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Ettore Sottsass, l’objet magique : le designer italien à l’honneur au Centre Pompidou

17 octobre 2021
Par Félix Tardieu
"Grand Altare", 1969
"Grand Altare", 1969 ©Adagp, Paris 2021 Centre Pompidou, MNAM-CCI/Service de la documentation photographique du MNAM/Dist. RMN-GP

Les créations uniques du designer italien Ettore Sottsass (1917-2007), chef de file du mouvement Memphis, sont exposées au Centre Pompidou et frappent toujours par leur avant-gardisme.

L’exposition du Centre Pompidou consacrée au designer italien Ettore Sottsass vient d’ouvrir ses portes et invite à découvrir un ensemble éclectique de ses œuvres étalées sur près d’un demi-siècle (1940-1980). Des centaines d’œuvres (peintures, dessins, mobilier), de documents et de photographies viennent reconstruire le processus créatif de celui qui s’est toujours opposé à une vision rationaliste de l’architecture et du design, revendiquant plutôt un certain rapport émotionnel aux objets. Le parcours chronologique nous emmène ainsi de ses premières créations dans les années 1940, au croisement de diverses influences (comme le cubisme ou le constructivisme), à ses créations de céramiques (entre assiettes, vases et totems géants) dans les années 1950, à une période où il découvre le design industriel aux Etats-Unis. La dimension « magique » dont est imprégnée son oeuvre infuse notamment après son voyage en Inde au début des années 1960, d’où il revient avec une néphrite qui le cloue au sol : c’est à cette période que Sottsass se consacre frénétiquement à la céramique et façonne son approche « magique » du design.

Ettore Sotsass, « Maquette spatiale », 1946-47 ©Adagp, Paris 2021 Centre Pompidou, MNAM-CCI/Georges Meguerditchian/Dist. RMN-GP

Réinventer le rapport à l’objet

L’exposition revient sur l’œuvre de Sottsass de bout en bout, dont le point culminant est la création du groupe Memphis au début des années 1980 qui va révolutionner le design en profondeur. Le point phare du parcours est sans doute la reconstitution impressionnante de tout un pan de l’exposition qui lui est consacrée en 1969 au musée d’art moderne de Stockholm, où Sottsass expose de gigantesques totems et sculptures en céramique émaillée polychrome. En même temps que ses contributions au design industriel façonnent la modernité de son époque – à l’instar du tout premier ordinateur italien de la marque Olivetti, l’Elea 9003, ou de la mythique machine à écrire portative Valentine qu’il dessine en 1969 -, Sottsass va à rebours de l’industrialisation en insérant dans ses créations cette dimension magique, rituelle, voire archaïque qui se reconnaît à son absence même de fonction. L’objet « magique » de Sottsass, quel que fût son support, ne sert précisément à rien et prend en ce sens le contre-pied total de la maxime immuable de toute l’architecture moderniste : « la forme suit la fonction ». 

Infos pratiques
Ettore Sottsass, l’objet magique – Centre Pompidou, du 13 octobre 2021 au 3 janvier 2022 – Tlj de 11h à 21h sauf le mardi – Lien vers la billetterie ici

Article rédigé par
Félix Tardieu
Félix Tardieu
Journaliste
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