Visuellement éblouissante, cette deuxième saison divise davantage sur son récit choral. Peut-elle retrouver l’intensité émotionnelle du premier volet ? La presse livre son verdict.
Introduction
Night City a changé de visages, mais ses habitants cherchent toujours comment rester humains. Avec Cyberpunk: Edgerunners 2, enfin disponible le 20 octobre sur Netflix, CD Projekt Red et le studio Trigger proposent 10 épisodes indépendants, réalisés par Kai Ikarashi. Quatre ans après la première saison, ce retour délaisse le couple David-Lucy pour plusieurs destins croisés. Un renouvellement largement salué, sans faire l’unanimité sur sa force émotionnelle.
Que valent les nouveaux personnages ?
Weak, ancien mercenaire privé de ses implants, cherche un nouveau départ. D veut venger son clan massacré, Talia transforme son corps à coups de prothèses et Roman poursuit son rêve de cinéma. Leurs rencontres interrogent la vengeance, l’identité et les liens familiaux. Gameblog apprécie cette redistribution des rôles : « Ici, Kingsley, Roman, Talia et D ont un temps d’écran bien mieux équilibré, tout en permettant à d’autres personnages secondaires de briller quand c’est nécessaire. »

Cette construction constitue pourtant la principale ligne de fracture. Jeuxvideo.com salue une « dilution de la fonction sujet parfaitement maîtrisée », tandis que Ready Steady Cut estime que « l’excès est confondu avec la richesse ». Le média reproche aux intrigues de se juxtaposer sans nouer des liens assez solides, particulièrement dans une première partie jugée lente.
Pourquoi l’animation impressionne-t-elle ?
Sur les images, les avis convergent à nouveau. Trigger alterne action explosive, visions numériques et moments contemplatifs, avec des influences puisées dans l’animation japonaise des années 1980 et 1990. Jeuxvideo.com retient « cette capacité à transmettre des émotions par la seule force des images, parfois plus figuratives que fonctionnelles ». Ready Steady Cut reconnaît que le studio « continue de produire un travail exceptionnel sur Netflix et ailleurs ».

Roman donne à cette inventivité une raison d’être. Dans une ville friande de danses sensorielles, qui font revivre les expériences d’autrui, son désir de filmer oppose un regard personnel à la consommation du spectacle. « Sa caméra devient un moyen d’appréhender la réalité plutôt que de s’en échapper », analyse Mashable.
L’émotion tient-elle ses promesses ?
La tendresse convainc davantage que le dénouement. Pour Mashable, « ces relations n’effacent pas la souffrance des personnages ni ne les dédouanent de leurs choix ». Winter is Coming apprécie aussi cette humanité, mais nuance : « ce n’était pas aussi poignant que la première saison », juge le média. Gameblog regrette un final répétitif et moins percutant. Certaines pistes demeurent également inabouties : selon Winter is Coming, les motivations de Capri, mystérieuse conscience numérique, et sa relation avec D auraient mérité davantage d’attention.