Huit mois après la X2 Superstrike et ses gâchettes haptiques, Logitech dégaine déjà une X3. La nouvelle venue valait-elle vraiment une telle précipitation ? Découvrons cela ensemble.
Introduction
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Logitech G n’aura pas traîné. La G Pro X2 Superstrike, apparue en février 2026 et testée dans la foulée dans nos colonnes, avait transposé dans une souris le principe du rapid trigger popularisé par les claviers d’esport, grâce à un système maison baptisé HITS. Huit mois plus tard, voici déjà la G Pro X3 Superstrike. Un rythme de renouvellement soutenu qui s’explique sans doute par la pression ambiante. Razer a publiquement confirmé travailler sur sa propre souris à rapid trigger et Keychron en a annoncé une également. Autant dire que Logitech avait tout intérêt à consolider son avance avant l’arrivée de la concurrence. Néanmoins, ceux qui ont acheté la Pro X2 Superstrike ont sans doute quelques raisons de l’avoir mauvaise.
Sur le papier, la X3 Superstrike reprend la recette de sa devancière en poussant quelques curseurs. On y retrouve le capteur Hero 2, désormais capable de grimper à 48 000 DPI, une vitesse de suivi de 930 IPS, une accélération maximale de 90 G, un polling rate de 8 000 Hz aussi bien en sans-fil qu’en filaire, une nouvelle puce NxLOGI et une version 2.0 du système HITS. Le tout dans un châssis identique à celui de la X2, conçu, selon Logitech, avec le concours de plus d’une centaine de joueurs professionnels. Au moment de son lancement, la souris est proposée à 199,99 dollars, soit environ 185 euros, un prix public conseillé qui évoluera probablement au fil des mois.

Le design et l’ergonomie
Si vous avez déjà croisé une X2 Superstrike, vous ne serez pas dépaysé. Les dimensions sont rigoureusement identiques, avec 125 mm de long pour 63,5 mm de large et 40 mm de haut. La forme, les boutons latéraux, la molette et le revêtement sont eux aussi repris tels quels. Logitech G n’a pas cherché à réinventer une silhouette qui a fait ses preuves; on peut difficilement lui en vouloir sur ce point.
La fiche technique annonce 59 grammes, mais notez que ce chiffre ne concerne que la version américaine. En Europe, la réglementation sur les batteries impose une configuration qui maintient la souris à 61 grammes, soit exactement le poids de la X2. Les acheteurs français n’auront donc aucun gain à ce chapitre. En revanche, la répartition des masses a été retravaillée; la X3 se montre moins lourde du nez que sa devancière. Un détail qui n’en est pas un sur une souris destinée aux mouvements rapides et répétés.

Côté commandes, on compte cinq boutons programmables. La molette, elle, reste crantée et ne peut pas basculer en défilement libre. En revanche, ceux qui pestaient contre l’absence de bouton DPI dédié n’ont pas été entendus puisqu’il manque ici aussi. Pour changer de sensibilité à la volée, il faut passer par la fonction G-Shift du logiciel, une gymnastique qui ne conviendra pas à tout le monde.

Enfin, deux coloris sont au catalogue, Midnight Black et Magenta Eclipse. Pas de blanc à l’horizon pour le moment, cette teinte restant donc réservée à la X2.

Le système HITS 2.0
Passons maintenant au cœur du système qui a fait les (courts) beaux jours de la X2 Superstrike, le fameux HITS, pour Haptic Inductive Trigger System. Il est évidemment de retour dans ce nouveau modèle et constitue toujours l’argument n° 1. Pour ceux qui n’en ont jamais entendu parler, il s’agit d’un capteur analogique qui mesure en continu la distance d’enfoncement des boutons principaux, alors qu’un moteur haptique se charge de restituer la sensation de clic. L’intérêt de cette architecture tient au rapid trigger. Cela signifie que le clic peut être enregistré à n’importe quel point de la course du boutonet non plus à un seuil mécanique fixe. Quel intérêt ? Pour les joueurs de FPS compétitifs, cela se traduit par exemple par des déclenchements et des réarmements plus rapides.

