Entretien

Baptiste Masseline : “Une relation passionnelle n’est pas nécessairement toxique”

02 novembre 2026

Par Agathe Renac

Illustration
“Campus Drivers”, le 6 novembre 2026 sur Prime Video. ©Prime Video

Adaptée du phénomène littéraire de C.S. Quill, la série Campus Drivers offre une modernité bienvenue aux teen dramas français. Rencontre avec Baptiste Masseline et Carmen Kassovitz, le duo phare de cette première saison bien décidé à enterrer les clichés toxiques pour faire l’éloge du respect.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de rejoindre l’aventure Campus Drivers ?

Baptiste Masseline : Avoir la chance de se voir confier un projet comme celui-ci est rare. Carmen et moi portions les deux rôles phares de cette première saison, et les suites s’articuleront autour d’autres personnages. C’est une vraie pression, car le projet est adapté d’un roman : les lecteurs ont d’immenses attentes et des images très précises en tête. C’était un beau défi.

À nos âges – j’ai 26 ans et Carmen en a 24 –, une telle expérience permet d’en apprendre encore plus sur notre métier, d’affiner notre jeu et de grandir. Il ne faut pas oublier la réalité de ce milieu : près de 92 % des comédiens sont au chômage. Quand on a la chance de décrocher un projet bien écrit, avec de très bons partenaires de jeu et une diffusion sur une grande plateforme, on fonce sans hésiter. C’est aussi une façon de rendre fiers ceux qui se battent pour y arriver.

De Gossip Girl à Vampire Diaries, toute une génération a grandi avec des modèles amoureux marqués par la toxicité. Dans Campus Drivers, la dynamique paraît bien plus saine. Sentez-vous une évolution des codes de la fiction ?

B.M. : Dans les premiers épisodes, mon personnage semble être un red flag ambulant, mais au fil de l’histoire, on réalise qu’il s’agit en réalité d’un green flag. C’était particulièrement intéressant à explorer. Ça permet, aussi, de montrer aux jeunes qu’une relation passionnelle n’est pas nécessairement toxique. On peut vivre des choses extrêmement intenses sans pour autant s’infliger de la souffrance.

Carmen Kassovitz : Avec l’essor de la New Romance et d’œuvres comme Off Campus et Campus Drivers, les mentalités évoluent. Cette nouvelle approche permet enfin de remonter les standards des jeunes femmes, qui ont été tirés vers le bas pendant trop longtemps.

B.M. : Construire une relation saine relève parfois du parcours du combattant, mais il faut avoir le courage de plonger dans ce qui nous fait peur. L’acteur Oscar Isaac disait très justement : “C’est au moment où tu as peur de sauter qu’il faut le faire, sinon tu resteras à la même place toute ta vie”.

Campus Drivers.©Prime Video

La série accorde également une place prépondérante à la sororité et à l’amitié. Est-ce un moyen de rompre avec les stéréotypes des fictions adolescentes ?

B.M. : Le cinéma s’est déjà emparé avec brio de cette énergie du groupe, à l’image de films comme Les petits mouchoirs ou Nous finirons ensemble, où l’on voit des amis se soutenir, évoluer en parallèle et former un bloc protecteur.

Mais ce n’était pas toujours le cas dans les teen dramas, qui mettaient essentiellement en scène la rivalité entre les jeunes femmes…

B.M. : Les thèmes universels reviennent toujours, mais la modernité réside dans la façon dont on décide de les aborder.

C.K. : On peut parfaitement conserver le sel du drame, la tension et l’excitation d’une intrigue amoureuse sans tomber dans l’excès de l’irrespect, de l’objectification des femmes ou dans ces clichés qui les dépeignent comme hystériques ou stupides. On est en 2026, il est temps de passer à autre chose.

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