Sélection

Journée internationale des droits des femmes : des livres pour s’éveiller

25 février 2022
Par Anastasia
Journée internationale des droits des femmes : des livres pour s’éveiller

La Journée internationale des droits des femmes est l’occasion de rajouter une force vivace à toutes ces voix féminines. Combattantes, courageuses, fortes, lumineuses, elles ont marqué l’Histoire par leurs différentes actions. La fin de l’invisibilisation a sonné, et avec, la puissance des mouvements féministes s’en est échappée. Pour s’éveiller, se documenter, s’instruire, se divertir : voici une belle sélection de titres qui méritent un éclairage tout particulier.

Le-genie-lesbienLe Génie lesbien – Alice Coffin (Le Livre de Poche)

Dans Le Génie lesbien, Alice Coffin livre un récit très personnel, mais aussi universel. Pourquoi, 70 ans après la publication du Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir, « le neutre, c’est l’homme » est toujours d’actualité ? Pourquoi, après ces siècles de combats féministes, rien ne semble avoir fondamentalement changé ?

Elle parle de son activisme au sein de La Barbe, un groupe qui vise à « dénoncer le monopole du pouvoir, du prestige et de l’argent par quelques milliers d’hommes blancs. », elle s’interroge aussi sur le monde médiatique et son système qui tarde à se repenser, la difficulté des personnages publics à sortir de l’ombre, revient sur la PMA, mais aussi sur le mouvement #MeToo.

Une voix forte qui nous livre un ouvrage combattif !

Rage-against-the-machismeRage against the machisme – Mathilde Larrère (Le Livre de Poche)

Avec Rage against the machisme l’historienne Mathilde Larrère retrace les combats féministes de la Révolution française jusqu’au mouvement #MeToo. 

Appel à la résistance, cet essai est aussi composé de documents, de chansons, slogans et récits qui prouvent à démontrer l’ardeur des combats menés par ces femmes : celles qui refusent d’être l’inégale de l’homme, qui rejettent les discriminations et l’invisibilisation.

Longtemps, elles ont lutté pour leurs droits, longtemps ils les lui ont été arrachés. Aujourd’hui, elles sont bien déterminées coûte que coûte à les conquérir une bonne fois pour toute !

Reinventer-l-amour-Comment-le-patriarcat-sabote-les-relations-heterosexuellesRéinventer l’amour : Comment le patriarcat sabote les relations hétérosexuelles ? – Mona Chollet (Zones)

Partout, des comédies romantiques aux enseignements que l’on rencontre dans la société, la représentation du couple idéal est formatée. Indirectement aussi qu’insidieusement, la femme est poussée à prendre une décision radicale entre être pleinement elle-même (mais seule), ou se soumettre pour vivre son bonheur amoureux.

Le conditionnement social est dangereux dans la construction de l’identité. Pour les filles qui reproduisent involontairement des schémas qui les desservent, mais également pour les garçons qui grandissent avec l’idée que tout leur est dû, apprenant à aimer une image obsolète de la femme dévouée, servante, disponible. On le voit notamment dans les relations sexuelles entre les deux sexes : les fantasmes masculins inhibent les désirs féminins.

Dans Réinventer l’amour : Comment le patriarcat sabote les relation hétérosexuelles ?, Mona Chollet s’attaque aussi à l’attitude totalement différentes des hommes et des femmes facent à l’amour : si les premiers montrent à cet égard un intérêt altéré, ces dernières en font quelque chose de central dans leurs vies. Ce déséquilibre crée de ce fait des relations sont souvent malheureuses.

Un très bon essai qui mérite d’être entre toutes les mains !

Les-Grandes-oublieesLes Grandes oubliées : Pourquoi l’Histoire a effacé les femmes ? – Titiou Lecoq (Iconoclaste)

De tous temps, les femmes ont essayé de se faire entendre. Elles ont été des femmes d’action, que ce soit en étant à la tête d’un pays, en écrivant des livres ou encore en militant, combattant, créant. Mais malgré toute cette énergie émise, le constat est là, implacable : elles restent absentes de la plupart des manuels d’histoire.

