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Canal+ : 3 minutes pour comprendre l’accord à près d’un milliard d’euros pour le cinéma français

29 juillet 2026

Par Louise Lepense

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Canal+ reste le principal partenaire financier du cinéma français. ©Robert Way/Shutterstock

Canal+ promet près d’un milliard d’euros au cinéma français et européen d’ici à 2032. Un engagement majeur, conclu dans un climat tendu après la polémique « Zapper Bolloré » et les menaces de Maxime Saada contre certains signataires.

Introduction

Présenté comme « historique » par son PDG Maxime Saada, le nouvel accord conclu entre Canal+ et les organisations du cinéma français doit sécuriser près d’un milliard d’euros jusqu’en 2032. Il confirme le rôle central du groupe dans l’économie du 7e art, sans dissiper les inquiétudes nées au dernier Festival de Cannes.

Canal+, Ciné+ et OCS investiront 980 millions d’euros sur cinq ans : 190 millions par an de 2028 à 2030, puis 205 millions en 2031 et 2032, selon Le Parisien. L’accord a été signé avec le BLIC, qui représente notamment les producteurs, distributeurs et exploitants, le BLOC, qui rassemble plusieurs organisations de producteurs, d’auteurs et de réalisateurs indépendants, ainsi qu’avec l’ARP, la Société civile des auteurs-réalisateurs-producteurs.

Pourquoi Canal+ finance-t-il le cinéma ?

La chaîne préachète des droits avant que les films ne soient achevés, parfois dès leur montage financier. Ces versements contribuent directement aux tournages. En contrepartie, Canal+ conserve une place privilégiée dans la chronologie des médias : ses abonnés pourront voir les films six mois après leur sortie en salle.

La chaîne versera en moyenne 196 millions d’euros par an, contre 150 millions en 2025, 160 millions en 2026 et 170 millions en 2027. Le niveau reste inférieur aux quelques 220 millions annuels investis entre 2018 et 2024, rappelle Le Parisien. Le groupe invoque une chronologie moins favorable depuis que Disney+ peut proposer les films neuf mois après leur sortie, contre 17 auparavant.

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Canal+ promet d’aider davantage les premiers films, les nouveaux auteurs, l’animation, les productions « du milieu » et les œuvres grand public. De 20 à 22 % des investissements devraient revenir aux « films de la diversité », soit des longs-métrages au budget inférieur à 4 millions d’euros. Les films d’animation de moins de 8 millions entreront aussi dans cette catégorie, précise Vincent Girerd, directeur des chaînes cinéma du groupe, au Parisien.

Pourquoi les tensions persistent-elles ?

L’accord intervient deux mois après la tribune « Zapper Bolloré », publiée dans Libération et signée à l’origine par 600 professionnels, de Swann Arlaud à Juliette Binoche, de Jean-Pascal Zadi à Anna Mouglalis. Elle dénonçait « l’emprise grandissante de l’extrême droite » dans le cinéma et visait Vincent Bolloré, actionnaire de référence de Canal+, alors que le groupe cherche à contrôler UGC.

Maxime Saada avait ensuite déclaré ne plus vouloir financer les films de signataires portant, selon lui, « préjudice à l’image » du groupe. Interrogé par l’AFP le 28 juillet, il a confirmé :« Je reste sur ma position […] on ne financera pas leur film », tout en assurant ne pas remettre en cause la diversité du cinéma français. La Ligue des droits de l’Homme et la CGT Spectacle ont par ailleurs assigné Canal+ pour discrimination. Elles demandent qu’un mandataire contrôle pendant trois ans l’absence de mesures d’exclusion contre les signataires.

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