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Test Labo du Sony Alpha 7S II FE (28-70mm) : le noctambule

31 mars 2017
Par Romain Challand
Test Labo du Sony Alpha 7S II FE (28-70mm) : le noctambule

En résumé

Note LABOFNAC

Doit-on s’inquiéter de voir l’Alpha 7S II ne récolter que 4 étoiles ? Pas forcément. Évidemment, le produit pêche en résolution, mais c’est logiquement dû à un choix fort : celui de privilégier la sensibilité. Et effectivement, le boîtier excelle dans ce domaine, sans pour autant battre à plates coutures les autres membres de la gamme A7. Pour le reste, on salue encore une fois la fidélité colorimétrique, ainsi que le design et l’ergonomie du boîtier, même si des choses restent encore perfectibles.

Note technique

Les plus et les moins

Les plus
  • Excellente sensibilité
  • Fidélité colorimétrique
  • Design soigné
Les moins
  • Écran non tactile

Notre test détaillé

L’A7S II est la deuxième version de l’hybride spécialiste de la sensibilité de Sony. Le premier modèle avait déjà largement séduit dans ce domaine, et le deuxième devrait faire de même. Voyons cela tout de suite.

Le Sony Alpha 7S Mark II, c’est la version du A7S II portée sur la sensibilité. On ne s’étonnera donc pas que ces deux-là partagent une grosse partie de leur fiche technique. Le boîtier intègre ainsi un capteur plein format, ici limité à 12,1 mégapixels, mais disposant de photosites plus gros. Pensé pour la sensibilité, et la photo de nuit, ce boîtier possède en outre une plage ISO allant de 100 à 102400, et qu’il est même possible de pousser jusqu’à 409600 ISO. Il n’y a pas vraiment de changement ergonomique entre ce modèle et le A7II, et le boîtier intègre un viseur électronique 100 % de 2 359 296 points, un écran LCD de 1 228 800 points, et des puces Wi-Fi et NFC.

L’ergonomie et le design

Comme on le mentionnait déjà lors du test de l’Alpha 7 Mark II, les évolutions sont infimes depuis le tout premier A7. Seul un nouveau bouton de réglage C2 intègre la carcasse de l’appareil, tandis que la poignée de préhension a gagné en largeur et intègre désormais le déclencheur. Il en résulte un produit plus agréable à utiliser.

sony alpha 7s II

On peut par contre lui reproche, encore et toujours, l’absence d’un écran tactile, technologie que Sony ne s’est toujours pas décidé à fournir à ses produits. Et c’est dommage, d’autant plus quand un boîtier se commercialise à un tel tarif. Bref, ce n’est pas le seul souci que rencontre l’écran puisque l’inclinaison, de 90 degrés dans les deux sens, n’est pas aussi poussée que chez d’autres références de la marque.

sony alpha 7s II

Autrement, le viseur électronique OLED est toujours très agréable à utiliser, et le look du boîtier a toujours le don de faire notre bonheur.

L’optique

Rappelons que tous les modèles A7 ont été testés par nos soins avec le même objectif : un 28-70mm f:3,5/5,6 OSS de Sony. Ainsi, la comparaison entre les différents boîtiers se veut encore plus pertinente, notamment sur les qualités de l’optique, et donc aux légères différences qui proviennent du boîtier. Mais si vous avec déjà lu nos précédents tests d’A7, vous ne serez pas surpris puisque les résultats sont globalement similaires.

On mesure ainsi une distorsion de seulement 0,08 % en grand-angle et de 0,08 % en téléobjectif, tandis que nos tests de vignettage font apparaître des valeurs de 0,38 et 0,39d sur la courte comme la longue focale, ce qui est assez négligeable. Enfin, les aberrations chromatiques sont comme souvent infimes, même si ce modèle semble y être un peu plus sujet que les autres.

La colorimétrie

On le répète souvent, mais l’intégralité de la gamme A7 s’en tire bien, voire très bien en fidélité colorimétrique. On mesure 4,3 de delta E sur cet appareil en lumière du jour, et 4,7 et 7,8 sous éclairages Fluo et Tungstène. C’est dans l’ensemble très bon, même si d’autres représentants de la gamme font un peu mieux en lumière naturelle. Le plus doué de la bande s’avère être l’Alpha 7R de première génération, avec un delta E de 3,8. Il n’y a par contre pas meilleur que l’A7SII sous lumière fluo.

