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De Gilmore Girls à Friends, 5 mamans qui ont marqué le petit écran

29 mai 2022
Par Agathe Renac
De Gilmore Girls à Friends, 5 mamans qui ont marqué le petit écran
©The WB

Formidables ou toxiques, ces relations ont laissé leur empreinte dans le monde des séries. Les mères lisses et parfaites des débuts ont disparu, au profit de personnages plus réalistes et touchants. À l’occasion de la fête des mères, on revient sur cinq duos devenus cultes.

1 Lorelai Gilmore, Gilmore Girls, la maman BFF

C’est l’une des mères les plus iconiques de l’histoire du petit écran. Depuis les années 2000, les spectateurs suivent les aventures de Lorelai et sa fille Rory (parce qu’il n’y a pas que les hommes qui peuvent donner leur prénom à leur enfant) et rêvent de les rejoindre pour une balade dans les rues de Stars Hollow. Leur relation mère-fille est unique et fascinante. Elles sont meilleures amies, confidentes, et ultrafusionnelles. Mais ce que la série nous apprend, c’est qu’il faut se battre pour maintenir des rapports sains, même avec sa famille.

©The WB

Lorelai est tombée enceinte à 16 ans. En guerre avec sa mère depuis toujours, elle s’est promis de ne pas reproduire les mêmes erreurs avec sa fille. Elle a enchaîné les petits boulots et les galères pour lui offrir la meilleure vie possible. C’est la « maman cool » par excellence, celle à qui on peut tout dire, qui nous pousse à nous dépasser et sur laquelle on peut toujours compter. Mais elles ne vivent pas dans le monde des Bisounours pour autant. Parfois, ça explose. La tempête Rory ou Lorelai débarque et les reproches pleuvent. Les disputes se résolvent généralement avec des câlins, des pots de glace ou des pizzas géantes qu’elles mangent en échangeant des gossips sur les pestes du lycée. Bref, une relation et une complicité extraordinaires qui nous font rêver.

2 Lynette Scavo, Desperate Housewives, la maman super-héroïne

C’est l’exemple même de la working mom moderne. Elle nous parle de la difficulté de s’autoriser à avoir une vie professionnelle quand on devient mère. Parce que la société nous a bien fait comprendre qu’à partir de ce moment, on doit tout abandonner et s’oublier pour son enfant. Accro au travail et grande bosseuse, Lynette est une carriériste. Dans le milieu, on la connaît pour ses déjeuners d’affaires, pour ses présentations toujours millimétrées et sa capacité à éliminer la concurrence. Mais, après sa première grossesse, elle décide de laisser sa carrière de côté et devient mère au foyer. La desperate housewife aime profondément ses enfants (malgré le fait qu’ils soient plus excités qu’une armée de lapins Duracel). C’est une mère dévouée qui peut se transformer en lionne à tout moment pour les protéger.

©American Broadcasting Company

Après quelques années, elle choisit d’enfiler une cape et de devenir une super-héroïne. Elle repend son job, continue de s’occuper de la maison, de ses enfants et de son mari (avec ses 50 crises existentielles par jour). Autant le dire tout de suite : la to-do list est longue. Pourtant, elle se sent coupable. Elle a l’impression de ne pas faire assez pour son travail et sa famille (face aux pseudo « mères parfaites » de l’école et leurs cookies divins), et sa charge mentale est grosse comme le monde. Adultère, maladie, lancement d’une entreprise… Elle a tout traversé. Et s’est toujours relevée. Lynette Scavo est définitivement une maman ultra badass.

3 Judy Geller, Friends, la maman qui file des complexes

Judy Geller ne l’a jamais caché : elle préfère son fils à sa fille. Ross la rend aussi fière que Monica l’exaspère. La moindre occasion est bonne pour lui rappeler à quel point elle est décevante. Sa coupe de cheveux est démodée, ses coussins ne sont pas assez bombés, elle ne lui a pas annoncé le divorce de son frère… Rien ne va. Et tout est toujours de sa faute. Monica se sent rejetée et elle n’est jamais à la hauteur. Tous ses souvenirs d’enfance ont été détruits pour éponger une fuite dans le garage de ses parents, ils ont dépensé l’argent qu’ils avaient économisé pour son mariage (en pensant qu’elle ne trouverait jamais personne)… Elle enchaîne les déceptions, mais ne dit rien. Car elle sait que ça ne ferait qu’alimenter les reproches incessants de sa mère.

