L’arrivée de nouveaux AirTag (2e génération) replace sur le devant de la scène les petits traqueurs numériques qui permettent de retrouver vos objets égarés. De petits gadgets pas si inutiles, surtout à quelques mois des départs en vacances. Comment fonctionnent-ils et quels sont les critères pour bien les choisir ?
Cinq ans après avoir bousculé le marché des traqueurs en proposant les AirTag en 2021, Apple fait évoluer le petit accessoire avec un haut-parleur 50% plus puissant et des capacités de localisation supérieures qui utilisent toujours les technologies UWB (Ultra Wideband ou bande ultralarge) et Bluetooth.
Le Bluetooth, colonne vertébrale des traqueurs
Les AirTag d’Apple et la grande majorité des traqueurs pour système Android n’utilisent donc pas les protocoles GPS ou wifi, bien trop gourmands en énergie, pour donner leur position. Ces petites balises émettent un signal Bluetooth périodique, chiffré et anonyme, que votre smartphone peut détecter. Avec sa fréquence à 2,4 GHz et sa grande amplitude de signal, le Bluetooth permet de couvrir une large superficie. Selon les modèles, les balises peuvent être détectées à une distance théorique de 100 mètres. Dans la pratique et en extérieur, les traqueurs peuvent être perçus sur un rayon de 30 à 40 mètres.

En intérieur, les murs et les obstacles font rapidement « tomber » la distance de communication à une dizaine de mètres. Le point faible du Bluetooth est son manque de précision. Il est souvent de l’ordre de quelques mètres. Les applications utilisent les variations de puissances du signal (RSS, Received Signal Strength) pour vous indiquer si vous vous rapprochez ou si, au contraire, vous vous éloignez. Les balises étant majoritairement équipées d’un haut-parleur, le plus simple et le plus rapide est alors de déclencher la sirène pour une localisation à l’oreille.
UWB : trois lettres pour plus de précision
Ce manque de précision est parfois pallié par l’utilisation d’une autre puce UWB. Celle-ci mobilise une technologie de communication sans fil différente, qui fonctionne sur une bande de fréquence très large, allant de 3,1 à 10,6 GHz. Cette spécificité lui permet de ne pas être perturbée par les autres ondes domestiques.
Les puces UWB (qui agissent comme émetteur et récepteur) envoient de courtes impulsions radio de l’ordre de la nanoseconde avec peu de puissance, mais déclinée sur plusieurs fréquences pour maximiser les chances de réception. Il faut donc être proche pour recevoir le signal, mais celui-ci permet de localiser les puces émettrices avec une précision de l’ordre du centimètre. Pour cela, les puces utilisent le temps de vol (Time of Flight ou TOF). Ainsi, selon le temps qu’a mis le signal à arriver jusqu’au récepteur, on peut évaluer la distance qui le sépare de l’émetteur. On retrouve cette notion de TOF sur certains lasers présents dans les smartphones pour mesurer la distance avec le sujet lors d’une prise de vue en photo. Bon point : si plusieurs puces UWB sont présentes, il est également possible d’améliorer la localisation par triangulation. En plus de la distance, les puces UWB permettent d’indiquer la direction du signal pour aider à trouver vos balises. Un point intéressant, exploité par Apple ou Samsung en mode réalité augmentée pour faciliter vos recherches.

Si le Bluetooth est du genre universel, les protocoles UWB ne suivent pas (pour l’instant) cette règle. Les puces U1 ou U2 d’Apple ne fonctionnent donc pas avec les puces UWB de Samsung. Difficile dans ces conditions de créer un maillage dense de plusieurs puces UWB.
La force de la communauté
Si le Bluetooth permet de localiser une balise peu éloignée, vous pouvez aussi repérer votre accessoire sur des distances beaucoup plus importantes, sur des centaines, voire des milliers de kilomètres. Comment la magie opère-t-elle ? De magie, il n’est point question, bien sûr. Les fabricants comme Apple, Samsung ou Google proposent « simplement » d’utiliser les nombreux appareils Bluetooth nous entourant pour créer un maillage capable de localiser votre balise.

Quel que soit l’iPhone, l’iPad, le Mac ou l’Apple Watch qui passe à côté de votre traqueur, celui-ci envoie de manière chiffrée et anonyme une information de localisation à Apple, qui vous transmet alors la position. Il en va de même avec les produits Samsung ou l’écosystème Android. Bien sûr, plus le nombre d’objets qui entoure votre balise est grand, plus l’information sera précise.
Comment bien choisir son traqueur ?
Si vous utilisez l’écosystème Apple, l’utilisation des AirTag de la marque est une évidence, même s’il existe des modèles compatibles moins onéreux. Comme souvent, l’intégration du produit est tout simplement excellente et ne posera aucun problème.
La situation est identique pour les possesseurs de smartphones Samsung. Les SmartTags 2 sont tout désignés et le réseau Galaxy Find Network s’avère suffisamment dense pour être très performant. Pour le reste, il faudra compter sur le réseau Google Find My Device (Localiser), qui s’améliore de version en version, avec notamment la prise en compte des puces UWB.

Pour les autres points, il est important de vérifier que vos balises sont résistantes aux intempéries (à minima IP64 et mieux avec IP67). La présence d’une puce NFC est un petit plus qui permet d’indiquer un message sur les smartphones en contact avec les balises perdues (email, téléphone).
Vérifiez également qu’il est possible de changer la batterie, dont la durée de vie peut varier entre un à deux ans. Il est important de prendre un modèle équipé d’un haut-parleur afin de localiser la balise à l’aide d’une sirène. Enfin, vous pouvez prendre en compte les dimensions des balises, mais également les systèmes d’accroche.