Sony A7s II Color checker

Fidélité des couleurs

Côté balance automatique des blancs, il semblerait que la formule magique trouvée avec le tout premier A7 ne fonctionne plus tout à fait avec ses successeurs. Attention, les résultats restent ici flatteurs, mais un peu moins qu’auparavant. De plus, les photos en basse luminosité ont souvent tendance, comme de rigueur chez Sony, à se teinter de jaune.

La sensibilité

Parlons maintenant sensibilité, puisque qu’il s’agit là après tout de la caractéristique principale de cet appareil, qui se vanterait presque de voir la nuit. Dans ce domaine, on peut dire que la promesse est tenue. Le produit excelle et s’avère même être le meilleur de la série A7. On mesure un niveau de bruit de 38,7 dB à 100 ISO, 34 dB à 1600 ISO, et 30,8 dB à 6400 ISO. En comparaison, on mesure 37,2, 30,5 et 25,7 dB pour le A7RII aux mêmes sensibilités. À 51200 ISO, on mesure encore un niveau de 22,6 dB, ce qui est tout à fait bon pour un tel niveau, où d’autres très bons boîtiers passent en dessous des 20 dB.

SonyA7sII Bruit 6400 Iso

Sensibilité bruit

Côté préservation des textures, la conclusion n’est pas tout à fait la même. Si le A7SII se montre meilleur que le A7RII jusqu’à 6400 ISO (17 % de perte), l’égalité est vraiment de mise sur les valeurs supérieures. L’avantage du A7SII, c’est finalement qu’il puisse monter jusqu’à 409600 ISO, ce que les noctambules apprécieront. Mais la perte de qualité reste inévitable.

Sony A7s II Texture 6400 Iso

Préservation des textures

Ce que l’on constate finalement, c’est que le A7SII ne parvient pas totalement à prouver sa supériorité dans le domaine de la sensibilité, puisque la haute résolution du A7RII lui permet pratiquement de rivaliser. On est donc face à deux écoles : celle qui opte pour des photosites plus gros, ou celle qui opte pour plus de photosites.

L’autofocus

Étrangement, la gamme A7 n’est pas homogène quand il s’agit d’autofocus, même si aucun n’excelle réellement dans ce domaine. Toutefois, les modèles S et R parviennent tous à shooter une ligne de gris à 2%, ce qui prouve leur habileté en faible contraste. Et le modèle A7SII se montre même un peu plus rapide que les autres membres de sa famille puisqu’on mesure un temps d’AF + déclenchement de 0,32 seconde.

La rapidité

Associé à l’objectif 24-70mm, l’A7SII fait belle figure en matière de rapidité d’allumage + prise de vue, puisqu’on mesure seulement 1,43 seconde, quand l’association avec le 55mm f/2.8 de Zeiss obtient 2,42 secondes. Entre deux images, notre boîtier est en revanche loin d’être excellent puisqu’on relève 0,82 seconde.

La résolution

Autant le dire tout de suite, l’Alpha 7SII n’est pas un as quand il s’agit de parler de résolution. Mais, il y a une bonne raison à cela, qu’il n’est pas inutile de rappeler. En effet, la gamme A7 se compose d’un modèle “basique”, et de variantes A7R et A7S. Si la version A7R fait la part belle à la résolution, utilisant un capteur plein format de 42,4 mégapixels, la version A7S se tourne vers la sensibilité. Ainsi, le capteur ne fait que 12,2 mégapixels, mais ses photosites sont plus gros, ce qui lui permet d’emmagasiner plus de lumière, et d’être théoriquement plus doué la nuit.

Sony A7sII Res GA

Résolution : Grand angle

Sony A7sII Res TL

Résolution : téléobjectif

Voilà pourquoi on mesure seulement 1248 LP/PH (paires de lignes par la hauteur de l’image) à 28mm, et 1159 LP/PH à 70mm. Avec le même objectif, le A7RII obtient des résultats autrement plus flatteurs : 2028 et 1921 LP/PH. Pour vos tirages très grand format, autant privilégier ce dernier donc.

Conclusion

Note LABOFNAC

Doit-on s’inquiéter de voir l’Alpha 7S II ne récolter que 4 étoiles ? Pas forcément. Évidemment, le produit pêche en résolution, mais c’est logiquement dû à un choix fort : celui de privilégier la sensibilité. Et effectivement, le boîtier excelle dans ce domaine, sans pour autant battre à plates coutures les autres membres de la gamme A7. Pour le reste, on salue encore une fois la fidélité colorimétrique, ainsi que le design et l’ergonomie du boîtier, même si des choses restent encore perfectibles.

Article rédigé par
Romain Challand
Romain Challand
Journaliste