©NBC

Judy Geller a toujours son mot à dire et elle est un bel exemple de la mère control freak. Elle veut s’immiscer dans la vie personnelle et professionnelle de sa fille, et insiste auprès de Ross pour qu’il demande Rachel en mariage. On connaît tous ce genre de mères. Elles ont le don de nous agacer, mais dans le fond, cette volonté de contrôle permanent n’est qu’une manière (très, très maladroite, pour ne pas dire malsaine) de montrer à leurs enfants qu’elles veulent le meilleur pour eux.

4 Norma Bates, Bates Motel, la maman dépendante et culpabilisatrice

Judy Geller a beau être une control freak, elle ne joue clairement pas dans la même cour que Norma Bates. L’héroïne de Bates Motel aime tout contrôler et n’hésite pas à faire intervenir son génie manipulateur pour arriver à ses fins. La relation entre Norma et Norman n’est pas conventionnelle et pourrait être un parfait sujet d’étude pour Freud. Ils sont proches. Peut-être un peu trop (coucou le complexe d’Œdipe). Très possessive, elle ne supporte pas l’idée que son fils puisse avoir une autre femme dans sa vie. Elle voit les adolescentes comme des menaces. Au moindre rapprochement, elle retourne le cerveau de Norman et le persuade que toutes ses amies sont démoniaques.

©A&E

Son plan est infaillible : elle joue la carte de la culpabilité, provoque une dispute et impose sa décision. Elle n’hésite pas à manigancer, séduire et pleurer sur commande pour obtenir ce qu’elle veut. Drama queen ? Juste un peu. Cette relation ambiguë qu’elle entretient avec son fils est clairement malsaine. Mais elle nous en apprend aussi beaucoup sur ses expériences traumatiques avec les hommes. Son père alcoolique la battait, celui de Norman était violent et abusait d’elle, l’ancien propriétaire du motel l’a agressée… Sa vie a été détruite par la violence des hommes. Et elle lui sera arrachée par les mains d’un autre (il y a prescription pour un spoil qui date de 60 ans, non ?).

5 Jean Milburn, Sex Education, la maman ouverte et à l’écoute

La sexualité a longtemps été un sujet tabou dans les familles. Mais, petit à petit, la discussion s’ouvre et laisse place à un espace d’échange plus sain. La mère d’Otis en est un parfait exemple. La sexologue n’hésite pas à éduquer son fils sur ce sujet et à le questionner sur sa sexualité. Bien qu’elle finisse par s’immiscer dans sa vie intime (qu’il aimerait garder privée), elle le pousse à s’exprimer et à mettre des mots sur ses craintes. Grâce à elle, Otis est un adolescent ouvert et déconstruit.

©Netflix

C’est une véritable bible. Au lycée, il devient un référent et tous les élèves s’adressent à lui quand ils ont des problèmes. Il les décomplexe et brise tous les clichés liés aux sexualités et aux genres (non, la taille n’est pas importante, non, ce qu’on voit dans les pornos n’est pas la réalité et oui, le consentement est essentiel). Jean Milburn nous apprend à assumer notre envie de liberté. Elle parle ouvertement de la sexualité aux adolescents malgré les réticences des autres adultes, elle a régulièrement des aventures d’un soir et ne s’en cache pas, elle tombe enceinte à 48 ans et décide de garder son enfant… C’est une femme forte, qui n’a besoin de personne pour avancer et s’affirmer.

Impossible de dresser le portrait de toutes les mamans. Il en existe une galerie infinie. Pour leur rendre hommage, il faudrait toutes les dépeindre à travers une série plus longue que Plus belle la vie. Mais ne l’oubliez pas : vous êtes les héroïnes de votre vie, et de celles de vos enfants. Et ça, c’est déjà beaucoup.

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Article rédigé par
Agathe Renac
Agathe Renac
Journaliste