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The Legend of Zelda : la liste de tous les jeux de la licence

19 janvier 2023
Par Louis Duval
The Legend of Zelda : la liste de tous les jeux de la licence
©Nintendo

The Legend of Zelda est l’une des licence de jeux vidéo les plus connues, faisant toujours envie aux joueurs après plus de 30 ans d’existence. Revenons sur l’histoire de cette série mythique appartenant à Nintendo.

L’histoire de The Legend of Zelda

The Legend of Zelda

Les années 80 ont vu les licences phares se créer dans l’univers des jeux vidéo, et Nintendo en est l’exemple parfait, principalement grâce à Shigeru Miyamoto. Après avoir créé les licences Donkey Kong et Mario, Miyamoto a voulu immédiatement partir sur un autre projet : un jeu RPG dans un univers médiéval fantastique. Il faut dire qu’aux alentours de 1984, année du début du projet, la mode était justement aux jeux RPG dans un univers médiéval fantastique. Par exemple en 1986 sort Dragon Quest, un jeu qui en a inspiré beaucoup d’autres, et en 1987 c’est au tour de la licence mythique Final Fantasy de se dévoiler.

Seulement, Shigeru Miyamoto ne veut pas faire un jeu comme tout le monde, il a pour ambition de faire un jeu qui ne laisse pas les joueurs indifférents. Mais pas facile de laisser une trace dans l’esprit des joueurs en se différenciant de nombreux concurrents sans pour autant trop s’éloigner des standards afin que le jeu se vende bien… Le papa de Mario va donc prendre son temps et trouver l’inspiration dans ses souvenirs. Il se souvient qu’étant petit, il adorait partir à l’exploration dans la nature. Il pouvait alors trouver des ruisseaux et cascades, des maisons abandonnées, ou encore des grottes. Ce n’est pas pour rien que ces dernières constitueront l’un des éléments phares de tous les jeux de la licence Zelda.

L’option RPG médiéval fantastique, avec de l’exploration (et des grottes) est validée, il ne reste plus qu’à trouver une histoire pour le jeu. Pour cela, Miyamoto et son équipe vont décider de créer un tout nouvel univers. L’histoire se déroule dans le royaume d’Hyrule qui tire sa force de la tri-force. Comme son nom l’indique, cette force est divisée en 3, chaque partie étant confiée à une personne importante du royaume et possédant son propre pouvoir :

  • La Tri-force de la Force, représentée par l’élément du feu, est confiée à Ganon. Ce dernier est un Gerudo, une race d’humanoïdes vivant dans le désert. Il peut se transformer en démon.
  • La Tri-force de la Sagesse, représentée par l’élément de l’eau, est confiée à Zelda. C’est la princesse du Royaume d’Hyrule, de la race des Hyliens, ressemblant aux elfes dans les autres univers.
  • La Tri-force du Courage, représentée par l’élément du vent, est confiée quant à elle à Link. Hylien lui aussi, il a grandi dans le peuple des Kokiri (des oiseaux humanoïdes) et sera le héros incarné dans tous les jeux principaux de la licence.

Triforce

Avec ces trois personnages, Miyamoto va reprendre la même intrigue que celle présente dans les jeux Mario : la princesse est capturée par le méchant, le héros doit partir à son secours. Recette simpliste, mais qui fonctionne toujours aussi bien 35 ans après la création des deux licences.

En ce qui concerne l’histoire, le premier jeu n’en possède pas. Cette dernière est décrite dans le livret présent dans la boîte du jeu, afin de comprendre ce qu’il faut faire et dans quel but, mais le jeu ne contient aucun dialogue. Une chose, comme vous le savez, qui va énormément évoluer au fil des opus sortis. Ce choix est dû au fait qu’à l’époque, le moindre espace de stockage disponible sur la cartouche était précieux, d’autant plus que l’histoire peut aller facilement sur le livret. En plus de cela, Miyamoto voulant pousser le côté exploration, il ne voulait pas aider les joueurs en les prenant par la main, mais plutôt les parachuter directement dans un monde inconnu sans réellement avoir de but. Cela reflétait bien l’aspect de l’exploration qu’il voulait transmettre. Cette explication de gain d’espace de stockage est encore plus plausible lorsque l’on sait que The Legend of Zelda a utilisé un procédé de programmation appelé Flip Screen.

