Aujourd’hui, la musique se retrouve partout et inspire tous les genres de la fiction. Roman, série, bande dessinée, les artistes s’en nourrissent pour leurs créations. Alors, pour cette nouvelle Fête de la musique en France, voici une sélection d’œuvres pour accompagner les célébrations du 21 juin.
Introduction
Pour fêter la musique, cette sélection ne prend pas en compte les récits à vocation documentaire sous forme de production audiovisuelle ou de BD. Il ne s’agit pas de vous proposer des albums ou projets musicaux, mais bien cinq projets de fiction qui s’inspirent du 4e art, du rock au hip-hop, en passant par la musique classique.
| Daisy Jones & The Six, de Taylor Jenkins Reid
Dans ce roman, Taylor Jenkins Reid crée la passionnante biographie fictive du plus grand groupe de musique des années 1970 : Daisy Jones and the Six. À travers l’enquête menée par une mystérieuse femme, le lecteur découvre l’incroyable épopée de l’un des groupes de rock les plus mythiques de l’histoire. Grâce à des interviews de ses membres, des entretiens avec des personnes qui ont croisé leur route ou des lettres d’époque, le lecteur découvre tout de la légende de Daisy Jones et ses compères, de leur montée vers la gloire à leur séparation brutale après leur ultime show.
Pour créer cette aventure musicale, l’autrice s’est librement inspirée de l’histoire du groupe Fleetwood Mac et la création de son album Rumours. L’immersion est totale, puisque Daisy Jones & The Six étale son récit sur plusieurs périodes de l’histoire du groupe et plonge les lecteurs dans les coulisses, des fêtes dantesques à l’intimité du tour bus. Fort de son succès, l’ouvrage, disponible en format poche, a eu le droit à une adaptation sur Prime Video en 2023 nommée aux Golden Globes. À l’écran dans cette minisérie produite par Reese Witherspoon, la bande est notamment incarnée par Riley Keough, Suki Waterhouse, Sam Claflin ou encore Camilla Morrone.
|Your Lie in April, de Naoshi Arakawa
Présenté comme un métronome humain, Kôsei est un génie du piano à tout juste 11 ans. L’entraînement sévère infligé par sa mère lui permet de survoler n’importe quelle compétition à laquelle il participe. Mais, lorsque celle-ci décède d’une longue maladie, l’adolescent subit un traumatisme et abandonne complètement la musique. Quelques années plus tard, sa rencontre avec Kaori, violoniste pleine d’énergie, et le lien qui les unit le poussent à renouer avec sa passion et son passé.
Pour cette première œuvre, Naoshi Arakawa a apporté un soin tout particulier à sa représentation de la musique classique et de ses musiciens à travers entretiens et documentation. La dynamique entre Kôsei et Kaori, opposant deux visions de la musique, est au cœur du récit, mais la véritable réussite de celui-ci est de tenir en haleine ses lecteurs au fil des 11 tomes du manga édité par Ki-oon et de leur offrir un véritable ascenseur émotionnel. Il existe également une adaptation en 22 épisodes, tout aussi brillante, pour les fans d’anime.
| Murder Falcon, de Daniel Warren Johnson
Jake vit des temps difficiles. Son groupe de musique s’est séparé et il se retrouve sans amour et sans avenir. Jusqu’au jour où un monstre – Murder Falcon, un faucon anthropomorphe bionique – fait son apparition chez lui, le tire de sa délicate situation et lui annonce qu’il a besoin de lui et sa guitare pour sauver la Terre de l’invasion en cours. Le duo va alors devoir s’entourer pour utiliser toute la puissance du heavy metal et combattre le mal.
Malgré ce pitch classique, Murder Falcon est une aventure jouissive et déjantée, avec une morale qui se dessine en filigrane et un hommage non dissimulé à ce genre musical cher à Daniel Warren Johnson. Comme il a pu le faire avec Do a Powerbomb et l’univers du catch, l’auteur se fait plaisir et multiplie les références à l’esthétique métal. L’autre attrait de ce comics, proposé par la maison d’édition Delcourt, est la faculté du dessinateur à toujours réussir à nous plonger dans des univers graphiques colorés et remplis d’action, bien aidé par le travail de son coloriste Mike Spicer.
|The Get Down, de Baz Luhrmann, sur Netflix
Cette superproduction Netflix propose son histoire de la création du hip-hop dans le Bronx à la fin des années 1970. Alors que le disco règne en maître, Zeke, jeune poète qui écrit ses textes de son côté, rencontre Shaolin Fantastic, DJ à l’ambition débordante, et crée avec d’autres amis The Get Down Brothers. À travers la vie de leur groupe, les block parties, les soirées endiablées en club, se dresse le portrait de ces quartiers vivants, mais frappées par la pauvreté et la criminalité, qui posent alors les fondations de l’une des plus grandes révolutions culturelles.

Baz Luhrmann (Moulin Rouge, Elvis) a eu besoin d’années de travail et des conseils de pointures du milieu, comme Nas ou Grandmaster Flash – seul personnage réel figurant dans la série – pour peindre cette fresque gigantesque où se mêlent destinées individuelles, et réalités sociales et politiques de toute une ville. Côté casting, de nombreux visages sont devenus des figures connues d’Hollywood : Justice Smith (Détective Pikachu), Shameik Moore (Spider-Man: Into the Spider-Verse), Yahya Abdul-Mateen II (Wonder Man) ou même Jaden Smith.
Série la plus chère de Netflix à sa sortie, The Get Down a connu un grand succès avec ses six premiers épisodes sortis en 2016, avant que les difficultés de production et la réception mitigée de la seconde partie en cinq épisodes n’aient raison du show. À noter également la création d’une bande originale d’une vingtaine de titres pour accompagner la série.
| I’m Not There, de Todd Haynes
Ce long-métrage dirigé par Todd Haynes (Velvet Goldmine, Carol) s’intéresse à la vie de Bob Dylan pour dresser le portrait de six personnages différents, chacun inspiré par une période de la vie du chanteur. Sans jamais le nommer, cinq acteurs et une actrice se relaient dans ce biopic en forme de mosaïque. Les différentes personnalités du musicien prennent vie et le film s’intéresse ainsi tour à tour à l’enfant, au poète, au prophète ou au comédien, accompagnés d’autres personnages eux aussi librement inspirés par ses contemporains.
Sorti en salles en 2007, I’m Not There est composé d’un casting cinq étoiles : Christian Bale, Heath Ledger, Richard Gere, Ben Whishaw, le jeune Marcus Carl Franklin pour incarner l’enfant, mais surtout Cate Blanchett, nommée dans de multiples cérémonies pour ce rôle. Avec ce film, le réalisateur bouscule les codes et offre une vision rare dans le genre du film biographique. Dix-sept ans plus tard, la vie de Bob Dylan fait l’objet d’une nouvelle adaptation, portée cette fois-ci par Timothée Chalamet, également saluée par la critique et le public.