« C’est maintenant, à l’âge adulte, que je réalise la tromperie dont j’ai été victime sur les bancs de l’école. La relégation de mes ancêtres femmes me met en colère. Elles méritent mieux. Notre histoire commune est beaucoup plus vaste que celle que l’on nous a apprise. », s’exprime Titiou Lecoq.

Dans son essai Les Grandes oubliées : Pourquoi l’Histoire a effacé les femmes ?, elle s’emploie à l’analyse des mécanisme de cette vision biaisée de l’Histoire. Avec ce livre, Titiou redonne voix à ces femmes rendues muettes.

Les-Couilles-sur-la-tableLes Couilles sur la table – Victoire Tuaillon (Points)

Les Couilles sur la table, c’est avant toute chose un podcast : celui de Victoire Tuaillon (que je vous recommande grandement d’ailleurs).

Ce livre est une parfaite synthèse de ses entretiens et ses recherches, où elle échange avec ses invités autour de la virilité, des différentes formes de masculinités, des hommes…

Un livre très complet !

« On ne naît pas homme, on le devient. »

Maman-maman-mamanMaman, maman, maman – Cévany (Leduc S.)

Dans Maman, maman, maman, est la première bande dessinée de Cévany. Sur son compte Instagram @cevany_et_cie, elle s’inspire néanmoins déjà de sa vie de mère pour y partager les aléas du quotidien avec humour et amour.

Dans cette BD, nous retrouvons Maddie. Avant la naissance de son premier enfant, elle avait une parfaite idée de la mère qu’elle voulait être : une maman patiente, disponible, une super-héroïne. Mais après la naissance de son premier enfant, Maddie déchante. Elle perd patience, crie contre ses enfants puis culpabilise et s’isole dans sa honte.

Avoir un enfant n’est pas une tâche facile, de même que le fait de devenir mère. C’est tout un monde qui se chamboule, tout un monde à reconstruire différemment. Et ce que vit Maddie, des milliers de mamans le vivent aussi. Parfois en étant écoutée. Souvent en étant seules face aux difficultés. Perdre les pédales de temps à autre, ne plus réussir à s’accrocher à quelque chose de tangible : c’est normal. C’est humain. En comprenant mieux les mécanismes de l’épuisement maternel, les mères peuvent l’éviter ou réussir s’en sortir.

Une BD pleine d’humour et de sensibilité.

On-l-appelait-vermicelleOn l’appelait Vermicelle – Fanny Vella (Leduc S.)

Avant d’être illustratrice et de sensibiliser sa communauté sur Instagram (@fannyvell) autour des violences éducatives et conjugales, mais aussi du sexisme, Fanny Vella accompagnait les enfants porteurs de handicap.

Dans sa bande dessinée On l’appelait Vermicelle, elle décrit la vie de cette jeune fille, de sa naissance à son adolescence. Comment Vermicelle tente d’échapper aux différentes difficultés familiales (tabous, non-dits, violences, sexisme, absences) en s’inventant un univers coloré et lumineux.

Dans cette fable familiale, si l’amour est parfois toxique, la résilience et le bonheur se trouvent au bout.

Parfois, les durs moments servent les moments heureux.

Les-contraceptesLes Contraceptés : Enquête sur le dernier tabou – Guillaume Daudin, Stéphane Jourdain, Caroline Lee (Steinkis)

On ne va pas se mentir, parler de contraception masculine en ferait monter plus d’un au plafond. Eh oui ! La contraception, c’est bien connu, c’est une affaire de femmes : la charge mentale, les effets secondaires, tout ça.

