une optique téléobjectif dédiée. Dans l’ensemble, on apprécie beaucoup le rendu assez naturel des clichés du smartphone.

Test Labo Google Pixel 3 XL

@LaboFnac

Test Labo Google Pixel 3 XL

@LaboFnac

Toutefois, on sait que c’est lorsque les conditions de luminosité se détériorent que les meilleurs photophones se démarquent réellement. Et à ce petit jeu, le Pixel 3 XL fait fort, comme nous l’évoquions plus haut. Au mode automatique s’ajoutent des options logicielles pertinentes. Nous avons ainsi, lors de nos essais sur le terrain, réalisé la grande majorité de nos photos avec l’option « HDR+ » activée. Car contrairement au mode « HDR amélioré », elle n’ajoute aucun délai dans la prise de vue.

Test Labo Google Pixel 3 XL

Photo prise en mode automatique. La colorimétrie de la scène est parfaitement en accord avec ce que l’oeil humain perçoit. @LaboFnac

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La même photo avec l’option « HDR+ » activée. Les statues et les bâtiments se trouvent blanchis. Cela correspond à leur couleur réelle en plein jour, mais pas à celle constatée de visu. @LaboFnac

Passons maintenant à la fonction qui nous a bluffés : le mode « Vision de nuit ». Le premier mot qui vient à l’esprit pour qualifier ses performances est « surnaturel ». On voit ici tout le travail de l’intelligence artificielle à l’œuvre. Et les résultats sont vraiment bluffants. En effet, sur certaines scènes où l’œil humain ne distingue strictement rien, l’appareil parvient à recréer une photo tout à fait exploitable. Tant qu’il y a un tout petit peu de lumière, l’IA prend le relais pour reconstituer la scène. Sur les photos ci-dessous, on se demande encore comment cette IA a fait pour deviner que le sol était de couleur saumon, ou pour distinguer le pied en métal du barbecue en bas à droite de l’image).

Évidemment, il faut éviter de shooter des sujets en mouvement et le niveau de détails est plus que moyen dans ce mode. Mais, répétons une fois de plus qu’on ne distinguait strictement rien à l’œil nu. Parvenir à ce genre de résultat tient déjà du miracle. D’autant que ce mode « Vision de nuit » s’opère à main levée.

Test Labo Google Pixel 3 XL

Photo prise avec l’option « HDR+ » activée. @LaboFnac

Test Labo Google Pixel 3 XL

La même photo, avec le mode « Vision de nuit ». @LaboFnac

Le seul petit reproche que nous avons trouvé à faire aux photos en basse luminosité du smartphone tient au fait que les modes faisant lourdement appel à l’IA ont tendance à légèrement blanchir, et plus rarement à bleuter, les sujets des  clichés. Cela ne choquera en revanche pas quelqu’un qui découvre la photo après-coup, sans avoir la scène originale pour comparer.

En l’absence de second module photo, on aurait pu penser que le mode portrait du Pixel 3 XL serait clairement en dessous de celui de ses concurrents. Mais là encore, l’intelligence artificielle fait des merveilles. L’effet bokeh (flou d’arrière-plan) est parfaitement appliqué dans la plupart des situations, avec un sujet qui se découpe bien au premier plan, même pour des éléments réputés délicats comme certaines coupes de cheveux. Néanmoins, il existe tout de même un bémol à cette belle prestation : on constate des ratés dans le tracé du sujet quand ce dernier arbore une couleur trop proche d’une autre couleur présente en arrière-plan et que les deux se chevauchent. Avec un peu de pratique, on parvient toutefois à éviter cette situation.

Test Labo Google Pixel 3 XL

Exemple de photo en mode portrait / @LaboFnac

Passons maintenant à l’interface de la fonction photo, qui n’est pas tout à fait au niveau du rendu des clichés. Au rayon des bons points, notez qu’il est possible d’activer cette fonction n’importe quand, en appuyant deux fois sur le bouton marche/arrêt. L’interface se montre assez classique, avec une navigation latérale. On trouve dans les menus et sous-menus une foule d’options, comme la balance des blancs, un timer, motion (photos animées), le RAW et les modes habituels (panorama, portrait, vidéo, etc). Ce qui nous chagrine est le fait que le mode « Vision de nuit » est caché dans les sous-menus. Certes, une invitation à l’utiliser – qui fait office de raccourci – apparaît quand les conditions s’y prêtent.

Test Labo Google Pixel 3 XL

@LaboFnac

Mais nous aurions préféré qu’il soit accessible plus simplement. Même chose pour le mode Playground, au nom assez peu évocateur. Ce mode incruste des éléments en réalité augmentée sur ce que vous prenez en photo. Le tout est assez bien fichu et ravira les amateurs du genre. Enfin, Google misant beaucoup sur son traitement d’image, l’appareil ne propose tout simplement pas de mode Manuel. Cela ne dérangera pas la plupart des utilisateurs. Mais ceux qui aiment débrayer sur tel ou tel réglage seront immanquablement frustrés.

Test Labo Google Pixel 3 XL

@LaboFnac

Un mot pour finir sur le double module photo à l’avant du smartphone. Il intègre notamment une optique 28 mm avec autofocus et capteur de 8 mégapixels et une autre optique ultra grand-angle de 19 mm, toujours avec capteur de 8 Mpx, mais sans autofocus. Là encore, le rendu est tout simplement excellent, avec des clichés nets et détaillés, et homogènes : ils peuvent être recadrés généreusement. Ceux réalisés avec l’ultra grand-angle sont toutefois moins homogènes, et ne peuvent qu’être légèrement recadrés. Les deux capteurs frontaux présentent des optiques satisfaisantes, le première souffrant surtout d’aberrations chromatiques, et la seconde – bonne surprise – présentant à peine plus de déformation géométrique. Sans grande surprise, la restitution des détails est un peu moins probante qu’à l’arrière, quel que soit le capteur utilisé. Mais ces défauts sont largement compensés par la versatilité d’utilisation qu’offre le second module. Avec l’angle qu’il offre, il devient en effet possible de prendre des photos qui ne ressemblent finalement pas tant que ça à des selfies.

