Sélection

Les 10 meilleurs films de Marilyn Monroe à (re)découvrir d’urgence

20 avril 2026

Par Lucile B.

Illustration
©Swashbuckler Films

Alors que la Cinémathèque française lui consacre une exposition d’envergure du 8 avril au 26 juillet 2026, le mythe Marilyn Monroe n’a jamais semblé aussi vivant. En cette année qui aurait dû marquer son 100e anniversaire, la légende perdure, entre mystères et fascination éternelle.

Introduction

On croit tout savoir d’elle. Pour que l’image apparaisse, il nous suffit d’évoquer le fameux « Happy Birthday, Mr. President » murmuré d’une voix de velours, le plissé soleil de sa robe blanche sur une grille de métro, ou encore l’image de ses empreintes figées le 26 juin 1953 lors de la cérémonie du Chinese Theatre à Hollywood.

Mais qui se cachait réellement derrière les strass, le « Poupoupidou » et les sérigraphies d’Andy Warhol ? Loin de l’étiquette de la « blonde » ingénue qui lui a longtemps collé à la peau, Marilyn Monroe – née Norma Jeane Baker –, dissimulait une femme d’affaires aussi déterminée que redoutable, une élève assidue de l’Actors Studio, mais surtout une actrice dotée d’un génie comique – et dramatique – bien trop sous-estimé.

À l’heure où l’on redécouvre Marilyn à travers un prisme féministe dans une belle exposition à la Cinémathèque française, l’icône de la pop culture nous invite à dépasser l’objet de fantasme pour célébrer sa modernité avant-gardiste. Sélection.

Quand la ville dort, John Huston (1950)

Dans ce monument du film noir, on suit la préparation d’un braquage de bijouterie. Orchestré par un criminel tout juste sorti de prison, le casse réunit une équipe de spécialistes comprenant un briseur de coffres et un chauffeur. Le plan d’apparence infaillible finit par s’enrayer sous le poids des trahisons, de la malchance et d’une police aux aguets.

Dans Quand la ville dort, Marilyn n’a qu’un rôle secondaire, celui d’Angela Phinlay. Mais ses quelques minutes à l’écran suffisent déjà à électriser l’atmosphère. Avec un naturel désarmant et une fragilité magnétique, la jeune actrice débute la construction du mythe de la femme-enfant dont elle peinera tant à se débarrasser par la suite. C’est à partir de ce film que le monde découvrira ce petit quelque chose qui fera d’elle l’icône que l’on connaît.

Ève, Joseph L. Mankiewicz (1950)

Grand classique sur l’ambition et la cruauté du milieu théâtral, Ève met en scène la lutte pour le pouvoir entre une star vieillissante (Bette Davis) et une jeune arriviste (Anne Baxter).

Face à la stature monumentale de Bette Davis, Marilyn ne vacille pas et impose au long-métrage de Mankiewicz sa présence pleine d’ironie. Incarnant encore une fois un second rôle, elle insuffle à son personnage un jeu qui brise les codes, soulignant au passage l’intelligence de ses dialogues.

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Troublez-moi ce soir, Roy Ward Baker (1952)

Dans Troublez-moi ce soir, Marilyn incarne Nell Forbes, une jeune femme à la psyché meurtrie engagée comme baby-sitter pour veiller sur une petite fille dans un grand hôtel. Seulement, ce qui devait être une soirée de garde ordinaire bascule alors dans un thriller psychologique inattendu.

Ce huis clos oppressant, qui s’éloigne radicalement de ses précédentes comédies légères, la révèle sous une facette plus sombre, tant elle explore la folie et la détresse avec une justesse frappante. En incarnant cette femme à la dérive, Marilyn Monroe affirme son désir de s’affranchir du registre de la séduction pour explorer des rôles plus nuancés et complexes. De loin l’une de ses meilleures performances.

Niagara, Henry Hathaway (1953)

George Loomis (Joseph Cotten), sujet à des crises de jalousie, séjourne dans un chalet proche des chutes du Niagara avec son épouse, Rose. Cette dernière, femme fatale par excellence, complote pour l’assassiner. Mais le plan se retourne contre elle, quand, appelée à la morgue pour identifier le corps de George, elle constate avec effroi que le cadavre repêché est en réalité celui de son amant.

On se croirait dans un Hitchcock. Avec Niagara, Marilyn demeure inoubliable – on se souvient évidemment de ce plan iconique d’elle marchant de dos, habillée d’une jupe crayon noire et d’un haut rouge. Mais au-delà de son magnétisme, l’actrice livre une interprétation de « méchante » absolument glaciale. 

