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Muse : chronique d’une démesure assumée

24 juin 2026

Par Benoît Gaboriaud

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Muse. ©DR

Le groupe britannique au rock puissant et symphonique, originaire de Teignmouth, revient sur le devant de la scène avec un dixième album, The Wow! Signal. Le trio historique le défendra face au public à l’occasion d’une tournée qui s’annonce phénoménale ! L’occasion de revenir sur sa carrière flamboyante, caractérisée par de beaux sommets.

Introduction

1999. Muse, alors inconnu, dévoile en toute discrétion Showbiz, un premier album de rock alternatif qui s’inscrit dans la lignée de OK Computer de Radiohead, sorti deux ans plus tôt. Le trio, porté par le chanteur charismatique Matthew Bellamy, souffre dans un premier temps de la comparaison et de critiques mitigées.

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Imprégné de riffs de guitare, ce coup d’essai finit toutefois par bénéficier d’un bouche-à-oreille favorable, lui permettant de devenir disque de platine au Royaume-Uni.

Origin of Symmetry : le chef-d’œuvre

Pour se distinguer, alors que Radiohead emprunte une voie plus expérimentale, Muse prend le contrepoint et s’aventure, au fil du temps, vers un rock symphonique taillé pour les stades, jusqu’à l’excès, et donc parfois grandiloquent. Mais, avant de franchir cette ligne, le groupe livre en 2001 Origin of Symmetry, souvent cité comme son chef-d’œuvre. Nerveux et rêche, il est porté par deux singles redoutablement efficaces : Plug In Baby et New Born. Ce dernier, pourtant long de six minutes, commence par quelques douces notes de piano inspirées de Philip Glass. Elles ne font que cacher l’orage électrique qui se profile et qui s’épanouit grâce au falsetto extrême de Matt Bellamy. Ses envolées lyriques constituent désormais la signature du groupe.

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Dans cet album cathartique, Muse évacue toute la violence contenue et invite ses auditeurs à en faire autant pour retrouver une certaine quiétude. Une reprise, la première du groupe, figure également sur la tracklist : Feeling Good, écrite par Anthony Newley et Leslie Bricusse en 1964 pour la comédie musicale The Roar of the Greasepaint – The Smell of the Crowd, puis popularisée par Nina Simone l’année suivante.

Absolution : une dimension plus théâtrale

En 2003, Muse explore, dans Absolution, son versant sombre pour mieux s’en libérer, dans une mise en scène théâtrale et orchestrale qui, pour certains, sert à merveille l’émotion, et, pour d’autres, marque un trop-plein d’effets pompeux. Pourtant, le groupe parvient à trouver un équilibre entre puissance et mélodie.

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Pour le composer, Matthew Bellamy avoue s’être inspiré de la musique classique de la période romantique, ce qui se manifeste notamment par l’intervention de nombreux violons dans Butterflies and Hurricanes et Blackout. Ce dernier, plus doux, marque l’entrée du groupe dans un rock symphonique, teinté toutefois de nouveaux arrangements électros, comme en témoigne Endlessly.

The Resistance : symphonique !

En 2009, fini la demi-mesure : place à la démesure ! Muse se revendique alors comme un groupe orchestral et clôt tout simplement son album The Resistance par une symphonie volontairement kitsch en trois parties, Exogenesis, constituée d’une ouverture instrumentale audacieuse.

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Pourtant, fier de cette ambition, Muse revient en 2015 à un rock plus frontal avec Drones, mais déçoit considérablement. Le groupe semble alors être devenu une caricature de lui-même. Il lui faudra du temps pour s’en relever. The Wow! Signal pourrait bien le lui permettre.

The Wow! Signal : retour en grâce

Ce dixième album apparaît presque comme un best of, condensant tous les genres explorés par le groupe. L’ouverture, The Dark Forest, renoue avec la démesure orchestrale de The Resistance. Véritable brasier sonore, Cryogen, avec ses textures saturées, évoque ses débuts. Quant à Nightshift Superstar, il sublime comme jamais son penchant pour l’électro. Parfaitement entêtant, ce titre est le tube que nous attendions de Muse depuis plus de 15 ans.

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Par ses chœurs et ses beats groovy, il évoque la musique de Justice, mais se distingue par le falsetto de Bellamy, qui retrouve là toute sa superbe. Sur le titre Hush, tout aussi tubesque, il est associé, fait rare, à celui de la chanteuse Ellie Goulding. Bien que cela lui réussisse, Muse a fait peu de duos. Le dernier en date est celui avec Mylène Farmer sur Ghosts (How Can I Move On), une version revisitée du morceau figurant sur l’album Will of the People (2022). Cela deviendra, nous l’espérons, une habitude. L’histoire nous le dira. Quant à celle de Muse, elle semble bien, avec ce nouvel opus, reprendre son souffle.

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