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« Polaroïds » : le grand bain synthétique de Lescop

30 octobre 2026

Par Julien D.

Illustration
©Juliette Maurin

Un premier album génial en 2012, rebelote avec « Écho » en 2016, puis de longs mois de silence avant « Rêve Party » en 2023, qui nous rappelait que Lescop était un artiste sur qui compter pour porter avec brio l’un des plus beaux étendards de la pop française. Pas besoin de patienter si longtemps pour la suite : le french dandy sort « Polaroïds » ce 30 octobre 2026. Et c’est très réussi.

Introduction

Après les espoirs et le nécessaire besoin de renaissance évoqués dans son précédent disque (Rêve Party, sorti en 2023), Lescop livre Polaroïds, un nouvel opus ouvragé avec son fidèle acolyte Thibault Frisoni.

En 11 titres, le voyage fantasmagorique que propose le natif de Châteauroux prend cette fois une direction beaucoup plus synthétique que sur ses premiers albums.

La parabole avec la photographie apparaît presque naturellement, comme dans un bac de révélateur dans un labo de développement photo : lumière rouge allumée, personne ne sort, personne ne rentre en attendant que l’image apparaisse, à son rythme.

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Puisqu’on parle d’image, justement : le vrombissement du polaroïd en guise d’intro, et les chansons de Lescop prennent cette étrange brillance alors que parfois les détails de l’image restent flous. Rappelez-vous ce Dérangé mis en boîte il y a dix ans : comme souvent avec un cliché argentique, il n’a pris aucune ride.

Deux premiers albums que les critiques et un public friand de new wave/cold wave/post-punk ont vus d’un bon œil, réveillant en eux la nostalgie d’un âge d’or que Mathieu Lescop, né en 1977, n’a pourtant pas vraiment vécu.

French pop wave

Cette fois, il faudra donc faire le deuil des guitares et des textures de batterie punky qui pouvaient résonner (discrètement, c’est vrai). Si l’on peut dresser d’évidents parallèles avec l’une des bandes-son de la pop française des eighties (Étienne Daho, Daniel Darc, Jacno), Polaroïds reflète pourtant des vibrations bien actuelles, évitant ainsi la redite à la note près, comme cela arrive parfois quand des artistes ou groupes empruntent un langage musical préexistant.

Avec Polaroïds, on navigue avec appétit dans les mirages de l’âme humaine. Entre vibrations synthétiques, reflets pop, postures dandy-rock et obsessions cinématographiques, Lescop trace ce nouveau sillon sans renier ses influences ni les répéter à l’identique.

À l’image de la superbe pochette façon David Hockney, Lescop nous entraîne dans son univers singulier, mi-clinquant, mi-glaçant. Des chansons en forme d’instantanés, pris sur le vif et qui évoquent ces décors en trompe-l’œil.

Un single hyper catchy (Comète), des collaborations avec Fishbach et Marie-Flore, la sortie d’un livre en parallèle de cet album, et nous voilà prêt.e à sauter dans ce grand bain un brin glacé que nous propose ce talentueux Lescop.

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Musique

13 juil. 2021

Article rédigé par

Disquaire à la Fnac Montparnasse

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