Décryptage

Album de légende : « Hell » de James Brown

28 février 2023
Par Christophe Augros
Album de légende : "Hell" de James Brown

Entre 1970 et 1974, James Brown sort dix albums tout simplement hallucinants. En quatre ans, le dieu de la soul music offre à son public des compositions d’une modernité consternante encore aujourd’hui. Une source d’influence pour plusieurs générations. Hell voit le jour en 1974.

L’enfer en 1974

James Brown - 1

En 1974, James Brown vient d’enchainer les enregistrements de Revolution Of The Mind (1971), There It Is (1972), Get Up On The Good Foot (1972), Black Caesar (1973), Slaughter’s Big Rip-Off (1973) et The Payback (1973). En soit, c’est déjà historique et extraordinaire. 1974 sera l’année de Hell.

Du terrible funk en enfer

Ce double album est l’un des plus forts de la carrière de James Brown. Son dernier album de funk à ce niveau stratosphérique. La version de 13’52 du Papa Don’t Take No Mess vaut à elle seule le détour. Les JB’s sont toujours en grande forme tout comme la chanteuse Lyn Collins. Le trio cuivré participe à l’écriture des chansons. Pee Wee Ellis sur Coldblooded, Bobby Byrd sur Lost Someone et Fred Wesley sur Papa Don’t Take No Mess.  Un jeune saxophoniste du nom de David Sanborn est invité sur le projet. On sait la carrière qui sera la sienne les 30 années suivantes. Que dire du titre éponyme construit en deux temps ? Et du solo de Maceo sur Hell, on en parle ?  Les quatre premiers titres sont du pur funk puis le godfather touche à la musique latine sur Please Please Please. Il donne ensuite sa version toute particulière et jazzy du classique When The Saints Go Marching In. À noter que le pianiste et compositeur David Matthews produit une partie de l’album (A Man Has To Go Back To The Crossroads, Sometime, These Foolish Things Remind Me Of You ). Il apporte une touche pop / jazz à l’ensemble à travers de touchantes balades.

Ensuite

Après la sortie de Hell, le disco emportera tout sur son passage. Le godfather ne résistera pas. Bien sûr, il y aura encore des titres mémorables comme le Unity avec Afrika Bambaataa, le Living In America (1995) ou le Static en collaboration avec le groupe Full Force (1988). Bien sûr, il y aura encore de grandes prestations scéniques, mais Hell marque la fin de la grande période James Brown après quinze ans de carrière. Il restera vivant grâce aux rappers des années 1980 / 1990 qui piocheront allègrement dans son répertoire. Hell est donc historique à plus d’un titre et tout amateur de soul se doit de le posséder.

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Article rédigé par
Christophe Augros
Christophe Augros
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