Plongée humaniste dans un monde dévasté, « The Dog Stars » promettait de renouveler le film post-apocalyptique sous la houlette du grand Ridley Scott. Mais malgré un casting cinq étoiles porté par Jacob Elordi et Josh Brolin, le nouveau film du réalisateur culte, en salle ce 26 août 2026, peine à nous embarquer.
Introduction
A quoi reconnaît-on un film de Sir Ridley Scott ? A 88 ans, le réalisateur britannique a joué à saute-mouton à travers les époques et les genres avec une aisance folle. On lui doit notamment des monuments cinématographiques à l’identité visuelle singulière, devenus des références : le néo-noir poisseux de Blade Runner, le huis clos organique d’Alien, le road-movie solaire et féministe de Thelma et Louise, l’épopée lyrique de Gladiator, le Moyen Âge crépusculaire du Dernier duel ou la froideur clinique de Seul sur Mars. Cette capacité à se renouveler tout en imposant sa signature – Scott aurait aimé être peintre – en font un maître absolu à Hollywood.
Et c’est précisément au regard de ce savoir-faire et de cette filmographie dantesque que The Dog Stars, son nouveau film, s’avère si déceptif. Pourtant, Ridley Scott promettait un contre-pied ambitieux : s’éloigner des clichés du film post-apocalyptique classique – kyrielle de zombies et mood à la Walking Dead – pour offrir un récit plus intimiste, axé sur l’espoir et l’humain. Et l’adaptation du roman de Peter Heller, qui suit le quotidien d’un jeune pilote mécano (l’excellent Jacob Elordi) et d’un ex Marine dur à cuir (Josh Brolin, toujours formidable), survivants d’une pandémie mondiale, avait du potentiel. Mais le constat est sans appel : où est la patte du grand Ridley ?
Un « post-apo » qui manque de mordant
Si le début du film, durant lequel Hig survole les grands espaces et patrouille avec son chien à travers les rues désolées de Denver, laisse entrevoir une œuvre joliment mélancolique, ce Dog Stars tourne rapidement à la série B insipide. Alors que le coucou de Hig s’abîme à quelques mètres de la ferme de deux survivants terriblement sexy – ô coïncidence – le récit se divise en deux films étanches.
D’un côté, on suit l’atelier bricolage du beau Jacob épaulé par la non moins charmante Margaret Qualley sous le regard ombrageux de Papa « BG » Guy Pearce ; de l’autre, le badass Josh Brolin se la joue solo face aux hordes d’assaillants bien énervés. Le tout s’enchaîne sans relief, à peine émaillé de dialogues dignes d’un soap opera. Il aura fallu attendre une petite escale dans un aéroport — malheureusement trop brève — pour extraire le film de sa torpeur, le temps d’un clin d’œil malicieux à l’ambiance cyberpunk de Blade Runner.
Difficile de comprendre où Ridley Scott a voulu nous embarquer avec cette drôle d’odyssée qui manque cruellement d’éclat. Alors que le propos de The Dog Stars offrait un écho saisissant à un monde éprouvé par le Covid et la crise climatique, le film peine à véritablement décoller, à nous tirer une larme ou même un micro pincement au cœur. Cette fois-ci, le grand Ridley semble s’être légèrement assoupi au manche.
The Dog Stars
En salle le 26 août 2026
Un film de Ridley Scoot
Avec Jacob Elordi, Josh Brolin, Margaret Qualley, Guy Pearce…