Une concession qui permet de faire repasser le prix de certains modèles sous le millier d’euros. Mais est-ce vraiment à l’avantage des consommateurs ?
Introduction
À chaque jour son article sur les conséquences de la crise des composants en général, et de la RAM en particulier. Largement responsable de la flambée des prix avec ses investissements massifs dans l’intelligence artificielle, Microsoft tente de ménager la chèvre et le chou avec une manœuvre que l’on risque de voir souvent ces prochains mois : rogner sur la configuration technique de ses derniers Surface Pro et Surface Laptop pour les présenter à des tarifs plus acceptables.
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Les derniers Surface Pro et Surface Laptop bridés
Après les avoir lancés avec au minimum 16 Go de mémoire vive, comme cela est la norme depuis des années, Microsoft fait machine arrière et ajoute un maillon en début de chaîne. Désormais, on peut s’offrir une version d’entrée de gamme de son ordinateur hybride 2-en-1 Surface Pro à partir de 849 $, et de son ordinateur portable Surface Laptop à partir de 949 $. Une décote d’environ 25 % par rapport aux versions lancées au printemps dernier, mais qui – vous l’avez compris – divisent la mémoire disponible par deux. Il est à noter que le store français n’accueille pas encore ces nouvelles versions sous-dimensionnées.
8 Go de RAM, pour un ordinateur Windows 11 en 2026 ? C’est peu. Très peu. Trop peu. Même pour des machines à 850 $ – surtout si l’on affiche fièrement « Pro » sur leur carte d’identité. Par ailleurs, ces ordinateurs certifiés Copilot+ sont censés pouvoir profiter de fonctionnalités d’intelligence artificielle exclusives… sauf si vous optez pour ces modèles 8 Go de RAM, un contingent de mémoire insuffisant pour assurer une expérience fluide.
Même si le processeur Snapdragon X Plus de dernière génération est très performant, il ne compensera jamais le manque de mémoire vive, véritable poumon de l’informatique. Utiliser un processeur ultrarapide avec 8 Go de RAM seulement revient, en quelque sorte, à piloter une voiture de course montée sur roulettes.
L’illusion d’un produit abordable
Vous nous répondrez peut-être : oui, mais le MacBook Neo d’Apple embarque bien 8 Go de RAM, lui. Une remarque pertinente, mais il faut rappeler plusieurs choses. La première est que le dernier best-seller d’Apple ne coûte (pour l’instant) que 699 €. Par ailleurs, macOS est un système d’exploitation bien moins gourmand en mémoire vive que ne l’est Windows 11. Sans aller jusqu’à dire, comme certains cadres de la marque, que 8 Go de RAM sous macOS équivalent à 16 Go sous Windows, on vous encourage à regarder des comparatifs de fluidité entre les deux systèmes, à configuration équivalente.
Le fait est que Microsoft s’est mis à dos une partie de sa clientèle avec la rude augmentation des prix de sa dernière génération d’ordinateurs. Un déficit de confiance qu’il faut combler au plus vite, au risque de laisser encore davantage les coudées franches à Apple, dont le MacBook Neo, encore lui, est, d’après les dires de Tim Cook, patron de la marque, le Mac qui s’écoule le plus rapidement de toute l’histoire d’Apple.
On le sait, la sortie du laptop à petit prix d’Apple a créé un véritable séisme chez les constructeurs d’ordinateurs Windows, et tous vont tenter ce genre de petits arrangements avec les fiches techniques pour tenter de se rapprocher du prix de leur concurrent. Tout cela en naviguant dans les eaux troubles d’un cours de la RAM qui fluctue plus rapidement que les prévisions météorologiques de la semaine.