Le rendu audio

Le grand format du Pixel 3 XL profite à ses deux haut-parleurs frontaux, bien plus puissants que ceux de son petit frère. Nous avons ainsi pu mesurer un niveau acoustique maximal, pour 10 % de distorsion et à 50 cm du smartphone, de 73 dB. De quoi classer les haut-parleurs du Pixel 3 XL parmi les plus puissants à trouver sur un smartphone. Ils font aussi partie des rares à pouvoir reproduire les aigus et même les extrêmes aigus. Inutile en revanche d’attendre de miracles du côté des basses, la bande passante relevée dans notre Labo montrant même des difficultés à reproduire les bas médiums.

Réponse en fréquences des Haut-Parleurs
©Labo Fnac

Il est bien sûr possible aussi d’utiliser le smartphone avec un casque, à connecter en Bluetooth et, pour la plupart des modèles filaires, via l’adaptateur mini-jack fourni. Les mesures effectuées dans notre Labo se rapportent à ce dernier, qui se révèle d’assez bonne facture. La bande passante est linéaire et la distorsion comme le bruit, bien que présents, restent modérés. L’image stéréo n’est par ailleurs pas altérée au passage du signal dans cet adaptateur, dont il sera néanmoins possible de se passer en utilisant les écouteurs qui complètent aussi le coffret des Pixel puisqu’ils se connectent directement en USB-C.

Loin d’être mauvais, ils n’ont d’ailleurs pour réel point faible que l’isolation, particulièrement médiocre en raison sans doute de leur format semi-intra. La bande passante est autrement correcte, la distorsion bien contrôlée et la sensibilité, à 106 mV, assure un bon niveau d’écoute sans avoir à trop pousser le volume en source.

Qualité audio
7.1

La qualité de réception (performances radio)

Compatible avec les réseaux 2G, 3G et 4G jusqu’à la catégorie 16 grâce au modem intégré au Snapdragon 845, le Pixel 3 XL a montré, lors de son passage dans notre Labo, de belles aptitudes en matière de réseau. S’il est un peu moins sensible à la bande 7 (2600 MHz) qu’aux bandes 3 (1800 MHz) et 20 (800 MHz) pour la 4G, il assure dans tous les cas des débits élevés et se montre peu directif. Nous n’avons d’ailleurs pas constaté de problème de directivité en 2G non plus, mais la sensibilité moindre à la bande des 1800 MHz imposera d’être à proximité d’un relais pour profiter d’une bonne réception. La bande des 900 MHz, pour la 2G également, a pour sa part donné de bons résultats et le Pixel 3 XL ne devrait pas trop peiner à établir une connexion 3G peu importe la force du signal. On peut davantage douter de sa capacité à la maintenir en raison d’une directivité dans ce cas plus marquée, mais l’on retiendra une prestation très convaincante dans l’ensemble. À moins de vous trouver dans une zone réellement déserte, vous devriez donc toujours avoir une connexion.

Communication
7.8
Note 2G
7.4
Note 3G
8
Note 4G
7.6

L’autonomie

Alors que son petit frère nous a presque déçus avec son autonomie, le Pixel 3 XL, avec sa batterie plus généreuse (3430 mAh), renverse la tendance et manque même de peu d’apparaître dans notre sélection des smartphones les plus endurants. Il nous a offert 10h01 de navigation web en continu lors de notre test maison. Nos observations dans le cadre d’une utilisation quotidienne sont un peu moins flatteuses, mais le grand smartphone de Google devrait tout de même voir la fin de la journée en utilisation intensive, tandis qu’une utilisation plus modérée devrait permettre de tirer jusqu’à la journée et demie, mais guère plus.

Autonomie
7
Temps de charge
01:40:00

Conclusion

Note LABOFNAC

Le Google Pixel 3 XL est un smartphone surprenant à plus d’un titre. Même si ses prédécesseurs ont eu bonne presse dans les pays où ils ont été commercialisés, nous devons avouer que nous n’attendions pas particulièrement ce Pixel 3 XL. D’autant que l’année 2018 s’est montrée riche en excellents smartphones Android. Pourtant, à notre grande surprise – avouons-le -, le modèle de Google fait mieux que se défendre. Même s’il n’est pas parfait, il se montre particulièrement agréable à utiliser grâce à une interface claire, épurée et cohérente. Et surtout : il se paie le luxe d’être un des tout meilleurs photophones de l’année, malgré son unique module photo. Au final, le Pixel 3 XL est une franche réussite, qui n’a pas à rougir de sa performance face à des cadors comme le Samsung Galaxy Note 9 ou le Huawei Mate 20 Pro.

Note technique

Détail des sous notes

Réseau et connectivité
Écran
Photo
Capteur principal (arrière)
Capteur frontal (selfie)
Autonomie
Performance et rapidité
Qualité audio
Article rédigé par
Sofian Nouira
Sofian Nouira
Journaliste
Mathieu Freitas
Mathieu Freitas
Journaliste
Jean-Charles Frelier
Jean-Charles Frelier
Responsable des tests smartphones, casques audio et lecteurs vidéo
Pour aller plus loin