Cette méthode permettait de faire économiser beaucoup de mémoire. Généralement, le personnage est centré par rapport à l’écran, avec des environs qui défilent et donc on est en présence d’une seule carte. Le Flip Screen divise la carte en de multiples zones uniques. Un seul écran fixe est affiché, dans lequel le personnage se déplace librement. Lorsque le personnage sort de l’écran, ou atteint un des côtés de l’écran, l’écran en cours disparaît et la partie adjacente de la carte est affichée, offrant de nouveaux graphismes, lieux et ennemis. Mises bout à bout, les zones forment une carte complète.

Cette technique a permis de réduire considérablement l’espace de stockage du jeu, donnant la possibilité à l’équipe de Miyamoto d’implanter une seconde quête, avec une nouvelle carte et de nouveaux donjons. Au final on se retrouve avec un second jeu dans le jeu, ce qui a largement contribué à son succès.

Mais ce n’est pas la seule raison du succès de The Legend of Zelda puisqu’il a été le premier jeu à proposer un système de sauvegardes. Si cela paraît totalement normal aujourd’hui, il ne faut pas oublier qu’avant, il fallait faire le jeu en une fois pour aller jusqu’au boss final. Certes les jeux étaient beaucoup plus courts que maintenant, mais la difficulté était cependant bien plus élevée. En revanche, ce premier système de sauvegarde nécessitait de mettre une pile dans la cartouche de jeu.

 Cartouche The Legend of Zelda

Le système de sauvegarde, la double quête, un jeu original… tout était réuni pour faire de The Legend of Zelda un jeu mythique. Dès sa sortie (en 1986 au Japon), le jeu a battu des records de ventes, ce qui a poussé Nintendo à exporter le jeu aux États-Unis puis en Europe, suivant la NES qui a connu un grand retard dans son exportation. Cela a donné aux joueurs américains et européens un nouveau jeu original pour l’époque, accompagné d’une nouvelle console très prometteuse. Le cocktail idéal pour battre des records. Spoiler, ça a fonctionné.

En 1988 (après deux ans au Japon et un an dans le reste du monde), The Legend of Zelda s’est vendu à plus de deux millions d’exemplaires, et est devenu le premier jeu de la NES à dépasser la barre du million de ventes. Aujourd’hui, les chiffres donnés par Nintendo pour ce premier opus dépassent 6,5 millions de ventes unitaires, ce qui est gigantissime pour l’époque.

Par la suite, Shigeru Miyamoto est revenu de nombreuses fois sur le développement du jeu afin de nous livrer plusieurs anecdotes qui ont contribué à la légende qu’est devenue la licence.

Parmi elles, on a par exemple le nom original du jeu : The Hyrule Fantasy : The Legend of Zelda. Jugé trop long, beaucoup trop long, surtout lorsque l’on sait que les jeux suivants possèdent un sous-titre, il a été raccourci en The Legend of Zelda. En plus de cela, la sortie était proche du premier jeu Final Fantasy, et ne pas partager le terme « Fantasy » dans le nom afin d’éviter les confusions était au final une bonne chose.

Autre anecdote très connue, celle de la musique de la licence. Souvent élue la musique la plus emblématique des jeux vidéo, à côté de celle de Mario, la musique de The Legend of Zelda a failli ne jamais exister. Au départ, la musique devait être une reprise du Boléro de Ravel. Mais juste avant le lancement du jeu, Miyamoto et Koji Kondo (le musicien de l’équipe) ont découvert que le Boléro était encore sous droit d’auteur. Kondo s’est alors retroussé les manches et a créé la musique que l’on connaît aujourd’hui, en une seule nuit.

Beaucoup d’autres anecdotes circulent autour de The Legend of Zelda, comme l’inspiration de Peter Pan pour le personnage de Link due à la passion de Miyamoto pour Disney ; le nom de Zelda est un hommage à Zelda Fitzgerald, une romancière célèbre et la femme de F. Scott Fitzgerald, auteur de Gatsby le Magnifique

Des anecdotes qui donneront une autre dimension au jeu et à la série par la suite, confortant les joueurs de continuer à jouer et arrivant à l’oreille d’un nouveau public, agrandissant ainsi le succès de la série, jusqu’à faire de The Legend of Zelda : Tears of the Kingdom le jeu le plus attendu de 2023.

