Critique

La poupée : faut-il voir la nouvelle comédie avec Vincent Macaigne et Cécile de France ?

22 avril 2026

Par Lisa Muratore

Illustration
Vincent Macaigne et Zoé Marchal dans “La poupée”, en salle le 22 avril 2026. ©Novoprod Cinema

Avec La poupée, Sophie Beaulieu offre une comédie absurde et féministe sur le mal-être amoureux. Une proposition amusante qui manque parfois d’envergure. Critique.

Introduction

Rémi (Vincent Macaigne) partage sa vie avec une femme… en plastique. En effet, après une lourde rupture amoureuse, ce commercial spécialisé dans la pelouse synthétique se paie quotidiennement les services d’une poupée, Andrey (Zoé Marchal), qui, de manière inexplicable, va un jour prendre vie. Au même moment, au travail, une nouvelle intérimaire, Patricia (Cécile de France), débarque. De quoi chambouler les certitudes de Rémi, qui avait jusqu’alors perdu foi en l’amour.

Vincent Macaigne et Cécile de France dans La poupée. ©Novoprod Cinema

L’éveil féministe

Avec La poupée, Sophie Beaulieu – qui signe également le scénario – présente un film aussi absurde que féministe. Car, au-delà de la simple comédie romantique sur fond de triangle amoureux, le long-métrage est également le récit initiatique de Rémi à travers les relations humaines, et de sa « doll » désormais humaine incarnée avec brio par Zoé Marchal. Cette dernière s’ouvre au monde, l’interroge et expérimente ainsi les méandres féminins, entre contraintes patriarcales et envies d’indépendance.

À ce propos, les personnages féminins qui peuplent l’écran témoignent de cette liberté. Patricia ne rêve que d’une chose : devenir monitrice de parapente. La sœur de Rémi est une membre active de son cercle des femmes, tandis qu’Audrey tente de combattre les préjugés masculins à travers son éveil féministe. Il se dégage ainsi de La poupée un propos aussi fort que subtilement amené sur la condition féminine.

Vincent Macaigne, Zoé Marchal et Cécile de France dans La poupée. ©Renaud Konopnicki

Son trio comique

Le film n’en oublie pas pour autant son pouvoir comique grâce à son trio de tête. Vincent Macaigne se glisse à nouveau dans la peau d’un homme en mal d’amour et retrouve pour l’occasion sa partenaire de jeu de La venue de l’avenir (2025), Cécile de France. Après avoir campé une restauratrice de musée en roue libre dans le long-métrage de Cédric Klapisch, l’année dernière, l’actrice déploie un jeu drolatique, toujours aussi naturel. Zoé Marchal, révélation du long-métrage, incarne, sous ses airs de bimbo, une poupée au franc-parler amusant.

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Ceci étant dit, La poupée demeure un film assez confidentiel, que ce soit dans sa mise en scène ou bien dans son rythme. Si Sophie Beaulieu utilise à merveille des décors presque anesthésiés ou synthétiques afin de parachever sa démonstration autour de l’univers superficiel de la poupée, le long-métrage peine parfois à convaincre par l’absurdité de son ton.

La bande-annonce de La poupée.

Rappelant le principe de la dramédie Une fiancée pas comme les autres (2007) avec Ryan Gosling, cette comédie fantastique manque parfois d’envergure ou d’émotion pour véritablement convaincre. Restera tout de même son atmosphère, mais surtout un casting au pouvoir comique réussi. Pour un premier film, Sophie Beaulieu offre une œuvre cinématographique décalée et prometteuse.

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