Les hommes préfèrent les blondes, Howard Hawks (1953)

Lorelei Lee et Dorothy Shaw (Jane Russell) embarquent pour une croisière transatlantique direction Paris. Si la première n’a qu’une idée en tête – épouser le riche Gus Esmond (Elliott Reid) –, la seconde, plus terre-à-terre, préfère les muscles. Une virée en bateau rythmée par des numéros musicaux et des quiproquos sentimentaux.

Succès phénoménal d’Howard Hawks, Les hommes préfèrent les blondes brille par son duo Marilyn Monroe/Jane Russell. Car en plus des inoubliables interprétations de Diamonds Are a Girl’s Best Friend et Bye bye Baby, il faut retenir la complicité – pour ne pas dire la sororité – des deux actrices. Bien qu’enfermée dans l’archétype de la blonde vénale, Marilyn Monroe détourne le cliché avec une candeur qui touche au génie satirique.

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Comment épouser un millionnaire, Jean Negulesco (1953)

Dans cette comédie, trois amies mannequins, Charlotte (Lauren Bacall), TocToc (Betty Grable) et Pola (Marilyn Monroe), mettent au point une stratégie imparable : louer un luxueux appartement new-yorkais pour infiltrer la haute société et trouver des maris richissimes.

Film-clé du catalogue de la Fox, Comment épouser un millionnaire – premier long-métrage en CinemaScope – scelle l’image de Marilyn en icône de la comédie. La particularité de son personnage ? Une myopie sévère qu’elle tente de dissimuler par pure coquetterie. Cette satire du rêve américain, qui propose une relecture du cliché de la femme vénale, permet à Monroe de briller aux côtés de Lauren Bacall. Immanquable, tout simplement.

Rivière sans retour, Otto Preminger (1954)

Matt Calder (Robert Mitchum) vient chercher son jeune fils dans un camp de mineurs pour l’emmener vivre avec lui. C’est là qu’il rencontre Kay, une chanteuse de saloon qui veille sur l’enfant. Ensemble, ils investissent un radeau de fortune et se lancent dans la descente d’une rivière tumultueuse.

Rivière sans retour, c’est la rencontre au sommet de deux des plus grandes stars d’Hollywood : Robert Mitchum et Marilyn Monroe. C’est également l’un des rares westerns de l’actrice. Malgré une relation tendue avec le réalisateur Otto Preminger – qui ne voulait pas de la présence sur le plateau de la coach de Marilyn, Natasha Lytess – Monroe démontre sa force de caractère et sa capacité à porter un film d’action.

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Sept ans de réflexion, Billy Wilder (1955)

Alors que sa femme et son fils sont en vacances, Richard Sherman (Tom Ewell) tombe sous le charme de sa voisine du dessus. Le film suit alors la dérive de cet homme aux mœurs légères face à une tentation qu’il n’avait pas vue venir.

C’est d’ici qu’est née la célèbre image de la robe blanche soulevée par le souffle du métro. Mais limiter Sept ans de réflexion à ce cliché serait une erreur. Dans cette critique acide de l’hypocrisie masculine et des fantasmes de l’Américain moyen des années 50, Marilyn Monroe n’incarne pas une tentatrice consciente, mais une véritable révélatrice des névroses de son voisin. Et souligne, par contraste, le ridicule des obsessions de l’époque.

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Certains l’aiment chaud, Billy Wilder (1959)

Pour échapper à des mafieux, deux musiciens de jazz (Tony Curtis et Jack Lemmon) se travestissent afin d’intégrer un orchestre féminin. Ils y rencontrent Alouette, une jeune joueuse de ukulélé à la beauté saisissante, qui rêve de changer de vie en trouvant l’amour, de préférence auprès d’un milliardaire.

Si Certains l’aiment chaud aborde avec brio les sujets des États-Unis des années 30 – de la prohibition au manque de travail – Marilyn Monroe en est (incontestablement) le cœur émotionnel. Capable de susciter l’empathie la plus profonde tout en faisant rire le spectateur, elle remportera pour ce rôle le Golden Globe de la meilleure actrice en 1960.

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Les Désaxés, John Huston (1961)

Dans Les Désaxés, Roslyn qui vient de divorcer, fait la connaissance de Gay (Clark Gable), un cow-boy vieillissant. Accompagnés d’un garagiste (Eli Wallach) et d’un cavalier de rodéo (Montgomery Clift), ils partent dans le désert du Nevada pour capturer des mustangs.

Dans son dernier film achevé, scénarisé par Arthur Miller, son mari de l’époque, Marilyn brouille les frontières entre fiction et réalité. Elle apparaît sans fard, épuisée, donnant moins l’impression d’incarner un personnage que d’exprimer sa propre détresse, face à la fin d’une époque dont elle fut la reine. Un véritable chef-d’œuvre de mélancolie, mais surtout un testament à cœur ouvert pour son public.

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Article rédigé par

Rédactrice fnac.com

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