Le lien entre les différents jeux

Après un premier jeu au succès énorme, Miyamoto et ses équipes ont décidé de remettre ça avec un nouveau jeu l’année suivante : Zelda II : The Adventure of Link. Si ce dernier est la suite directe du premier jeu, ça ne sera plus le cas pour les jeux suivants.

En effet, ce qui fait vite la particularité de la licence est l’absence de lien narratif entre chaque opus, mise à part l’univers et les personnages. Pour mieux comprendre, il faut se référer aux jeux sortis entre 1991 (A Link to the Past) et 2015 (Tri Force Heroes) puisque Breath of The Wild et sa suite sont à part.

Pour commencer, la raison pour laquelle les jeux ne sont pas des suites directes est simple, Miyamoto a une autre idée en tête. Ce qui a fait le succès du premier jeu n’est pas son histoire, celle-ci étant mise au second plan, mais plutôt le gameplay et les nouveautés apportées. Nintendo et Miyamoto vont alors décider que le second jeu sera réalisé de la même manière. L’histoire va alors être mise au second plan, et son principal atout sera constitué par le gameplay. Pour ne pas perdre les joueurs déjà conquis, une histoire générale va se mettre en place :

Le royaume d’Hyrule comporte ses légendes. Parmi elles, celle de la tri-force, répartie entre 3 personnes : la princesse (Zelda), le méchant (Ganon), le héros (Link). Chacun de ces trois personnages se réincarnera à l’infini, permettant ainsi de garder les pouvoirs de manière à perdurer dans le temps, mais permettant aussi de faire évoluer le monde qui les entoure.

Et voilà, le tour est joué, les jeux auront la même base, Link doit sauver Zelda de Ganon, la nouveauté n’ayant rien à voir avec l’arc narratif mais plutôt avec la manière de jouer. Après tout, cette méthode a marché pour un autre jeu de Nintendo, qui fait encore ses preuves aujourd’hui, ceux de notre plombier préféré Mario. Alors pourquoi cette méthode ne fonctionnerait pas pour Zelda et Link ? 

Le plus dur sera tout de même de trouver de nouvelles mécaniques lors de chaque opus. On peut par exemple noter que : A link to the Past (1991) amène l’évolution du personnage, débloquant de nouvelles zones de la carte ; Ocarina of Time, premier jeu de la série en 3D (1998) ; Skyward Sword (2011) utilise la gestuelle spaciale avec le Wii MotionPlus de la Wii…

Cependant, si l’histoire de chaque jeu utilise le schéma présenté un peu plus haut, chaque jeu possède ses propres personnages, son environnement bien à lui, et surtout sa propre histoire. Histoire qui ne se lie pas forcément à une histoire plus globale regroupant tous les jeux. Mais, le public n’aime pas ça, être dans l’incertitude, et les fans vont rapidement placer les jeux dans un ordre chronologique en se basant sur les petits indices dissimulés dans chaque opus. Les groupes de fans arrivent ainsi à créer leur propre Timeline, qui parfois coïncide avec d’autres, parfois non. Chacun voulant avoir raison, ils ne pouvaient se tourner que vers Miyamoto et plus largement Nintendo pour avoir une réponse à toutes leurs questions. Et sans surprise, l’éditeur a toujours refusé d’y répondre. Peut-être pour garder le secret, ou bien tout simplement parce qu’au final, il n’y a pas réellement de Timeline entre les jeux. Mais dans ce cas, pourquoi le monde d’Hyrule est si cohérent, opus après opus ?

Demandes après demandes, Nintendo a fini par céder, mettant fin aux discussions, et dévoile en 2011 la Timeline officielle, à laquelle il faudra ajouter les deux jeux suivants que sont A Link Between Worlds et Tri Forces Heroes. Aujourd’hui, on se retrouve avec cette Timeline : 

Timeline Zelda

Pour comprendre cette Timeline (que vous pouvez retrouver sur le site officiel de la licence), il faut la découper en plusieurs étapes. Pour commencer, la chronologie se divise en deux après 4 jeux. On a alors deux scénarios différents, qui influenceront les jeux suivants. La défaite de Link et la victoire de Ganon, où 7 jeux seront présents ; la victoire de Link et la défaite de Ganon, où là encore, deux temporalités coexistent : Link Enfant et Link Adulte. Chacune de ces deux temporalités comporte 3 jeux.

