Entretien

Hervé pour Adrénaline : “J’ai toujours eu dans un coin de ma tête cette envie de faire un album de guitare”

29 mai 2024
Par Benoît Gaboriaud
Hervé a présenté son nouvel album, “Adrénaline”.
Hervé a présenté son nouvel album, “Adrénaline”. ©Lorelei Buser Suero

Sacré Révélation masculine aux Victoires de la musique en 2021, il fait le pont mieux que personne entre l’indie-pop british et la chanson française. Hervé revient avec Adrénaline, un troisième album effervescent enregistré dans l’instinct en Angleterre, sous l’influence des groupes qui ont bercé sa jeunesse, comme T. Rex ou The War on Drugs. Rencontre.

Pour la première fois, la guitare électrique fait son entrée dans le répertoire d’Hervé, marquant une évolution majeure dans sa discographie énergique. Une évidence pour l’artiste fan de foot, mais aussi de britpop. On la retrouve notamment dans les titres CLASHHH!, Sémaphore ou Encore. Pour L’Éclaireur, il revient sur la genèse de cet album qu’il avait envie de réaliser depuis toujours. Par ailleurs, il présentera à l’occasion de plusieurs showcase cet opus inédit. Hervé sera ainsi présent, ce 1er juin à la Fnac Bercy avant de se produire à la Fnac Bordeaux, le 15 juin prochain.

Clip de Sémaphore d’Hervé.

Votre troisième album s’intitule Adrénaline, est-ce votre carburant ?

Sur scène, dans mes clips, mais aussi dans mon quotidien, j’ai toujours été dopé à l’adrénaline. C’est ma drogue. Quand j’ai un rendez-vous, je pars toujours à l’arrache pour réellement prendre conscience que je vais quelque part.

Pourquoi avez-vous enregistré Adrénaline en Angleterre ?

Avec mon groupe Postaal, j’y ai passé beaucoup de temps. Mon label y était implanté. J’y ai même fait une tournée. L’Angleterre et son atmosphère me manquaient. J’ai donc eu envie d’y retourner et d’y refaire un disque dans l’instinct, mais de manière plus collective. J’ai embarqué mes musiciens dans l’aventure, mais nous y sommes restés seulement une quinzaine de jours. Nous avons donc tout enregistré dans ce laps de temps très court pour que je puisse ensuite finaliser l’ensemble chez moi. Je suis parti en Angleterre en février et l’album sort fin mai. 

Hervé. ©Lorelei Buser Suero

Pourquoi avez-vous jeté votre dévolu sur Brixham ?

Brixham se situe pile en face de Plougasnou, en Bretagne, près de chez mon père où j’ai réalisé mes deux albums précédents. Pour le troisième, je voulais vraiment le faire de l’autre côté de La Manche. J’y ai trouvé cette maison incroyable. Le propriétaire a travaillé longtemps chez Abbey Road, à Londres. Il y avait l’ampli de Paul McCartney, la cloche des Who : un endroit dingue ! Tous les grands y sont passés. J’y suis allé en ferry puis en van en écoutant Radio One et BBC 6. J’avais besoin de renouer avec ses vibes. Il faisait mauvais. J’ai dû interrompre certaines prises à cause du vent, mais c’était génial. J’y ai trouvé ce cachet so british que je cherchais. 

Quel est votre rapport avec la pop britannique ?

J’ai toujours été très influencé par la pop britannique. J’en écoute énormément, des années 1970 à nos jours, comme Idles, Fontaines D.C., Shame, King Krule, et avant eux, Primal Scream, The Charlatans, Oasis, Blur, Pulp… il y a tellement de groupes U.K. que j’adore ! Dans mon premier EP déjà, il y avait des influences jungle ou drum and bass.

Hervé – Comme tout le monde

Et aujourd’hui, vous faites entrer la guitare dans votre répertoire, une nouveauté.

Jusque-là, j’avais produit des disques très synthétiques, avec beaucoup de claviers, mais déjà, dans mon second album, je voulais mettre de la guitare. Finalement, je suis parti dans une autre direction avec des samples et du breakbeat, en travaillant ma voix comme un instrument. Mais cette fois-ci, la guitare s’est imposée, comme une évidence.

Il y en a dans toutes mes influences françaises, de Bashung à Noir Désir. J’en écoute énormément, des Smiths à The War on Drugs. J’ai toujours eu dans un coin de ma tête cette envie de faire un album de guitare. Je l’ai enfin réalisé !

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Pour cet album, vous avez fondé votre label Mélancolie F.C., qui porte le nom de votre tout premier single, en hommage à votre passion pour le foot.

En Angleterre, il y a un lien très fort entre la pop et les clubs de foot, qui n’existe pas vraiment chez nous. Les frères Liam et Noel Gallagher ont longtemps été liés au Manchester City Football Club. Ces liens m’ont toujours fasciné.

Du coup, vous avez invité Éric Cantona sur le titre Adrénaline.

Je ne pouvais pas produire un album qui s’appelle Adrénaline sans inviter Éric Cantona à y participer ! Il m’a soutenu pendant des années, dès le début. J’avais repris ses mots dans l’émission Boomerang d’Augustin Trapenard, sur une mélodie de T. Rex, une autre de mes grandes influences. J’ai d’ailleurs des titres hyper T. Rexien sur l’album. J’avais envie qu’il écrive un morceau, puis je suis tombé sur des messages qu’il m’avait laissés. Finalement, je me suis dit que ça ferait l’affaire, que ce serait plus authentique. Le clin d’œil fonctionnait très bien ainsi. 

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Hormis la petite introduction d’Éric Cantona, ce titre est instrumental. L’avez-vous pensé comme un interlude ?

Oui, c’est hyper important. Ce morceau contribue à définir le mood du disque. Il signifie qu’on a le temps. Dans cette balade, il y a aussi un côté très U.K., un brin trip-hop ou easy listening. 

Vous parliez de T. Rex, comment les avez-vous découverts ?

J’ai découvert Cosmic Dancer de T. Rex dans la BO de Billy Elliot : un choc, la musique comme le film. Les années Thatcher, durant lesquelles se déroule l’action, ne me parlaient pas à l’époque. Au moment où j’ai vu le film, j’avais l’âge du personnage principal, je m’y suis alors totalement identifié. Son idée de se réaliser, de suivre ses rêves, m’a bouleversé. 

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La chanson Le Tube de l’été est vraiment un tube. De quoi parle-t-elle plus exactement ?

Parmi toutes les chansons que j’ai écrites, c’est celle qui me ressemble le plus. Elle parle de mon rapport au monde, de comment je m’y positionne et de comment, au final, je m’en fiche, comme en témoigne le refrain au sifflet hyper décontracté. Je l’adore, le clip devrait sortir à la rentrée.

Vous avez annoncé, entre autres, cinq dates à La Maroquinerie du 20 au 24 novembre 2024. Pourquoi avez-vous choisi de vous produire dans cette petite salle ?

Désormais, je fais un Olympia par an, et c’est génial, mais j’avais envie de davantage de proximité avec le public pour cet album. J’adore cette salle et sa terrasse extérieure où on peut se retrouver après le concert. Ce sera en novembre, il fera gris et froid : à l’anglaise !

Hervé sera du 20 au 24 novembre 2024 à La Maroquinerie, à Paris. Billetterie par ici.

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