C’est au détour d’une conversation que Guillaume Daudin et Stéphane Jourdain réalisent qu’ils ne se sont jamais inquiétés de la méthode de contraception utilisée par leurs différentes compagnes. Ils voient là un sujet qui mérite qu’on y porte un tant soit peu d’importance.

Tous deux journalistes, ils partent à la rencontre de ces hommes qui contraceptent et de spécialistes de la question pour tenter de comprendre cette absence de sensibilisation et cette « méconnaissance » du sujet.

De ces rencontres estn ée cette BD, très bien illustrée par Caroline Lee : Les Contraceptés : Enquête sur le dernier tabou.

Souvenirs-de-mon-inexistenceSouvenir de mon inexistence – Rebecca Solnit (De l’Olivier)

Récit personnel, dans Souvenir de mon inexistence, Rebecca Solnit revient sur sa vie, depuis son installation à San Francisco quand elle avait 19 ans jusqu’à l’émergence de l’écrivain reconnue qu’elle est devenue.

Cette « inexistence » dont elle parle, c’est cette invisibilisation dont les femmes souffrent, imposée par les hommes et plus largement, par la société elle-même. En s’appuyant sur son vécu, elle nous livre une réflexion profonde sur l’identité, son rapport à la lecture et l’écriture, ses espérances. Lorsqu’un être comprend qu’il n’est plus seul, ce constat lui donne la force nécessaire pour lutter contre la violence.

Avec ce livre, elle porte sa voix l’oreille de l’opprimé qui l’écoute.

Toucher-la-terre-fermeToucher la terre ferme – Julia Kerninon (Iconoclaste)

Ça y est, c’est terminé ! Les nuits de liberté, les amours passionnels, les vagabondages, les décisions spontanées. Cette pensée, c’est celle de Julia Kerninon lorsqu’en pyjama, sur le parking de la clinique, elle vient de donner la vie, le « corps déchiré » et un « bébé parfait dans les bras ».

Les doutes la submergent, les pires pensées l’accablent, la peur des contraintes la fige. Désormais, sa vie d’avant ne sera plus celle de demain. Mais au lieu d’y voir une renaissance, Julia n’y que des fins.

Comment être mère tout en réussissant à rester soi ?

Dans Toucher la terre ferme, elle nous offre un récit profondément intime, où ses tempêtes intérieures reflètent les nôtres. La culpabilité s’en va et nous trouvons dans ses mots l’écho de nos propres pensées.

Quand vient l’heure de la réconciliation, on atteint enfin la terre ferme.

La-Fille-parfaiteLa Fille parfaite – Nathalie Azoulai (P.O.L)

Un matin de juin, Rachel apprend que son amie Adèle s’est suicidée. Ce qu’elle ressent à cette annonce c’est un mélange d’alanguissement et d’allègement. En effet, cette longue amitié lui avait toujours provoqué un mélange de fusion et de profond malaise.

Mais comment une femme comme Adèle a-t-elle pu mettre fin à ses jours si brutalement, à 46 ans ? Si parfaite, brillante mathématicienne, mère d’un jeune garçon. Tout semblait lui sourire. Rachel s’interroge, et c’est à partir de ces questionnements qu’elle mène l’enquête.

« À travers cette amitié au long cours, c’est un roman d’apprentissage à deux têtes qui se déploie, où l’orientation scolaire détermine bien plus qu’un cursus en façonnant l’intelligence et toute une existence, les relations familiales et amoureuses, la maternité, l’ambition et le rapport au monde… Notamment quand on est une femme et qu’on s’attaque au territoire des hommes. »

Avec La Fille parfaite, Nathalie Azoulai réussit comme toujours à nous marquer au fer rouge. 

 

Ba-RockBass Rock – Evie Wyld (Actes Sud)

Si toutes ces femmes assassinées par des hommes étaient étendues-là, sous nos yeux, et qu’elles formaient des gratte-ciels immenses de douleurs, saurons-nous enfin capables de faire quelque chose contre ça ?

