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Le gouvernement italien appelle ses musées à cesser la vente de leurs chefs-d’oeuvre en NFT 

13 juillet 2022
Par Félix Tardieu
Michel-Ange, Tondo Doni (1505-1506), Galerie des Offices, Florence, Italie
Michel-Ange, Tondo Doni (1505-1506), Galerie des Offices, Florence, Italie ©Richard Mortel / Flickr

En mai 2021, la célèbre Galerie des Offices de Florence (Italie) s’associait à l’entreprise Cinello, avec l’aval du gouvernement italien, afin de reproduire NFT quelques-uns de ses trésors, à commencer par le Tondo Doni (1505-1506) de Michel-Ange. Mais les nombreuses questions soulevées cette vente ont finalement poussé l’État italien à revenir sur sa décision initiale. 

Après mûre réflexion, le gouvernement italien a finalement décidé de suspendre les ventes de NFT des chefs-d’oeuvre de la Renaissance italienne abrités par ses illustres institutions. Cela fait notamment suite à la vente d’une reproduction digitale du Tondo Doni (1505-1506) de Michel-Ange, fruit d’un partenariat entre la Galerie des Offices et l’entreprise italienne Cinello, rendu possible par l’État italien qui, en 2021, avait autorisé ses institutions culturelles à s’associer à des entreprises privées pour générer des NFT, espérant y trouver une nouvelle source de revenus pour des musées grandement fragilisés par la crise sanitaire. 

De l’Ermitage (Saint-Pétersbourg) au British Museum (Londres) en passant par le Belvédère (Vienne) ou le Musée des Beaux-Arts de Boston (États-Unis), nombreux sont les musées à s’être engouffrés dans la brèche. En Italie, les Offices avaient donc signé un partenariat avec l’entreprise Cinello et avaient procédé à la vente en NFT du Tondo Doni (1505-1506) de Michel-Ange pour la somme de 240 000 euros.

©George M.Groutas / Flickr

Mais le contrat passé avec l’entreprise dans le cadre de cette vente n’a finalement rapporté que 70 000 euros à l’institution italienne, selon The Art Newspaper, ce qui a sans aucun doute poussé le gouvernement italien à revenir sur sa décision et à suspendre les ventes de NFT de ses chefs-d’oeuvre – avant tout dans le but « d’éviter les contrats injustes », d’après les propos d’un porte-parole de Massimo Osanna, directeur général des musées italiens, recueillis par le journal spécialisé.   

L’entreprise italienne, dont le contrat avec la Galerie des Offices a expiré en décembre dernier (et qui prévoyait la vente de 40 reproductions digitales), a par le passé créé des NFT du Portrait d’un Musicien (1490) de Léonard de Vinci ou encore de la Tête d’une jeune fille (1915) d’Amedeo Modigliani et travaille actuellement avec une dizaine de musées italiens. La mèche avait été rallumée en mai dernier quand un article paru dans La Repubblica s’interrogeait sur l’exploitation des droits numériques du Tondo Doni, et donc plus largement du patrimoine artistique italien.

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Article rédigé par
Félix Tardieu
Félix Tardieu
Journaliste