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Google Home va permettre le contrôle de sa maison connectée par d’autres IA que Gemini

17 septembre 2026

Par Sofian Nouira

Illustration
©Google

Home MCP laisse Claude, Hermes ou Antigravity piloter les appareils Google Home. En accès anticipé, réservé aux abonnés Premium Advanced aux États-Unis.

Introduction

Piloter ses caméras Nest ou ses appareils connectés en langage naturel depuis un assistant IA qui n’est pas maison, c’est ce que Google vient de rendre possible. La firme a lancé un accès anticipé à Home MCP, un serveur qui expose l’écosystème Google Home au protocole Model Context Protocol. Concrètement, tout agent capable de dialoguer avec ce protocole peut désormais interagir avec les appareils et l’historique d’événements d’une maison Google Home.

Le protocole en question, le Model Context Protocol, a été introduit par Anthropic en 2024. Il sert de langage commun entre un modèle d’IA et des outils externes. Google l’emploie déjà dans plusieurs de ses environnements, de Google Cloud aux plateformes de données en passant par les outils pour développeurs et Google Workspace. Son extension à la maison connectée marque toutefois une grande première parmi les grandes plateformes domotiques.

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Ce que Home MCP permet de faire

Une fois configuré, Home MCP couvre l’ensemble de l’écosystème Google Home. Cela englobe les sonnettes et thermostats Nest, les appareils Matter et ceux certifiés Works with Google Home. L’idée est de piloter tout ce petit monde par la parole, en confiant à l’agent des tâches comme surveiller l’activité de la maison, obtenir des résumés de ce que voient les caméras d’une pièce à l’autre, commander les appareils ou construire des tableaux de bord personnalisés.

Parmi les agents pris en charge figurent Claude d’Anthropic, Hermes, OpenClaw et Antigravity, la solution agentique de Google. La compatibilité avec ChatGPT est évoquée, mais elle n’apparaît pas dans la liste officielle communiquée par Google, qui s’en tient donc pour l’heure aux quatre autres.

La mise en route n’a rien d’immédiat et n’est évidemment pas à la portée de tout le monde. Il faut en effet créer un projet Google Cloud, le paramétrer pour Home MCP, transmettre cette configuration à l’agent choisi, puis lui accorder les autorisations. Une procédure qui vise donc clairement un public averti plus que le grand public.

Des garde-fous pensés dès le départ

Google n’a pas ouvert toutes les portes, au sens propre. Certaines actions jugées trop sensibles sont interdites via Home MCP, à commencer par le déverrouillage d’une serrure connectée. La reconnaissance des visages familiers captés par les caméras Nest obéit à une règle particulière, elle exige un consentement explicite et distinct, accordé par le gestionnaire du foyer.

Ces précautions ne sont pas gratuites. Taylor Lehman, chef de produit Google Home & Nest, reconnaît que la connexion à Home MCP peut, selon l’agent employé, produire un comportement inattendu voire indésirable. Une mise en garde qui dit beaucoup de la maturité encore fragile de ce type d’intégration.

Le risque le plus discuté tient à la nature même de ces agents. Le protocole a fait l’objet de signalements de failles sérieuses, notamment un défaut d’authentification imposée qui a déjà conduit à plusieurs fuites de données. S’ajoute la menace du prompt injection, ou promptware, où des instructions malveillantes dissimulées dans un e-mail ou un événement de calendrier pourraient commander des appareils domestiques à l’insu de l’occupant. Le fait que le contrôle passe désormais par une porte ouverte sur la maison rend cette perspective moins théorique.

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Un accès réservé, et pour l’instant américain

L’accès anticipé se limite aux abonnés américains de Google Home Premium Advanced, la formule la plus élevée, facturée 20 dollars par mois ou 200 dollars par an outre-Atlantique. Cet abonnement donne déjà droit à un historique vidéo plus long, à des notifications descriptives, à des alertes détaillées, à des outils de recherche dans l’historique vidéo et à des résumés quotidiens. Google n’a pas indiqué s’il comptait étendre Home MCP à des niveaux d’abonnement inférieurs.

Le déploiement s’étale sur une à deux semaines afin de couvrir progressivement l’ensemble des foyers éligibles. Aucune date n’a en revanche été communiquée pour une ouverture à d’autres pays, la France comprise, et Google ne s’est pas prononcé sur le sujet.

Google prend les devants sur ses concurrents

Cette ouverture place Google Home en tête des trois grands écosystèmes domotiques, devant Apple Home et Amazon Alexa, pour ce qui est du support d’agents IA tiers. L’approche n’est pas intrinsèquement inédite. Home Assistant propose en effet depuis plusieurs années d’intégrer des agents avancés comme OpenClaw et Claude, en s’adressant à un public particulièrement attentif à la protection de sa vie privée. Mais aucun des poids lourds grand public ne s’y était encore risqué.

Le protocole MCP s’installe par ailleurs comme un standard de fait. Google, OpenAI, Microsoft et SpaceXAI le prennent tous en charge sous une forme ou une autre, ce qui explique l’intérêt de Google à connecter sa maison à un écosystème d’agents en pleine expansion.

Pour affiner l’expérience, Google recueille les retours des premiers utilisateurs via sa communauté Smart Home for Developers, signe que cet accès anticipé reste un chantier en cours plutôt qu’un produit abouti.

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Article rédigé par

Journaliste

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