Dans Bass Rock, Evi Wyld nous raconte le destin de trois femmes, liées par un même territoire, celui de North Berwick, mais aussi par les mêmes marques, celles qui témoignent de la violence des hommes.

Nos-abimesNos abîmes – Pilar Quintana (Calmann-Levy)

Inhérent à Pilar Quintana qui sait toujours nous proposer des récits bouleversants, Nos abîmes perpétue cette lignée. En utilisant la voix de Claudia, cette petite fille de 8 ans, l’auteure propose un roman déchirant : le portrait d’une famille fissurée où l’espoir est sans cesse rabattu à coup de pelle. *

Claudia aime profondément sa mère, mais cet amour n’est pas réciproque. D’ailleurs, cette dernière n’éprouve plus rien non plus pour son mari. Elle qui rêvait d’une vie glamour, on peut dire qu’il y a eu tromperie sur la marchandise. Quand sa belle-sœur lui présente sa nouvelle conquête, elle tombe tout de suite folle amoureuse. Et sous les yeux de sa petite fille, elle va entamera une relation cachée, prête à tout pour vive cet amour impossible. Mais qui dit amour impossible dit aussi fin prévisible, et elle ne sortira pas indemne de cette relation.Prise en pitié par son mari qui lui loue une maison perchée dans la hauteur de montagnes, elle va se reposer.

Mais un simple changement de décor peut-il vraiment réparer l’âme ?

« Avant la dispute de mes parents, la dispute de ma mère et de ma tante, avant que Gonzalo n’arrive dans la famille, j’avais des certitudes. Les mamans avaient des enfants parce qu’elles le désiraient. »

Les-filles-d-egalieLes Filles d’Égalie – Gerd Brantenberg (Zulma)

Dans Les Filles d’Égalie de Gerd Brantenberg : bienvenue dans une société matriarcale !

« Il » devient « elle », les femmes dirigent le monde, et l’époux de la directrice Brame veille sur le foyer. Puis, il y a le fils Pétronus, prêt à faire son entrée dans le monde.

Mais l’adolescent grand, maigre, loin de tous les critères de beauté, ne rêve que d’une seule chose : s’émanciper et devenir marine-pêcheuse.

Arrivera-t-il à s’insurger contre sa condition d’homme-objet ?

Fata-MorganaFata Morgana – Unigwe Chika (Globe)

Unigwe Chika s’appuie sur point de vue intéressant dans Fata Morgana : celui de la migration au féminin.

Le rêve occidental a un prix. De même que celui du déracinement. 30 000 euros. C’est ce qui est demandé à Sisi, Ama, Efe et Joyce pour quitter Lagos. Pour quitter le désespoir et la pauvreté afin de mettre pied sur le continent de toutes les richesses. Mais cette dette ne fait que s’accumuler au loyer qu’il faut rembourser par mensualités, en travaillant 10 heures par jour dans une rue du quartier chaud d’Anvers.

Pour ces trois femmes, la seule certitude est la suivante : survivre pour se construire une vie meilleure. Mais quand Sisi est brutalement assassinée, les routines difficiles et les silences éclatent.

Un roman vibrant et terriblement humain.

Journal-intime-d-une-feministe-noireJournal intime d’une féministe noire – Axelle Jah Njiké (Au diable vauvert)

Dans Journal intime d’une féministe noire, Axelle Jah Njiké plonge dans les profondeurs de sa vie d’afropéenne. Celle d’une fille qui a souffert de violences sexuelles et éducatives dans l’enfance, puis d’une femme devenue mère qui cherche à se construire après ces blessures.

En se réappropriant l’histoire de sa famille, elle confronte les injonctions qui pèsent sur les femmes.

Ce journal, c’est un travail d’émancipation par l’écriture, la littérature et la sexualité. De cet intime intimement lié au politique.

Un témoignage puissant.

Article rédigé par
Anastasia
Anastasia
Libraire Fnac.com
Sélection de produits