La nouvelle série de science-fiction de Netflix arrive dans le sillage des frères Duffer. Mais ce récit de retraités ne prolonge pas directement l’univers d’Hawkins.
Introduction
Parlons clairement : The Boroughs n’est pas un spin-off de Stranger Things. Disponible sur Netflix depuis ce 21 mai, la série est créée par Jeffrey Addiss et Will Matthews, déjà associés à Dark Crystal : le temps de la résistance, tandis que Matt et Ross Duffer interviennent comme producteurs exécutifs.
N’en déplaise aux fans d’Eleven et de sa bande, ici, exit Hawkins, les vélos, les sous-sols et les adolescents partis traquer les monstres. La série prend place dans une communauté de retraités du Nouveau-Mexique, où Sam, veuf, découvre qu’une menace venue d’ailleurs rôde dans la résidence. Pour l’affronter, il devra s’allier à un groupe de résidents incarnés par Alfred Molina, Geena Davis, Alfre Woodard, Denis O’Hare, Clarke Peters et Bill Pullman.
Pourquoi la comparaison avec Stranger Things revient-elle autant ?
Le parallèle tient à une parenté de construction. Dans les deux séries, un groupe de personnages se retrouve seul face à un danger que le reste du monde ne veut pas voir. « The Boroughs est probablement le projet qui partage le plus d’ADN avec Stranger Things, parce qu’il raconte l’histoire d’un groupe de marginaux qui combattent un mal venu d’ailleurs, a même reconnu Matt Duffer, dans des propos rapportés par Deadline en janvier. Cette fois, nos marginaux sont un peu plus âgés. Ils se déplacent en voiturette de golf, pas à vélo. »

Les créateurs Jeffrey Addiss et Will Matthews assument aussi cette proximité et estiment que les deux séries partagent ce goût des héros improbables et des récits d’apprentissage. « Si un enfant vient vous dire qu’il a vu un monstre, vous ne le croyez pas. Si une personne âgée vient vous dire qu’elle a vu un monstre, vous ne la croyez pas non plus », ironise Jeffrey Addiss dans Screen Rant.

Le comédien Alfred Molina a, de son côté, davantage nuancé la comparaison, estimant que les ressemblances sont surtout « superficielles ». Selon lui, The Boroughs raconte une histoire « beaucoup plus intime », là où Stranger Things a progressivement élargi son récit à d’autres dimensions et une mythologie plus large.
Que veulent faire les frères Duffer avec cette série ?
The Boroughs regarde aussi vers Cocoon, le film de Ron Howard sorti en 1985, dans lequel des résidents âgés retrouvent un élan vital au contact d’une présence extraterrestre. « Pendant des années, nous nous sommes demandé pourquoi personne n’avait fait un film comme le merveilleux Cocoon », expliquent Matt et Ross Duffer à Tudum, le site officiel de Netflix.
« Depuis le début, nous savions que nous voulions que The Boroughs soit en parts égales effrayante, mystérieuse, excitante et émouvante », résument de leur côté les créateurs. L’enjeu n’est donc pas seulement de jouer avec les codes de la science-fiction ou de l’horreur, mais de les mettre au service d’un récit sur le temps, le deuil et la peur de disparaître.