Pour la dernière date européenne de sa tournée anniversaire, Simple Plan jouait à guichet fermé à l’Accor Arena ce samedi 31 octobre. On y était, et on en est ressortis avec un énorme shot de nostalgie.
Introduction
Ces dernières années, les concerts sont devenus de véritables démonstrations de force. Les artistes rivalisent d’inventivité pour concevoir des spectacles toujours plus impressionnants. Sabrina Carpenter et sa maison de poupée géante à plusieurs étages, Rosalía et son show découpé en tableaux mêlant chant, danse et opéra, The Weeknd et sa statue dorée de 12 mètres, ou, plus récemment, Bigflo et Oli et leur lune et leur avion géants survolant le public : sur scène, la surenchère semble être devenue la norme.
Et puis, il y a Simple Plan. Samedi 31 octobre, les Québécois faisaient escale à Paris pour la dernière date européenne de leur tournée Bigger Than You Think!, lancée en 2025 pour célébrer leurs 25 ans de carrière. Une tournée que le groupe présente comme la plus ambitieuse qu’il ait menée depuis 20 ans.
Après les prestations de Charlotte Sands et de Neck Deep, les musiciens ont investi un Accor Arena complet pour près de deux heures de concert. Leur force ? Prendre le contre-pied du spectaculaire et miser sur ce qui les a toujours fait tenir : leurs chansons, leur énergie et le lien qui les unit à leur public.
La nostalgie comme seul décor
Pas d’objets volants ni de statue monumentale, encore moins de scénographie démesurée. Sur scène, le groupe, ses instruments et un écran géant, où défilent animations et images d’archives retraçant les deux dernières décennies écoulées. Le programme est simple, presque évident : faire remonter le temps.
Et pour convoquer les souvenirs, rien ne vaut les morceaux qui ont accompagné toute une génération. I’d Do Anything, Nothing Changes, Jump, Jet Lag, Addicted, Welcome to My Life, Untitled, Astronaut, Can’t Keep My Hands Off You, Where I Belong, Perfect… Les titres s’enchaînent, et avec eux, les souvenirs d’adolescence. Dans les gradins comme dans la fosse, le public connaît les paroles par cœur. Il ne se contente pas d’assister au concert : il le chante.
Sur Summer Paradise, des ballons géants rebondissent au-dessus de la foule. Pour le reste, les sauts de Pierre Bouvier, les solos de guitare de Sébastien Lefebvre et Jeff Stinco, ou encore Chuck Comeau qui se lance dans un bain de foule en crowd surfing, suffisent à maintenir la salle en mouvement. Pas besoin d’en faire davantage : l’énergie du groupe fait le travail.
Un karaoké géant avec Scooby-Doo en guest stars
Un concert le soir d’Halloween ? Simple Plan ne pouvait pas laisser passer l’occasion. Le groupe invite sur scène des dizaines de personnes déguisées en Scooby-Doo, qui viennent danser à ses côtés dans un joyeux désordre. La séquence est aussi improbable que réjouissante, à l’image d’une soirée qui ne se prend jamais trop au sérieux.
Mais le véritable moment de communion survient un peu plus tard, lorsqu’une succession de classiques des années 2000 et 2010 s’invite au milieu du set. Mr. Brightside, Sk8er Boi, All Star… En quelques notes, l’Accor Arena se transforme en karaoké géant. Des milliers de voix reprennent les refrains à pleins poumons, sans hésitation et sans fausse pudeur. Les années ont passé, mais les paroles, elles, n’ont pas bougé. Difficile de ne pas se laisser emporter.
Des attentions qui valent toutes les pyrotechnies
La réussite de ce concert ne tient pourtant ni à sa setlist, ni à ses séquences les plus insolites. Elle repose surtout sur la relation que Simple Plan entretient avec son public. Entre deux chansons, Pierre Bouvier prend régulièrement la parole pour remercier les fans de leur fidélité, revenir sur l’histoire du groupe et évoquer son attachement à la France et à Paris. Le chanteur ponctue aussi ses interventions de quelques blagues sur les différences entre le Québec et l’Hexagone, entre complicité et autodérision.
Surtout, il ne se contente pas de s’adresser à la foule depuis la scène. Il rejoint les gradins, chante aux côtés des spectateurs, les prend dans ses bras, puis descend dans la fosse pour interpréter un morceau au piano, au milieu du public. La distance entre les artistes et leurs fans s’efface peu à peu. Le concert prend alors des airs de retrouvailles.
Pierre Bouvier annonce également qu’un spectateur tiré au sort parmi les personnes présentes remportera un voyage à Montréal pour assister à l’un de ses concerts à domicile. Un geste qui prolonge l’esprit de la soirée : au-delà de la performance, le groupe semble vouloir faire de cet anniversaire un moment à partager avec celles et ceux qui l’ont accompagné pendant 25 ans.
C’est peut-être là que réside sa singularité. Là où d’autres cherchent à repousser les limites du spectacle, Simple Plan cultive une proximité qui ne paraît jamais forcée. Une sincérité qui explique, en partie, pourquoi ses chansons continuent de résonner bien au-delà de leur époque.
On ne ressort donc pas de l’Accor Arena avec le sentiment d’avoir assisté à un spectacle démesuré, ni avec des images de scène à couper le souffle. Mais avec un sourire immense, une bonne dose de nostalgie et l’impression d’avoir retrouvé de vieux amis. Après 25 ans de carrière, Simple Plan n’a pas besoin d’artifices pour faire vibrer une salle entière. À Paris, samedi soir, ses chansons ont largement suffi.
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