La Journée internationale des droits des femmes est l’occasion d’apporter notre soutien à toutes ces voix féminines. Combattantes, courageuses, fortes, lumineuses, elles ont marqué l’Histoire par leurs différentes actions. La fin de l’invisibilisation a sonné grâce à la puissance des mouvements féministes au fil des années. Pour s’éveiller, se documenter, s’instruire, se divertir : voici une belle sélection de titres qui méritent un éclairage tout particulier.
Et la joie de vivre – Gisèle Pelicot, Judith Perrignon (Flammarion)
Un an après le procès historique d’Avignon, Gisèle Pelicot prend la parole dans un témoignage bouleversant. Coécrit avec la journaliste Judith Perrignon, Et la joie de vivre retrace les mois d’audience du procès sur les viols de Mazan et lève le voile sur des années de soumission chimique. En refusant le huis clos, celle qui est devenue une figure mondiale de la lutte contre les violences sexuelles transforme son traumatisme en un combat collectif pour le consentement. Loin d’être un simple récit judiciaire, ce livre explore la reconstruction d’une femme qui refuse de laisser la honte définir son existence. Entre sidération et volonté de transmettre, elle y raconte aussi ses souvenirs heureux pour ne pas laisser le crime effacer cinquante ans de sa vie. Une lecture essentielle pour comprendre l’affaire et soutenir la parole des victimes.
Pour Britney – Louise Chennevière (Gallimard)
Avec Pour Britney, Louise Chennevière propose un texte percutant sur la fabrique du mépris. Enfant, elle vénérait l’idole pop. Mais à l’adolescence, elle a intégré la violence du regard masculin qui brise les icônes jugées trop libres. Ce récit ne se contente pas de retracer le destin de Britney Spears, il tisse un lien organique avec la trajectoire de Nelly Arcan, autre figure sacrifiée sur l’autel du patriarcat. Entre analyse des tendances de société et confession intime, l’auteure signe une tentative de réparation nécessaire et un miroir tendu à nos propres jugements.
Les Grandes oubliées – Pourquoi l’histoire a effacé les femmes – Titiou Lecoq, Marie Dubois (L’Iconoclaste)
De la Préhistoire à nos jours, les femmes ont bâti, créé et lutté. Pourtant, nos manuels scolaires les ont longtemps reléguées au second plan. Dans l’album Les Grandes oubliées – Pourquoi l’histoire a effacé les femmes, Titiou Lecoq s’associe à l’illustratrice Marie Dubois pour adapter son essai phénomène en une bande dessinée percutante et pédagogique. Avec un ton mordant et une rigueur historique indéniable, cet ouvrage analyse les mécanismes de cette invisibilisation systémique. En s’appuyant sur les recherches les plus récentes, les auteures redonnent vie à ces visages effacés qui ont pourtant façonné notre monde. Entre humour et érudition, cette lecture est un véritable guide pour comprendre comment se forge une mémoire collective plus juste.
Jeune et fauchée – Florence Dupré La Tour (Charivari)
Passer de l’insouciance bourgeoise à la survie quotidienne : c’est le parcours que livre avec une franchise désarmante Florence Dupré la Tour dans Jeune et fauchée. Enfant, l’autrice romantisait la pauvreté à travers Oliver Twist tout en méprisant l’avarice de Picsou. Mais la réalité la rattrape brutalement à 18 ans. Devenue étudiante précaire puis mère célibataire, elle explore ici les affres du déclassement social et l’inventivité nécessaire pour élever deux enfants avec presque rien. Entre pudeur et humour acide, ce témoignage interroge notre rapport à la dignité et à l’argent. Un récit essentiel sur la précarité dans le milieu de l’édition, à découvrir aux côtés de ses précédents succès comme Cruelle, Pucelle ou Jumelle, pour mieux saisir la force de cette voix incontournable du neuvième art.
Simone Veil. Mes sœurs et moi – sous la direction de David Teboul (Les Arènes)
Comment se forger une opinion objective sur une figure aussi monumentale que Simone Veil sans remonter à la source de son intimité ? L’exposition du Mémorial de la Shoah (de février à septembre 2026) et son catalogue, Simone Veil. Mes sœurs et moi, présentent une immersion visuelle inédite dans le plus vaste fonds iconographique jamais réuni sur la famille Jacob. Sous la direction de David Teboul, cet ouvrage dépasse la simple biographie pour explorer le lien indéfectible unissant Simone à ses sœurs, Milou et Denise. À travers des photographies privées, des lettres inédites et des journaux intimes, on découvre l’insouciance des années niçoises avant que le destin de la fratrie ne bascule sous l’Occupation. Tandis que Denise s’engage dans la Résistance, Simone et les siens affrontent l’enfer de la déportation. Ce catalogue est une pièce maîtresse pour comprendre la femme derrière l’icône, loin des représentations figées.
La sagesse des nonnes. Comment les sœurs du XVIe et du XVIIe siècle nous aident à survivre à notre époque – Ana Garriga, Carmen Urbita (JC Lattès)
Face au chaos d’un monde ultra connecté, la réponse se cache peut-être dans le passé. Avec La sagesse des nonnes, Ana Garriga et Carmen Urbita offrent un ouvrage aussi érudit que jubilatoire. Loin des clichés, ces chercheuses explorent les écrits de sœurs des XVIe et XVIIe siècles pour en extraire des leçons de résilience modernes. Qu’il s’agisse de gérer vos finances avec la rigueur de sainte Thérèse, d’apaiser vos crises existentielles ou de naviguer dans vos déboires sentimentaux, ce guide de survie démontre que ces femmes avaient déjà tout compris aux défis humains. Un mélange d’esprit et d’humour qui transforme l’histoire religieuse en un véritable manuel de coaching pour affronter l’anxiété contemporaine. Laissez-vous inspirer par ces figures fascinantes !