La X3 embarque une version 2.0 de ce système, avec un LRA retravaillé et une couverture de bobine élargie. Logitech indique s’être appuyé sur les retours de plus de 100 joueurs professionnels pour affiner l’ensemble. À l’usage, impossible de nier que la marque a une longueur d’avance sur ce terrain, puisqu’elle est pour l’instant la seule parmi les grands constructeurs à commercialiser une souris de ce type. Toutefois, cet avantage concurrentiel ne durera pas éternellement, Razer et Keychron ayant tous deux officialisé leurs projets concurrents. C’est sans doute ce qui explique la vitesse à laquelle Logitech G a sorti cette Pro X3 Superstrike, une sorte de « Definitive Edition » de la X2, quitte à se mettre certains de ses clients à dos.
Les performances
Le capteur Hero 2 rempile dans cette souris, mais il est de retour dans une version revue et améliorée sur tous les fronts. La sensibilité maximale passe ainsi de 44 000 à 48 000 DPI, la vitesse de suivi grimpe de 888 à 930 IPS et l’accélération maximale encaissée progresse de 88 à 90 G. Des gains réels, même si, soyons francs, personne ne joue à 48 000 DPI. Ces chiffres relèvent davantage de la démonstration de force que du besoin concret, les valeurs de la X2 dépassant déjà très largement ce qu’un joueur exploite au quotidien.

La nouvelle venue embarque tout de même un réel progrès, du côté du polling. En mode filaire, celui de la X2 plafonnait à 1 000 Hz, une limitation un peu absurde pour une souris de ce calibre. La X3 corrige le tir de belle manière, en montant à 8 000 Hz, et ce à la fois avec le câble branché ou en liaison Lightspeed. C’est un ajout vraiment bienvenu puisque la nouvelle venue gomme ainsi la principale incohérence technique de sa devancière. Les joueurs qui alternent entre les deux modes de connexion n’auront plus à composer avec deux comportements différents.

L’autonomie et la connectivité
C’est sans doute le chiffre le plus parlant de cette génération. Logitech annonce 135 heures d’utilisation par charge, contre 90 heures pour la X2, soit une progression de 50 %. Un bond que le constructeur attribue à sa nouvelle puce NxLOGI, plus efficiente sur le plan énergétique. Précisons qu’il s’agit d’une valeur annoncée par Logitech, à considérer comme telle, mais l’écart avec la génération précédente est suffisamment net pour changer concrètement la fréquence des recharges. Avec une telle durée de vie pour une charge, vous vous doutez bien que nous n’avons pas été en mesure de mener une pleine charge jusqu’à son terme, car même en jouant deux heures par jour, les deux semaines passées à la tester sont loin d’avoir entamé son autonomie.

La X3 reste par ailleurs compatible avec le système de charge sans fil PowerPlay, grâce à un puck interchangeable logé sous la souris. Astuce bienvenue, le dongle USB peut se ranger à l’intérieur du châssis en retirant ce cache PowerPlay, de quoi éviter de l’égarer en déplacement. Dans la boîte, on trouve le dongle USB-A, un adaptateur et un câble USB-C vers… USB-A. Oui, de l’USB-A en 2026. C’est la seule petite fausse note.

Le logiciel G Hub
Comme toujours, le pilotage de l’ensemble passe par le logiciel G Hub, qui s’enrichit d’une fonction Pro Presets. L’idée est simple. Elle consiste à proposer les configurations HITS utilisées par des joueurs professionnels, afin de servir de point de départ à vos propres réglages.
Pour qui découvre le rapid trigger et ses subtilités de points d’actuation, c’est une porte d’entrée plutôt bienvenue, même si elle ne dispense pas d’expérimenter soi-même pour trouver le réglage adapté à sa main et à son jeu.
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