Breath of the Wild et son successeur Tears of the Kingdom restant quant à eux à l’écart de cette Timeline. Pourquoi ? Parce que Breath of the Wild possède sa propre temporalité, mais est-il pour autant détaché des autres ?

Le renouveau avec Breath of the Wild

En 2017, seulement deux ans après le jeu The Legend of Zelda précédent, sort Breath of the Wild sur Wii U en temps que dernier jeu Nintendo sur la console, et sur Nintendo Switch le jour de la sortie de la console. Avec Breath of the Wild, Nintendo a donc décidé de tourner une page. D’une part concernant les consoles, passant d’une console asymétrique ratée à une console hybride avec un succès fou. Mais en ce qui concerne la licence The Legend of Zelda, une page a-t-elle été tournée ?

Habituellement, dans les anciens jeux Zelda, aucune référence aux autres jeux de la série n’est faite, ce qui les rend chacun indépendants. En revanche, Breath of the Wild casse cette routine, vieille de 30 ans, en faisant allusion à de nombreux jeux de la série. Dans ce monde ouvert gigantesque, on peut par exemple trouver les ruines du Ranch Lon Lon, ranch qui a fait son apparition dans Ocarina of Time ; l’Île Finalise qui a la même forme que l’Île Cocolint, île de Link’s Awakening ; la Master Sword cachée dans la forêt de la même façon que dans Link to the Past.

Malgré cela, des incohérences sont apparues dans BotW. La principale étant la présence des Piafs et des Zoras dans le même jeu, et donc au même moment. Seulement, dans The Legend of Zelda : The Wind Waker, le seul jeu en présence du peuple des piafs, on nous explique qu’ils sont une évolution des Zoras, ce qui insinue que les Zoras et les Piafs ne peuvent exister au même moment.

Ce qui est sûr, c’est que Breath of the Wild se déroule après les événements des autres jeux. Pour autant, quel est son lien avec eux ? Eiji Onuma, le producteur de la série depuis 1998, ne voulait pas situer Breath of the Wild dans la Timeline, expliquant que cela nuirai à l’imagination des fans. Cependant, après ces déclarations, cette Timeline a été modifiée sur le site de Nintendo, mettant Breath of the Wild à la fin des 3 différents embranchements.

Tout de même, une autre théorie est arrivée après cette modification : Breath of the Wild est la réalité alors que les précédents jeux sont des mythes. Si cette théorie peut sembler farfelue au premier abord, elle paraît plus cohérente que le fait de mettre BotW à la suite des autres jeux. Pour commencer, cela peut expliquer les allusions et incohérences de l’opus de 2017 avec les jeux précédents, puisque dans les mythes et légendes, il y a toujours une part de vrai et une part de faux. Le vrai peut logiquement être assimilé aux allusions quand le faux est représenté par les incohérences.

L’autre indice qui approuve cette théorie est le fait que le site japonais de Nintendo qui à la fin de la Timeline, met BotW sans le relier aux autres jeux, voire même le séparant. L’avantage de cette théorie est la cohérence, Nintendo peut prendre ce qu’il veut des anciens jeux et oublier ce qu’il l’embête, afin de repartir sur de nouvelles bases après trois décennies. Faire en quelque sorte un reboot de la série. Cela peut se comprendre, lorsque l’on voit que chaque jeu a été fait indépendamment des autres. Et on peut comprendre aussi pourquoi Nintendo et Miyamoto puis Onuma ont refusé de dévoiler une Timeline officielle, tout simplement parce qu’il n’y en avait peut-être pas ?

Breath of the wild

Mais Breath of the Wild a balayé ça, prenant le bon de la licence, et arrivant à devenir l’un des jeux les plus vendus de la Nintendo Switch, en plus d’arriver à convaincre tous les types de joueurs. Et avec sa suite directe Tears of the Kingdom, la seule si l’on oublie les deux premiers jeux, on peut penser que les prochains jeux de la licence partiront dans ce sens. Sans oublier que le nom de la licence aussi approuve cette théorie : The Legend of Zelda, la légende de Zelda, donc il s’avère bel et bien d’une légende. Mais dans ce cas, pourquoi laisser ce terme dans le titre ? Un oubli ? Par habitude ? Pour ne pas bousculer les joueurs ? Ou est-on encore en présence d’un mythe et non de la réalité ? Seul l’avenir le sait (et quelques personnes).

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Article rédigé par
Louis Duval
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