Portée par une distribution saluée, la série séduit par son souffle romanesque, mais ses rebondissements divisent la critique.
Introduction
Une famille peut-elle échapper à la vengeance qui se transmet de génération en génération ? La terre et le sang explore cette question au cœur de la Corse. Créée par Ange Basterga, Emmanuelle Michaux et Pierre-Marie Mosconi, cette série de six épisodes réunit Thierry Neuvic (Belle et Sébastien), Vahina Giocante et Tchéky Karyo. Disponible sur france.tv depuis le 9 octobre, elle est diffusée sur France 2 à partir du 19 octobre.
Policier parisien d’origine corse, Anto Natali revient sur son île pour reprendre le domaine viticole familial avec son épouse, Vanina. Mais une embuscade coûte la vie à son père et le plonge dans le coma. À son réveil, 10 ans plus tard, Vanina a refait sa vie et leur fils, Santu, veut se venger. Anto tente alors de protéger ce garçon qui a grandi sans lui, au risque de céder lui-même à la violence qu’il avait toujours refusée.
Qu’en pense la presse ?
Les premières critiques retiennent d’abord la capacité de la série à renouer avec le plaisir des grandes sagas. Télé-Loisirs salue des « ambitions et [un] lyrisme assumés » tandis que Les Chroniques de Cliffhanger évoquent « une fiction généreuse, portée par une vraie ambition populaire ».

La distribution recueille des appréciations convergentes. Les Chroniques de Cliffhanger soulignent chez Thierry Neuvic « une présence physique et une vulnérabilité » qui rendent sensibles les contradictions d’Anto, et chez Vahina Giocante l’intensité des tourments de Vanina. Même Télérama, plus réservé sur l’ensemble, reconnaît à Tchéky Karyo « tout son charisme » dans le rôle du chef mafieux Charles Luciani.
La Corse bénéficie également du soin apporté aux images. Télé-Loisirs décrit l’île comme un « contrepoint lumineux face à la noirceur de l’intrigue ». Les Chroniques de Cliffhanger apprécient la photographie et la composition des plans, tout en regrettant que les paysages ne participent pas davantage à la narration.
Une intrigue parfois trop chargée ?
C’est sur l’écriture que les avis divergent le plus. Si Les Chroniques de Cliffhanger saluent des épisodes qui s’enchaînent avec fluidité, le site relève aussi des transitions précipitées, des comportements insuffisamment motivés et des surprises prévisibles. Télérama juge les rebondissements « flirtant dangereusement avec les limites du vraisemblable ». À cette surenchère narrative s’ajoute, selon Cliffhanger, une musique trop systématique : « Quelques scènes auraient gagné à laisser davantage de place au silence ».